Yelling to the sky

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Yelling To The Sky

Yelling To The SkyYelling To The Sky

USA : 2011
Titre original : Yelling To The Sky
Réalisateur : Victoria Mahoney
Scénario : Victoria Mahoney
Acteurs : Zoë Kravitz, Gabourey Sidibe, Tim Blake Nelson
Distribution :
Durée : 1H36
Genre : Drame
Date de sortie : Date de sortie

Globale : [rating:4][five-star-rating]

Il existe des gens qui, quand ils croient en leurs projets, ne font pas les choses à moitié. C’est le cas de Victoria Mahoney, qui a produit, écrit et réalisé Yelling to the sky, son tout premier film.

Synopsis : Alors que son noyau familial se disloque, l’existence déjà instable de Sweetness O’hara, une adolescente métisse de 17 ans, devient encore plus difficile le jour où elle est prise pour cible par des élèves violents de son lycée. Elle doit dorénavant trouver le meilleur moyen de se défendre et prendre sa vie en main, chez elle comme à l’école, dans un quartier où sa survie même semble incertaine.

Yelling To The Sky

Un bon accueille du public et de la critique

Plutôt bien accueillit par le public et la critique au Festival de Deauville 2011, le pari est donc déjà en partie gagné pour Mahoney. Toutefois, le film n’est pas parfait et risquera d’en décevoir certains.

En effet, le sujet d’une ado qui se cherche en touchant à l’alcool et la drogue pour échapper à son quotidien miteux et à sa famille encore plus miteuse, on connait. On se souvient justement de Thirteen qui en 2003 avait gagné le prix du Jury à Deauville entre autre. Cette fois-ci, l’ado est métisse, et la scène se passe en pleine guerre de gangs dans un ghetto. Yelling to the sky est donc beaucoup moins lisse que Thirteen, si l’on considère ce dernier comme un film gentillet…

Toutefois, on se demande parfois ce que Victoria Mahoney cherche à démontrer le plus. Cherchant à la fois à ce que le père, la mère et les 2 sœurs ensemble prennent conscience du mal qu’ils se font à tous, la réalisatrice finit par faire un peu tourner le film en rond, donnant lieu à quelques longueurs et à un rythme inégal.

La mise en scène elle aussi peut déranger, la caméra bougeant tout le temps pour donner un aspect plus « vrai » mais donnant aussi un peu le tournis lors des scènes où les protagonistes courent…

Yelling To The Sky

Un film coup de poing

Mais assez de mauvaises critiques, Yelling to the sky reste tout de même un film coup de poing qui mérite sa sélection. Tourné presque à la manière d’un documentaire, le spectateur est plongé dans la situation dès la 1ère scène et jusqu’à la dernière, sans présenter les lieux ou les personnages, choses qui paraissent superflues par rapport au message du film. En effet, on ne sait pas vraiment ce que fais le père dans la vie, ni comment il en est arrivé là, ni quelle est la maladie dont est atteinte la mère, ou même encore l’histoire de la grande soeur enceinte.

En revanche ce qu’on sait, c’est qu’ils sont coincés tous les 4 dans une maison pourrie dans un quartier qui l’est tout autant, et que le chômage, la pauvreté et l’alcool se mêlent à la violence au sein du foyer comme dans les rues. Et ce qui compte pour Mahoney selon ses dires, ce n’est pas le boulot du père en dehors par exemple, mais plutôt son boulot de père en lui-même chez lui. Ce qui compte, c’est ce qui se passe dans ce foyer, qu’ils cherchent tous à fuir et auquel ils reviennent toujours pourtant.

Ce qui compte aussi, c’est de comprendre la détresse et la solitude de Sweetness, toujours obligée de choisir entre sa mère et son père, les Blancs et les Noirs, le bien et le mal. Perdue, elle fera donc ses expériences seules pour savoir quelle voie choisir.

Au final, son personnage devient le plus adulte du film, obligeant ses parents à prendre conscience. C’est apparemment ce que Victoria Mahoney cherchait à dénoncer : l’abandon des parents. Selon elle, la génération américaine d’après-guerre a changée la donne. Lorsque les hommes sont revenus dans leurs foyers qu’ils avaient quittés si longtemps pour se battre, il y a eu un décalage. Au final, cela a donné des adultes qui ont gardés un esprit d’enfant, et qui pourtant ensembles, doivent élever leurs propres enfants… et ne font donc pas de bons parents. Un thème récurrent dans ce 37ème festival de Deauville.

Mais Mahoney réussit aussi à filmer au plus près de la réalité les violences dans les écoles, les problèmes de gangs dans les ghettos et le trafic de drogue. Elle a surtout réussit à choisir le panel d’acteurs idéal pour son premier film.

Yelling To The Sky

Des acteurs très prometteurs

Selon elle, il lui aura fallut plus d’un an pour trouver sa Sweetness et sa sœur. Elles devaient se ressembler tout en étant différentes. L’occasion pour Mahoney de revenir sur les difficultés de faire des films indépendants : on vous proposent de vous aider financièrement, uniquement si vous prenez les acteurs qu’ils vous proposent, plus connus, mais pas fait pour le rôle. Si vous voulez la bonne personne, mais non célèbre, personne ne vous aide…

Qu’importe, Victoria embauchera Zoe Kravitz (Twelve, X-Men: Le Commencement), la fille de Lenny, et Jason Clarke (Public Enemies) pour le seul rôle de blanc du film, et surtout dans le rôle d’une ordure. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Zoé est douée. Elle est juste du début à la fin, touchante et innocente malgré son attitude. En crevant l’écran comme cela, nul doute qu’elle a une belle carrière devant elle.

En attendant, c’est au film que nous souhaitons une belle carrière en salles, et peut être à Deauville…

Résumé :

Un film violent sur la violence, porté par des acteurs extrêmement doué, révélant une jeune actrice plein d’avenir et portant sur un sujet difficile à traiter sans tomber dans le pathos. Une belle réussite pour un premier film, et peut être le prix du jury à la clé.

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