Dossier : La saga Poltergeist 1/4

0
1117

La saga Poltergeist est pour la plupart des gens une saga méconnue. Il est bon de rappeler que c’est une trilogie à la base, mais quand on dit trilogie, on pense à plusieurs œuvres majeures comme Retour vers le futur, Le Seigneur des anneaux ou plus récemment les Batman de Christopher Nolan. On ne pense jamais à Poltergeist. Alors, est-ce que dans Poltergeist tout est bon (comme dans le cochon) ou vaut – il mieux s’en tenir au premier film datant de 1982? Sur cette question qui fait un peu vieux con, nous allons nous lancer dans le ventre de la bête…

tobe-hooper tournage polstergeist

Poltergeist_affichePoltergeist

Etats-Unis, 1982
Titre original : –
Réalisateur : Tobe Hooper
Scénario : Steven Spielberg, Michael Grais, Mark Victor
Acteurs : Heather O’Rourke, Craig T. Nelson, JoBeth Williams, Zelda Runbinstein
Distribution : MGM
Durée : 1h54
Genre : Horreur/Fantastique
Date de sortie : 20 octobre 1982

Note : 4/5

Synopsis : Une famille qui vient d’emménager dans un nouveau quartier en Californie, se retrouve aux prises avec des esprits malveillants. Les parents vont devoir faire appel à une voyante suite à l’enlèvement de leur fille par ces mêmes esprits.

Poltergeist Heather O'Rourke

Une œuvre culte

Le premier Poltergeist est un film culte. Son réalisateur n’est pas à son coup d’essai vu que c’est Tobe Hooper, le malade qui nous a enfermés en compagnie de Leatherface dans Massacre à la tronçonneuse. Toutefois, Poltergeist n’est pas aussi sérieux que ce dernier car une deuxième personne très connue s’est impliquée dans le scénario (ainsi que la production) et ce n’est ni plus ni moins que Steven Spielberg lui-même. Le mélange des univers inhérents à ces deux réalisateurs est ce qui va faire le sel (qui éloigne les mauvais esprits) de cette œuvre. Car, nous ne nous retrouvons pas juste face à une histoire d’horreur mais face à un prisme à travers lequel se confondent le fantastique, la comédie et l’angoisse. Dans quel but me direz-vous ? Dans celui de nous divertir bien entendu mais aussi de critiquer le rêve américain.

Ce rêve est incarné par le quartier riche dans lequel vient d’arriver la famille Freeling. C’est beau, c’est propre. Dans la maison il y a même plusieurs télévisions. Mais nous allons vite remarquer que la société de consommation dans laquelle évoluent nos protagonistes va devenir elle-même consommatrice. En effet, la télévision va « manger » Carol-Anne (la petite dernière de la famille). Le fait de montrer un kidnapping par une télévision n’est pas normal et rajoute de la méfiance par rapport à ce média encore jeune à cette époque (on n’allait pas sur Youtube ou M6 replay). Le film n’est donc pas un simple film d’horreur, il porte un message qui peut déranger.

Clown_poltergeist

La chose qui caractérise le mieux Poltergeist c’est sa générosité. Les scènes horrifiques ne manquent pas. Un arbre essaie de manger l’un des enfants (comme quoi y avait pas que la télé qui avait un petit creux), une marionnette clown prend vie (très néfaste pour les personnes atteintes de coulrophobie), un steak marche tout seul et se met à pourrir sur place. Ces scènes peuvent paraître ridicules citées à la suite mais elles rendent encore bien à l’image car comme pour Jurassic Park, les effets spéciaux sont majoritairement fait avec des animatronics, du latex, etc. Pour ce qui est des autres effets spéciaux (images de synthèse), ils passent étonnamment bien par rapport à Poltergeist 2 mais nous y reviendrons plus tard.

Parlons maintenant de quelque chose en chair et en os : les interprètes. Les parents Freeling sont, de loin, l’un des couples tirés d’un film d’épouvante les plus attachants. Je ne saurais pas dire pourquoi mais la ferveur avec laquelle ils se battent pour sauver leurs enfants, face à un monde qu’ils ne connaissent absolument pas est touchante. Le père, joué par Craig T. Wilson est l’incrédule de service, il est à la fois complétement dépassé par les événements mais ne cherche pas à comprendre : il veut retrouver sa fille, que sa famille soit en sécurité et…c’est tout. La mère, interprétée par JoBeth Williams est le versant plus émotionnel et crédule du couple. Elle semble avoir tissé de forts liens avec ses enfants et c’est d’ailleurs elle qui ira retrouver Carol-Anne dans le monde des esprits.

Poltergeist_cadavre

Oui car la petite n’est pas juste dans la télévision, elle se trouve dans une autre dimension, dimension où les esprits la retiennent dans le but qu’elle les guide vers la lumière. Sauf qu’en les guidant elle risque de ne plus faire partie de ce monde…enfin du notre et de celui des esprits (déjà que je suis mauvais en géographie, imaginez ce que ça donne en y rajoutant du paranormal). Pour aider Carol-Anne à rentrer chez elle, la famille fait appel à Tangina Barrons (rien à voir avec les plats pour le couscous), une voyante. Cette dernière et la petite Carol-Anne sont les pivots de la saga Poltergeist. Les deux interprètes sont d’ailleurs reprises pour les deux suites. Si Heather O’Rourke (Carol-Anne) joue très bien pour une enfant, Zelda Rubinstein (Tangina) est juste parfaite ! Son physique et sa voix haut perchée la rendent presque surnaturelle. On pourrait penser au départ que cette petite dame est faible mais il n’en est rien.

Après cet éloge au premier Poltergeist, il va falloir rappeler que c’est un film assez vieux qui peut ne pas convenir à beaucoup de personnes. Certains passages peuvent avoir l’air loufoque comme l’arbre qui tire jusqu’à lui le petit garçon de la famille par exemple. La générosité du film en fait aussi son point faible car c’est une sorte de train fantôme (au même titre qu’Insidious), il n’hésite donc pas à montrer les créatures. Ce qui peut empêcher quelques spectateurs d’avoir peur. N’oublions pas que de cacher un monstre est la meilleure façon de créer l’angoisse, Alien nous l’a fait comprendre.

https://youtu.be/TFB_5Hw0a0w

Dossier : la saga Poltergeist 2/4

Dossier : la saga Poltergeist 3/4

Dossier : la saga Poltergeist 4/4

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici