Test DVD : Messaline

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: 1960
Titre original : Messalina Venere imperatrice
Réalisation :
Scénario : , , ,
Acteurs : , , ,
Éditeur : ESC Editions
Durée : 1h31
Genre : Péplum
Date de sortie cinéma : 26 janvier 1962
Date de sortie DVD/BR : 21 août 2018

 

Synopsis : A la mort de son neveu, le dément Caligula, Claude devient le nouvel empereur de Rome. Valérie, une jeune et belle vestale, s’éprend de Lucio Massimo, un centurion naïf. Mais elle va se laisser convaincre par un conseiller sans scrupule de délaisser cet amour, pour tenter de se faire aimer de Claude. Elle y parvient et devient Messaline, impératrice cruelle et débauchée…

 

 

Le film

[3/5]

Comme le western, le péplum est un genre depuis longtemps en pleine obsolescence. Ce qui n’empêche pas que, de temps en temps, on puisse en découvrir un nouveau sur les écrans. En 2009, il y avait même un péplum dans la sélection officielle de Cannes, hors compétition toutefois : Mar Adentro du réalisateur hispano-chilien Alejandro Amenabar. Parmi les péplums, très nombreux sont ceux qui s’inspirent de faits et de personnages historiques, mais, plus encore que pour les biopics, la vérité historique n’a rien de primordial, les scénaristes n’hésitant jamais à ajouter ou à retrancher des personnages, à retoucher les événements, parfois de façon très radicale, à en modifier  la chronologie.

Les années 50 et le début des années 60, c’était l’âge d’or du péplum, surtout en Italie et Vittorio Cottafavi était un des maitres du genre. Cottafavi n’est pour rien dans l’écriture du scénario de Messaline et, pour être franc, il n’a jamais été particulièrement fier de l’avoir réalisé. Et pourtant, il s’agit là d’un film intéressant en ce qui concerne l’histoire du cinéma tout en étant plaisant à regarder. Tout d’abord, il y a le sujet du film, l’impératrice Messaline, celle-là dont le nom a fait l’objet d’une antonomase pour devenir le nom commun désignant une femme particulièrement débauchée. De ce sujet, les scénaristes et le réalisateur ont fait un film dans lequel ils indiquent dès le début qu’il s’agit de la peinture d’une époque où la vie humaine n’avait pas de valeur, une époque où régnaient la trahison et la corruption. Pour eux, Messaline, avec ses haines et ses passions, était le symbole de cette époque et c’est ce que le film s’efforce de montrer. Quant à l’autre personnage principal, le centurion Lucio Massimo, l’amant de Messaline, il permet, livré aux scénaristes, de montrer le drame intime que vit un homme partagé, dans cette période majoritairement sans valeurs morales, entre l’amour sincère qu’il voue à sa maîtresse et l’horreur que, petit à petit, lui inspire son comportement.

 

 

Pour atteindre leurs buts, les scénaristes n’ont pas hésité à mettre en scène des personnages inventés de toute pièce et à ne pas évoquer, ne serait-ce que fortuitement, des personnages importants de l’entourage de Messaline, par exemple les deux enfants qu’elle a eus, très jeune, avec l’empereur Claude : Octavie et Britannicus. Si Messaline est bien montrée comme une femme qui n’hésite pas à tuer ou à faire tuer avec une grande facilité, comme une femme avide de pouvoir et de richesse, en ce qui concerne le sexe, elle est davantage montrée comme une grande amoureuse que comme quelqu’un aimant la luxure au point de se prostituer, comme l’histoire l’a souvent dépeinte. Qui plus est, en 1960, le cinéma était encore très prude : pas question de montrer Messaline dans le plus simple appareil, impossible d’aller plus loin que de chastes étreintes pour évoquer la passion amoureuse. Quant aux quelques scènes censées représenter des orgies, on a un peu l’impression de voir la représentation d’un spectacle de fin d’année dans un lycée privé sous contrat.

Filmé en Technicolor et en Technirama, Messaline est un film visuellement très réussi, avec des décors, une lumière et des couleurs de toute beauté. Curieusement, ce film italien est présenté ici en « version originale » de langue anglaise. Peut-être parce que, Belinda Lee, l’actrice principale, celle qui interprète le rôle de Messaline, était elle-même anglaise, même si elle a fait l’essentiel de sa carrière en Italie. A noter que Belinda Lee a trouvé la mort quelques mois après le tournage du film, dans un accident de voiture. Quant à Spiros Focás, l’interprète de Lucio Massimo, le centurion amant de Messaline, lui est grec et, à 81 ans, il est toujours en activité.

 

 

Le DVD

[4/5]

Le premier point positif de ce DVD réside dans la qualité exceptionnelle de l’image qui met bien en valeur les couleurs clinquantes du Technicolor. Aucun défaut à remarquer ! Quant au son, le choix est offert entre la fausse VO sous-titrée en langue anglaise et la version en français, toutes les deux en Dolby Digital 2.0. A remarquer qu’il est spécifié que la version française souffre de quelques défauts et que, par moment, le doublage en français étant manquant. il a été remplacé par la VO sous-titrée.

Autre point positif, un entretien avec Michel Eloy, historien du cinéma, spécialiste du péplum et de l’histoire romaine au travers du cinéma. Dans cet entretien, intitulé Messaline – Le diable au corps, Michel Eloy, après nous avoir un peu parlé du réalisateur, nous dit tout sur la véritable Messaline et sur sa place, très importante, dans le cinéma et dans le monde de la BD.

 

1 COMMENTAIRE

  1. BONJOUR
    J’ai beaucoup apprécié ce film : MESSALINE avec de beaux décors et une histoire crédible ( un film comme on en fait plus contrairement aux nouveaux bourrés d’effets spéciaux qui ne relève surement pas le niveau de la qualité des scénarios et des acteurs ) .
    Ce film est en fait réservé pour les vrais cinéphiles

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