Test DVD : Sur l’Adamant

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Sur l’Adamant


France : 2023
Titre original : –
Réalisation : Nicolas Philibert
Scénario : Linda De Zitter, Nicolas Philibert
Éditeur : Blaq Out
Durée : 1h49
Genre : Documentaire
Date de sortie cinéma : 19 avril 2023
Date de sortie DVD : 19 septembre 2023

L’Adamant est un Centre de Jour unique en son genre : c’est un bâtiment flottant. Édifié sur la Seine, en plein cœur de Paris, il accueille des adultes souffrant de troubles psychiques, leur offrant un cadre de soins qui les structure dans le temps et l’espace, les aide à renouer avec le monde, à retrouver un peu d’élan. L’équipe qui l’anime est de celles qui tentent de résister autant qu’elles peuvent au délabrement et à la déshumanisation de la psychiatrie. Ce film nous invite à monter à son bord pour aller à la rencontre des patients et soignants qui en inventent jour après jour le quotidien…

Le film

[4/5]

En février dernier, Sur l’Adamant a remporté l’Ours d’or à la Berlinale 2023, 73e édition du festival international du film de Berlin. Une belle consécration pour Nicolas Philibert, qui a œuvré avec talent toute sa vie dans le documentaire, privilégiant l’observation, alternant entre les entretiens et les longues prises de vue destinées à mettre en valeur les gestes « métier ». Nicolas Philibert n’est d’ailleurs pas tout à fait inconnu du grand public, puisque ses documentaires ont régulièrement fait l’objet de sorties dans les salles, avec par exemple La Ville Louvre (1990) ou Le Pays des sourds (1992). Mais jusqu’ici, son film le plus célèbre restait le très beau Être et Avoir (2002), qui suivait une année dans la vie d’une petite école de campagne. Grâce à l’engagement du professeur et au charme naïf des enfants que nous donnait à voir le film, Être et Avoir était parvenu à attirer plus de 1,6 millions de français dans les salles.

Exploité dans un circuit de salles plus restreint, Sur l’Adamant a quant à lui réuni un peu plus de 125.000 français dans les salles : un excellent score pour ce documentaire consacré à une « péniche psychiatrique » se balançant doucement sur la Seine. Ce bateau, fait de bois en mode « Arche de Noé » avec de grands volets et des ponts couverts de plantes en pot, a été spécialement construit en 2019 comme une clinique d’un nouveau genre pour les patients en accueil de jour. À l’intérieur, des ateliers et des cours d’Art-Thérapie (art, musique, danse, cuisine) sont proposés à des patients souffrant de pathologies très diverses, allant de l’autisme à la paranoïa en passant par la bipolarité.

Comme toujours, Nicolas Philibert observe, de son regard bienveillant, laissant la parole aux patients eux-mêmes ainsi qu’à leurs familles. Sur l’Adamant laisse également une large place aux activités des patients, qui vont de la peinture à la couture en passant par la fabrication de confitures ou la tenue de la comptabilité du bar à café, qu’ils gèrent par eux-mêmes. Après leurs séances, ils se montrent leurs travaux les uns aux autres et discutent longuement de ce qu’ils ont essayé de faire. Devant la caméra, quelques-uns d’entre eux se montrent particulièrement à l’aise, chantant et récitant leurs propres poèmes, et s’avèrent souvent amusants, parfois poignants, mais toujours complexes, ce qui nous oblige à voir au-delà des conventions et à découvrir les individus qui se cachent derrière les diagnostics.

La compassion, la patience et la compréhension sont les maîtres-mots de Sur l’Adamant, qui nous propose non seulement la description minutieuse d’un traitement psychiatrique administré avec beaucoup de chaleur et d’enthousiasme, mais aussi le portrait de plusieurs personnes qui, malgré leurs handicaps visibles, sont capables de produire des œuvres d’art originales et émouvantes.

Le DVD

[4/5]

C’est Blaq Out qui nous permet aujourd’hui de découvrir Sur l’Adamant dans une belle édition 2 DVD. L’image est d’une belle précision, et rend honneur à la photo lumineuse et naturelle du film. Les contrastes n’étouffent pas trop les noirs, et on ne dénote pas de souci de compression majeur : si les arrière-plans laissent par moments apparaître de légers fourmillements, l’éditeur compose parfaitement avec les qualités et les limites d’un encodage DVD. Du beau travail, que vient confirmer la présence de mixages Dolby Digital 5.1 et Dolby Digital 2.0, clairs, nets et équilibrés.

Du côté des suppléments, outre un intéressant entretien avec Nicolas Philibert (23 minutes), on trouvera également un passionnant documentaire de Jean-Louis Comolli consacré au réalisateur, et intitulé Nicolas Philibert, hasard et nécessité (2019, 1h30). Le film, qui prend la forme d’une conversation estivale entre deux confrères et amis, reviendra sur la carrière de Nicolas Philibert, et permettra au cinéaste d’aborder sa façon d’aborder le documentaire et l’éthique de son travail.

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