The Sacrament – Festival de Gérardmer 2014

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Etats-Unis, 2013
Titre original : The Sacrament
Réalisateur : Ti West
Scénario : Ti West
Acteurs : Joe Swanberg, AJ Bowen, Kentucker Audley
Distribution : –
Durée : 1h39
Genre : Epouvante
Date de sortie : Inconnue

Note : 3/5

En quelques films, Ti West est devenu un réalisateur incontournable dans le genre horreur – indépendant. Ce dernier s’est imposé avec des films comme House of The Devil ou plus récemment The Inkeepers, des œuvres qui démontrent un talent formel aussi bien que la volonté de tourner le dos aux productions actuelles formatées et anonymes tout en assumant un héritage 80’s pleinement assumé . Avec The Sacrament, Ti West signe son retour au long métrage après s’être un peu perdu dans des films à sketchs gentils.

Synopsis : Deux journalistes suivent un de leurs amis à la recherche de sa sœur disparue. Quittant les États-Unis pour une destination tenue secrète, ils arrivent finalement à Eden Parish, une communauté religieuse où quelque deux cents âmes partagent l’idéal d’un mode de vie autonome, fondé sur le partage des biens et porté par un chef charismatique que ses fidèles appellent « Père ». Mais des zones d’ombre dans ce prétendu petit paradis vont bientôt être découvertes par les nouveaux arrivants.

The Sacrament photo du film

Un scénario habile

Allant un peu plus loin que le film basique de secte folle, le scénario est ambiguë dès le début : la visite des deux reporters dans cette secte n’étaient pas prévus et  le scénario laisse suggérer à plusieurs reprise que cette visite, vécue comme « l’arrivée d’un ver dans un fruit désormais condamné », est responsable du sort funeste de la communauté. Une manière intelligente de ne pas seulement s’attaquer à la mécanique sectaire (déjà dénoncé dans de nombreux films de genres) mais de dénoncer également les défaillances d’un système social incapable de protéger ses populations les plus fragilisées en période de crise, les laissant à la merci des personne mal intentionnées.

The Sacrament photo du film

Un réalisme effrayant

Ti West prend quelques libertés avec les codes de mise en scène du genre found footages et s’éloigne des caméra tremblantes et de l’image sale des films du même genre. Le côté « documentaire Vice Magazine tournant mal » est donc crédible en plus d’être plus agréable à regarder que les autres films du genre. Pour ne rien gâcher, AJ Bowen, acteur récurrent de tout ce nouveau cinéma horrifique indépendant américain (You’re Next, Hatchet 2,The House Of The Devil…), campe un journaliste crédible et ses questionnements rentrent en écho avec ceux du spectateur (même si certaines interrogations sont un peu simplistes). Quant au gourou, Gene Jones fait le travail sans être vraiment renversant.

On regrettera par contre quelques facilités scénaristiques; des astuces un peu trop déjà vues impliquant femme enceinte et petite fille battue pour attacher un peu superficiellement le spectateur. Des accessoires superflus quand développer un peu plus la relation frère-sœur problématique du film aurait été plus efficace.

Conclusion

En mettant en scène 24 heures d’une secte recluse au milieu d’une jungle non-identifiée, Ti West livre avec The Sacrament une petite claque dont la noirceur et la brutalité parviennent à accrocher durablement l’esprit. C’est effrayant, crédible et ça fonctionne !

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Julien

Cet article a été rédigé par Julien Mathon, fondateur et rédacteur du site Critique Film. Lire tous ses articles

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