Test DVD : Opération K

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Italie : 1977
Titre original : Operazione Kappa – Sparate a vista
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h30
Genre : Thriller
Date de sortie DVD : 5 janvier 2021

Expulsé d’une fête mondaine pour avoir couché avec la fille des propriétaires, le jeune paumé Paolo rencontre Giovanni, le fils rebelle d’un professeur. Sous l’effet de la drogue, les deux amis violent Anna, la fiancée de Giovanni, et tuent la voisine qui voulait intervenir. En fuite, avec la police à leurs trousses, ils décident de prendre un restaurant en otage…

Le film

[3/5]

fait partie d’une vague de polars malsains et extrêmement violents réalisés en Italie durant les « années de plomb ». Cependant, si le film de ne quitte globalement jamais réellement les rails typiques et ô combien excessifs du néo-polar italien, on sent également au cœur d’ une forte influence américaine. Le film mettant largement en scènes les interactions entre otages et preneurs d’otages pendant une bonne partie du film, on pensera évidemment à Une après-midi de chien (Sidney Lumet, 1975). Mais pas uniquement.

Car le fait est que la présentation de Paolo et Giovanni, les deux malfrats du film ( et ), nous renverra également à La dernière maison sur la gauche (Wes Craven, 1972) et à ses multiples succédanés des années 70. En effet, dès ses premières minutes, développe une fascination malsaine pour ses deux personnages de violeurs / braqueurs. S’ils sont certes présentés comme de jeunes désœuvrés ayant perdu toute valeur morale, ils sont aussi indéniablement deux beaux mecs au charme animal et magnétique, puissamment attirants et sexuels. Deux mâles alpha dominants, moulés dans leurs petits jeans et de la dernière élégance, ayant toutes les facilités à s’exprimer et à séduire les femmes et se révélant pour le moins fascinants dans leur refus obstiné de se plier à une quelconque autorité.

Ainsi, si le film de ne versera jamais réellement dans le survival ou le rape and revenge, n’en demeure cependant fort éloigné des titres les plus emblématiques du genre dans le sens où le personnage du commissaire, interprété par , fera vraiment figure de second rôle dans cette histoire. Les vrais héros du film sont Paolo et Giovanni, les deux salopards au charisme animal. Cette ambivalence et ce mélange de fascination et de répulsion pour les deux personnages est d’ailleurs une des plus grandes forces du film, qui parvient à maintenir l’intérêt du spectateur en éveil pendant une heure et demie.

En cela, se rapproche de nombreux autres poliziotteschi teintés de scandale, tels que Les chiens enragés (Mario Bava, 1974), La rançon de la peur (Umberto Lenzi, 1974) ou encore Comme des chiens enragés (Mario Imperoli, 1976). Des films mettant en scène de jeunes gens à la fois attirants et monstrueux, dont le comportement et les manières abjectes semble né des frustrations et du désespoir de la jeune génération de l’époque, écœurée par l’état de dégénérescence généralisée de l’Italie de l’époque.

La corruption de la société italienne des années 70 est d’ailleurs parfaitement représentée par le groupe d’otages du film, qui nous propose un petit théâtre de la décadence sociale, politique et économique – pas un personnage ne pourra rattraper l’autre au cœur de cette amoncellement de pourris, de ratés et de frustré(e)s en tous genres. Au final, s’avère donc un polar aussi réjouissant que malsain et hypnotique, et même si la trajectoire des deux truands ne proposera aucune surprise au spectateur, l’ensemble est suffisamment vif et bien tenu pour remporter l’adhésion.

Le DVD

[4/5]

Le DVD d’ est édité par , et bénéficie de tout le savoir-faire de l’éditeur en matière d’encodage. Le master est très correctement encodé, la définition et les couleurs s’en sortent haut la main, dans les limites évidentes d’un encodage en définition standard, et le tout rend tout de même un bel hommage à l’honnête photo du film, signée Luigi Ciccarese. Côté son, les deux pistes audio (VF / VO) en Dolby Digital 2.0 s’avèrent toutes deux rapidement bien immersives, et proposent un bon équilibre entre les dialogues et la musique. On notera en revanche que l’éditeur nous avertit en avant-programme que le doublage d’

Dans la section bonus, on trouvera tout d’abord une présentation du film par Emmanuel Le Gagne (22 minutes). Il reviendra avec bonne humeur sur , film qu’il ne considère pas comme un chef d’œuvre, mais qui s’avère selon lui parfaitement représentatif d’un certain cinéma bis « dégénéré ». Il reviendra de façon assez complète sur les carrières de , et , avec deux/trois mots également sur les filmographies de et . Il va chercher, tout comme nous, l’origine du film dans La dernière maison sur la gauche et le , ainsi que dans ses déclinaisons italiennes des années 70. Il citera également un fait divers ayant pris place en Italie en 1975, le massacre du Circeo. On terminera le tour des suppléments avec une galerie de photos ainsi qu’avec la traditionnelle bande-annonce.

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