Test DVD : Ni Dieu ni maître, une histoire de l’anarchisme – Vol. 2

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Ni Dieu ni maître, une histoire de l’anarchisme – Vol. 2


France : 2023
Titre original : –
Réalisateur : Tancrède Ramonet
Scénario : Tancrède Ramonet
Éditeur : Arte Éditions
Durée : 1h44
Genre : Documentaire
Date de sortie DVD : 4 avril 2023

Moribond au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, l’anarchisme renaît peu à peu de ses cendres et finit, au cœur des années 60, par réoccuper le devant de la scène grâce aux révoltes ludiques et libertaires menées partout par la jeunesse. Mais l’échec des mouvements pacifistes et des révoltes de 68 laisse un goût amer. Nombreux sont alors les révolutionnaires à vouloir reprendre la voie des armes. De groupes affinitaires en mouvements décentralisés et de résistances numériques en indignations généralisées, les anarchistes ne vont plus avoir d’autres choix que d’avancer masqués…

Le documentaire

[4,5/5]

On avait déjà évoqué, à l’occasion de la sortie en DVD des deux premiers épisodes du documentaire Ni dieu, ni maître, une histoire de l’anarchisme en 2017, tout le bien que nous pensions du travail de Tancrède Ramonet, et de la façon dont il était parvenu, sans angélisme ni aveuglement partisan, à replacer la naissance du mouvement anarchiste dans son contexte social et historique.

La série de Tancrède Ramonet continue donc avec deux nouveaux épisodes passionnants, qui sont ici compilés sur le DVD Ni dieu, ni maître, une histoire de l’anarchisme – Volume 2, et qui suivra l’évolution du mouvement anarchiste du lendemain de la Seconde guerre mondiale jusqu’en 2012. L’aspect sans doute le plus intéressant de cette remise en perspective historique réside bel et bien dans les évolutions des idées anarchistes, qui ne s’appuient pas sur un « dogme » mais évoluent au même rythme que la société.

Ainsi, le documentaire de Tancrède Ramonet (divisé en deux épisodes de 52 minutes) démontrera que l’anarchisme a su renaître de ses cendres durant la période d’après-guerre, en s’adaptant à différentes formes de pensée contestataire, telles que le mouvement pacifiste. Après dix ans de difficultés, le mouvement anarchiste revient sur le devant de la scène dans les années 60 – le fameux sigle du A cerclé nait d’ailleurs en 1964, sous l’impulsion des Jeunes Libertaires de Paris. Les événements de mai 68, la Guerre froide (et la menace du conflit nucléaire), la guerre du Vietnam feront évoluer le mouvement tout comme les mentalités.

Cette évolution est particulièrement remarquable dans le quatrième épisode, au cœur duquel Tancrède Ramonet mettra en évidence le manque de repères de l’individu au cœur d’une société de sur-consommation. On retrouvera notamment les idées anarchistes au cœur du courant altermondialiste (EZLN au Mexique, les Indignés en France), et plus largement dans de nombreux mouvements anticapitalistes. Passionnant !

Le DVD

[4/5]

Niveau transfert, le DVD Ni dieu, ni maître, une histoire de l’anarchisme – Volume 2 édité par Arte Editions est littéralement impeccable : fidèle à la diffusion TV, la galette nous propose un encodage sans problème, avec énormément d’images d’archives, en couleurs et en noir et blanc. Les couleurs sont globalement très agréables, même si, bien sûr, les noirs ont par moments une légère tendance à tirer au vert, limites du support – et des sources – obligent. Côté son, la version française est mixée en Dolby Digital 2.0 fidèle à la diffusion d’origine, sobre et efficace. On notera qu’un sous-titrage à destination des sourds et des malentendants est également proposé.

Dans la section suppléments, on trouvera une large sélection de scènes coupées, dédiées à « remplir des cases blanches, d’ouvrir quelques parenthèses ou s’attarder sur un événement ou une personnalité ». On s’attardera donc sur le mouvement punk (15 minutes), sur les tentatives de détournement de l’anarchisme, notamment par le biais des fameux « anarchistes de droite » (8 minutes), sur les artistes se revendiquant anarchistes ou libertaires (7 minutes), sur l’affaire Pinelli (2 minutess), sur le mouvement des « hackers » (4 minutes), sur l’objection de conscience (4 minutes) et enfin sur le concept d’écologie sociale de Murray Bookchin (14 minutes). Un ensemble très complet qui complètera parfaitement le visionnage des deux épisodes.

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