Critique : The Grandmaster

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The grandmaster

affiche grandmasterHong Kong, Chine, France : 2013
Titre original : –
Réalisation : Wong Kar-Wai
Scénario : Wong Kar-Wai
Acteurs : Zhang Ziyi, Tony Leung, Chang Chen
Distribution : Wild Bunch Distribution
Durée : 2h02
Genre : arts martiaux, action, biopic
Date de sortie : 17 avril 2013

Note : 4/5

Le réalisateur Wong Kar Wai retrouve son acteur fétiche Tony Leung pour la 7ème fois dans ce film qui a mis près de 10 ans à se réaliser. Et il faut bien dire qu’il aurait été dommage de passer à côté d’un tel projet lorsqu’on voit le résultat hallucinant d’esthétisme qu’est The Grandmaster sur grand écran.

Chine, 1936. Ip Man, maître légendaire de Wing Chun (un des divers styles de kung-fu) et futur mentor de Bruce Lee, mène une vie prospère à Foshan où il partage son temps entre sa famille et les arts-martiaux. C’est à ce moment que le Grand maître Baosen, à la tête de l’Ordre des Arts Martiaux Chinois, cherche son successeur. Pour sa cérémonie d’adieux, il se rend à Foshan, avec sa fille Gong Er, elle-même maître du style Ba Gua et la seule à connaître la figure mortelle des 64 mains. Lors de cette cérémonie, Ip Man affronte les grand maîtres du Sud et fait alors la connaissance de Gong Er en qui il trouve son égal…

grandmaster zhang ziyi

In the mood for kung fu

Aucun doute dès la première seconde du film, « The Grandmaster » est du pur Wong Kar Wai, que ce soit  dans sa mise en scène, dans son rythme lent et onirique (et ses ralentis à outrance) ce qui ravira les fans du maître palmé. Mais pour ceux qui ne sont pas au fait de son cinéma parfois déroutant et qui s’attendent à voir « simplement » un film d’arts martiaux, aucun risque de déception non plus.

En effet le sujet principal du film est le Kung Fu. Sa philosophie, ses mouvements, son enseignement et sa trace laissée dans la Chine d’hier à aujourd’hui. Mais « The Grandmaster » est aussi une fresque sur l’amour, sujet si cher au réalisateur. Amour entre les êtres, amour pour le Kung Fu, amour pour son pays dans les trois cas, un amour si puissant qu’il peut conduire à la mort.

Le seul défaut du film serait peut-être de trop ressembler à du Wong Kar Wai justement, et de se perdre inutilement dans sa narration en incluant quelques flashbacks inutiles perturbants le récit, d’autant plus que certains personnages ne sont pas développés (notamment celui de La Lame qui déroute plus qu’il ne fascine). Résultat on imagine bien des coupes que WKW a du faire sur son film au montage. Si l’on cherche la petite bête, quelques erreurs chronologiques se glissent également de ci de là au milieu des ralentis mais l’on pardonne facilement cet écueil qui n’empêche pas de se plonger entièrement dans l’histoire avec un grand H du kung-fu et de la Chine. Les amateurs du genre reconnaitront les références, les styles, les « guests » du film. Les non-initiés découvriront un univers de paix et de discipline parfois difficile à suivre. C’est esthétique. Poétique. Philosophique. Musical. Brutal.

grandmaster bataille

Un classique instantané du cinéma d’arts-martiaux

Esthétique et musical, car jamais le mot « chorégraphie » n’aura été si bien adapté aux combats. WKW met en scène de vrais danseurs pris dans un ballet sans fin où l’équilibre, la dextérité et la réflexion sont les maîtres-mots. Les coups portés sont puissants, les pieds sont placés au millimètre près, la musique transporte le tout tandis que le spectateur retient son souffle. Si elles ne sont pas omniprésentes dans le film, ces scènes d’actions sont toutes diablement réussies et efficaces dans des lieux improbables, et réalisées par Woo Ping Yuen un maître du genre lui aussi (Matrix, Tigres et dragons, Kill Bill).

La musique pour y revenir, est un personnage à part entière du film, accompagnant chaque instant du film et chaque sentiment des personnages. Mais ici, Wong Kar Wai a poussé la référence jusqu’à utiliser un des thèmes de Sergio Leone pour « Il était une fois en Amérique », faisant de The Grandmaster une fresque intemporelle et déjà classique d’une sorte de mafia chinoise.

Mafia chinoise certes, mais maîtres des arts martiaux surtout. Le film traitant en premier lieu de la légende d’Ip Man, un célèbre pratiquant de Kung Fu qui aura notamment donné des cours à un certain Bruce Lee. Ip Man enseignait le Wing chun. Mais comme il est mentionné dans le film, son souhait était surtout, comme celui de la Chine qui voulait être unifiée, de réunir plusieurs genres de kung fu, de les mélanger et de les transmettre. The Grandmaster livre alors un aperçu de Wing Chu, de Ba Ji et de pleins d’autres styles méconnus de combats.

Et le travail colossal sur ces arts martiaux se voit à l’écran.  Un mois de tournage aura été nécessaire rien que pour la scène d’ouverture comme pour le duel entre Zhang Ziyi et Tony Leung dans un bordel qui lui aura nécessité 6 mois de travail sur les décors. WKW ne fait pas les choses à moitié et le résultat est là, rien n’est jamais laissé au hasard. Quant aux acteurs, même si leur talent n’est absolument plus à prouver, nous envoûtent une fois de plus durant leurs chorégraphies et il faut bien le dire pour conclure, Tony Leung a une classe folle…

gandmaster combat gare

Résumé

Un film pour les amoureux de la Chine, de Wong Kar Wai, des arts martiaux et de leur philosophie qui vous transportera dans un ballet de combats superbes au milieu d’acteurs excellents retraçant l’histoire des arts martiaux comme jamais cela n’a été traité avant. 2h de voyage spirituel à vous donner les larmes aux yeux.

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