Critique : Je compte sur vous

1
285


Je compte sur vous affiche Fance : 2015
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : , ,
Acteurs : Vincent Elbaz, , ,
Distribution : Rezo Films
Durée : 1h38
Genre : Comédie dramatique, thriller
Date de sortie : 30 décembre 2015

1,5/5

Il y a déjà 6 ans, le comédien s’était lancé dans la réalisation de son premier film, Tête de turc. Un film réussi, qui, sur le sujet délicat de la peinture d’une banlieue difficile, échappait aux clichés qu’on aurait pu craindre. Le revoici aux manettes avec , un film dont le scénario s’inspire d’une histoire vraie, celle de l’escroc Gilbert Chikli, l’inventeur de l’arnaque téléphonique au faux président.

 

Synopsis : Un homme, un téléphone portable, plusieurs millions d’euros dérobés, une quarantaine d’établissements bernés. Drogué à l’adrénaline que ses arnaques lui procurent, Gilbert Perez manipule et trompe ses victimes avec brio en se faisant passer tour à tour pour leur président puis un agent de la DGSE. Il rêve d’offrir à sa femme Barbara une vie normale, mais insatiable et sans limite, sa folie le mènera à sa perte.

Je compte sur vous 10

montre l’escroc

Lorsque, tout gamin, vous arrivez à escroquer un huissier, c’est que, manifestement, vous avez un don. Un don boosté par une chute sans dommage depuis un troisième étage donnant à celui qui le possède l’impression d’être indestructible. Ce don, il appartient à Gilbert Perez et ce dernier va le faire fructifier en l’utilisant pour se faire remettre des sommes de plus en plus importantes à l’aide d’un simple téléphone. Ses débuts dans ce type d’arnaque, il va les faire au détriment de Céline Lerbier, la directrice d’une agence bancaire, en se faisant passer au téléphone pour le « Big Boss » de la banque. Son « numéro », Gilbert le joue à la perfection, en demandant bien sûr le secret sur le transferts de fonds qu’il demande et en valorisant sans vergogne son interlocutrice, la seule qui soit digne de confiance, bla-bla-bla. Ayant le sentiment d’être une sorte d’élue, la pauvre femme ne peut qu’obtempérer et, un peu plus tard, 358 000 Euros en provenance de la banque sont livrés à l’escroc dans les toilettes d’un café. Coup d’essai, coup de maître ! Un coup qui va faire des petits, de nombreux petits, avec une prise de risque de plus en plus grande, et l’appel au patriotisme anti-terroriste lorsque Gilbert se fait passer pour un agent de la DGSE.

Par ailleurs, Gilbert a une famille, Rose, une mère qui ne fut jamais assez présente, Maxime, un frère qui l’aide dans ses magouilles, Barbara, une épouse qui supporte de moins en moins ses mensonges, Noé, un fils qu’il adore mais qui, lui aussi, va finir par se lasser. Exilé en Israël pour échapper à la justice française, Gilbert ne peut pas s’empêcher de continuer dans l’escroquerie. Appât du gain ? Sans doute un peu. Besoin quasi vital d’adrénaline ? Certainement beaucoup.

Je compte sur vous 13

Le spectateur se lasse

A partir de l’histoire vraie de Gilbert Chikli, a voulu raconter une double vie, celle d’un escroc brillant qui, par ailleurs, a une vie familiale quasiment normale. Louable entreprise mais … la réussite n’est pas au rendez-vous et la mayonnaise ne prend que très, très rarement. Se partageant entre la description type thriller des arnaques et celle, genre comédie, de la vie familiale, n’arrive à convaincre dans aucun des deux volets. Il y a déjà le fait que le thème de l’arnaque a déjà été traité de nombreuses fois au cinéma et la comparaison avec ces films du passé n’est pas à l’avantage de . Ne serait-ce que parce que les arnaques que nous décrit sont tellement « alambiquées » que leur description prend un temps fou et cela finit par larguer et lasser le spectateur. Quant au volet de la comédie familiale, on ne peut pas dire, malheureusement, qu’il fasse dans la finesse et la légèreté.

Je compte sur vous 12

Sauvé (de justesse !) par les femmes

Dans ce qui s’apparente pas mal à un gros ratage, que dire des comédiens ? Qu’ils font ce qu’ils peuvent ? En fait, ce sont les comédiennes qui apportent le petit plus qui arrive à quand même sauver le film du naufrage absolu : , qui interprète la première victime de Gilbert, donne à son rôle la part de trouble et de confusion qu’on attend d’elle ; campe parfaitement le rôle d’une inspectrice à la fois tranchante et féminine lancée à la poursuite de l’escroc Gilbert ; est, comme toujours, convaincante dans son rôle de juge ; est parfaite dans le rôle de Rose, la mère de Gilbert, un peu irresponsable, un peu castratrice. Quant à , elle prouve une fois de plus qu’elle est une des meilleures comédiennes françaises de sa génération. Et les hommes, alors ? Eh bien, eux, ils font vraiment ce qu’ils peuvent et c’est assez peu : on a connu Vincent Elbaz (Gilbert Perez) meilleur que dans ce film et même semble quelque peu à la ramasse. En fait, la seule bonne surprise du côté des acteurs vient de l’humoriste , pas si mal que ça dans le rôle de Maxime, le frère de Gilbert.

je compte sur vous 5

Conclusion

Lorsqu’il réalise un film, a manifestement le don pour se confronter à la difficulté, mais autant il avait convaincu dans Tête de turc, sa première réalisation, autant il n’arrive pas à le faire dans : sa description des arnaques pratiquées par son héros lasse très vite le spectateur et la comédie familiale qu’il a construite à côté ne parvient jamais à vraiment décoller. Seul, le jeu des comédiennes arrive à surnager.

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici