Test DVD : Someone You Love

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Someone You Love

someone you love dvd Danemark : 2014
Titre original : En du elsker
Réalisateur : Pernille Fischer Christensen
Scénario : Pernille Fischer Christensen, Kim Fupz Aakeson
Acteurs : Mikael Persbrandt, Trine Dyrholm, Eve Best, Birgitte Hjort Sørensen
Éditeur : Blaq Out
Durée : 1h31
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 21 janvier 2015
Date de sortie DVD : 9 juillet 2015

 

Après des années à Los Angeles, Thomas Jacob, célèbre chanteur au parcours chaotique, revient enregistrer son nouvel album au Danemark. Sa fille Julie, qu’il n’a pas vue depuis des années, en profite pour réapparaitre dans sa vie et lui présenter son petit-fils Noah. Thomas s’est détourné de sa famille et c’est bien malgré lui qu’il doit s’occuper du jeune garçon. Sa relation avec son petit-fils évolue et il est bientôt confronté à un choix qui pourrait bouleverser sa vie.

 

Someone you love 2

 

Le film

[4/5]

L’histoire de la rédemption du chanteur ex drogué, ex alcoolique, la vie réelle, la presse people et le cinéma nous l’ont déjà servie à de nombreuses reprises. Au point de renâcler face à une nouvelle mouture arrivant sous la forme d’un DVD ? S’agissant de Someone You Love, ce serait une erreur. En effet, la réalisatrice danoise Pernille Fischer Christensen a su trouver les moyens d’injecter du sang neuf au sein de ce sujet rebattu. Comment ? En restant modeste et pudique aussi bien dans le domaine du scénario que dans la mise en scène, en sachant utiliser les ellipses tout en ne négligeant pas la compréhension chez le spectateur, et, surtout, en venant greffer la naissance d’une relation entre un grand-père et son petit fils sur la relation en faillite d’un père et de sa fille. Someone You Love raconte l’histoire de Thomas Jacob, un chanteur auteur-compositeur danois établi avec succès à Los Angeles depuis de nombreuses années. Après être passé par toutes les drogues, il est « clean » depuis 6 ans. A la demande de Molly, sa productrice, il revient dans son pays natal avec Kate, sa manager, pour enregistrer un nouvel album. A la clé, la vie de château, au sens propre. Petit clin d’oeil à la mondialisation : le chanteur danois s’est exilé à Los Angeles, la gouvernante, elle, vient des Philippines. Sinon, pas de chance pour Thomas, car, très vite, débarquent Julie, sa fille dont il ne s’est jamais occupé et Noa, son petit fils de 11 ans qu’il ne connaît pas. A présent, c’est Julie qui se débat avec la drogue et la cure de désintoxication qu’elle doit suivre la contraint à refiler son fils à la seule personne de son entourage qui puisse s’en occuper : Thomas, son père. Si Noa est un grand fan de son grand-père en tant que musicien et chanteur, ce dernier n’a pas vraiment l’âme d’un grand-père tendre et affectueux. En étant très gentil, on dira qu’il est du genre bourru et qu’il ne pratique pas la langue de bois lorsqu’il s’agit de dire des choses désagréables. La grande chance de Noa, c’est d’être un guitariste en herbe et d’avoir la faculté d’apprendre rapidement les nouveaux accords que lui apprend son grand-père, un homme qui ne vit que par et pour la musique. Son autre chance, c’est d’arriver à dire tout son fait à son grand-père : finalement, entre musiciens et entre partisans de la vérité, même si elle est dure à entendre, il peut arriver qu’on se comprenne.

Someonew You Love

Ne serait-ce que parce qu’elle a une importance primordiale dans le rapprochement qui va s’opérer entre Thomas et Noa, la musique, sans être loin de là omniprésente, joue un rôle majeur dans le film. Cette musique, « elle vient du blues », Thomas citant Son House, célèbre chanteur et guitariste de blues, originaire du Mississippi, comme ayant été celui qui l’avait ouvert au chant et à la guitare. « Elle vient du blues », mais elle a un peu évolué, Thomas Jacob se situant musicalement dans la mouvance Americana, quelque part entre Mark Lanegan et Leonard Cohen : Lanegan lorsque le film nous fait assister aux sessions d’enregistrement en studio, Cohen lorsque Thomas apparait en concert, à la fin du film. Même si elles sonnent américaines, toutes les chansons ont été écrites par des compositrices et compositeurs danois, Tina Dickow, Helgi Jónsson et Marie Fisker. Pour jouer Thomas, Mikael Persbrandt, un comédien suédois qu’on avait apprécié dans l’excellent Revenge de Susan Bier. Un comédien qui, avant d’être choisi pour le rôle, n’avait jamais chanté ailleurs que sous la douche et qui, vocalement, se révèle au niveau des plus grands. Trine Dyrholm, qui joue le rôle de Molly Moe, la productrice des albums de Thomas, donne également un aperçu très favorable de ses qualités de chanteuse, mais, là, pas de réelle surprise : elle avait commencé sa carrière artistique en enregistrant un disque dès l’âge de 14 ans. A noter qu’elle jouait l’épouse de Mikael Persbrandt dans Revenge ! Dans le rôle de Julie, toutes celles et ceux qui ont apprécié la série Borgen, une femme au pouvoir ne manqueront pas de reconnaître Birgitte Hjort Sørensen, la journaliste et présentatrice Katrine dans cette série. Il en est de même pour l’actrice britannique Eve Best qui interprète le rôle de Kate, la manager de Thomas, et qui est surtout connue pour le rôle qu’elle tient dans la série Nurse Jackie. Quant au rôle de Noa, il est interprété par Sofus Rønnov, dont c’est le premier film. Certains pourront le trouver mièvre, mais il doit correspondre plus probablement à ce que recherchait Pernille Fischer Christensen : un jeune garçon capable de jouer sans ostentation le rôle d’un gamin plutôt timide, un peu désemparé par ce qu’il vit, ne demandant qu’à être aimé par ce grand-père qu’il vénérait avant de le connaître et qui lui apparait avec ses énormes failles. En 2006, Pernille Fischer Christensen avait obtenu l’Ours d’Argent du Festival de Berlin avec Soap, un film dans lequel Trine Dyrholm avait le rôle principal et dont le scénario avait été écrit, comme Someone You Love, avec Kim Fupz Aakeson. Someone You Love confirme ses qualités de scénariste et de réalisatrice.

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Le DVD

[3.5/5]

Film se partageant entre danois (beaucoup) et anglais (un peu), ce film est visible en VO sous-titrée avec le choix entre stéréo 2.0 et Dolby Digital 5.1. Comme c’est toujours le cas chez Blaq Out, les transferts de l’image et du son ne souffrent d’aucun défaut. Par contre, on reste sur sa faim concernant les traditionnels suppléments qui sont réduits ici à leur plus simple expression : la bande-annonce. C’est un peu dommage, surtout en ce qui concerne l’élaboration des chansons : même si les spécialistes du genre savent que la Scandinavie est souvent considérée comme étant la 3ème patrie du style Americana, après l’Amérique du Nord et les Iles britanniques, un petit supplément sur le sujet aurait pu être utile pour les autres spectateurs. Ils se consoleront grâce à la qualité du film !

Ce DVD est disponible chez Blaq Out.

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