Test DVD : Chien de la casse

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Chien de la casse

France : 2023
Réalisation : Jean-Baptiste Durand
Scénario : Jean-Baptiste Durand, Emma Benestan, Nicolas Fleureau
Acteurs : Anthony Bajon, Raphaël Quenard, Galatéa Bellugi
Éditeur : Blaq Out
Durée : 1h33
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie cinéma : 19 avril 2023
Date de sortie DVD : 5 septembre 2023

Dog et Mirales sont amis d’enfance. Ils vivent dans un petit village du sud de la France et passent la majeure partie de leurs journées à traîner dans les rues. Pour tuer le temps, Mirales a pris l’habitude de taquiner Dog plus que de raison. Leur amitié va être mise à mal par l’arrivée au village d’une jeune fille, Elsa, avec qui Dog va vivre une histoire d’amour. Rongé par la jalousie, Mirales va devoir se défaire de son passé pour pouvoir grandir, et trouver sa place…

Le film

[4,5/5]

Le Pouget, petite commune de l’Hérault comptant un peu plus de 2000 habitants, a été choisie par Jean-Baptiste Durand pour devenir le cadre – et presque un personnage à part entière – de son premier long-métrage, Chien de la casse. Derrière ce titre gentiment provocateur se cache en réalité une histoire d’amitié / bromance entre deux jeunes désœuvrés, Dog et Mirales, incarnés à l’écran par Anthony Bajon et Raphaël Quenard. A eux deux, devant la caméra attentive de Jean-Baptiste Durand, ils dressent le portrait d’une certaine masculinité rurale en manque de repères, ne parvenant pas se bouger le cul pour avancer dans la vie. Loin d’être cons, ils ne parviennent cependant pas à atteindre ce qu’on pourrait appeler de façon un peu hâtive l’âge adulte : ils sont « Bloqués », à la manière de Gringe et Orelsan dans la série de Canal+, et traînent jour après jour dans les rues du Pouget, baignant leur ennui dans l’alcool, le foot ou la musique.

L’existence parfaitement huilée du duo va cependant se voir déréglée, façon Jules et Jim, par l’arrivée d’Elsa (Galatéa Bellugi), qui va créer à l’écran une espèce de triangle amoureux et bouleverser des rapports entre les deux jeunes hommes. Mirales, qui jusqu’ici entretenait vis-à-vis de Dog une position de domination mêlée d’admiration, va quelque-peu perdre ses repères et tenter, tant bien que mal, de grandir et de prendre son indépendance. Mais partir, où ? Et pour quoi faire ? A la fois naturaliste et souvent très drôle, Chien de la casse pose sur la table un certain nombre de questions sociales intéressantes et de thèmes forts (masculinité toxique, pauvreté, homosexualité, abandon…), sans forcément d’ailleurs chercher à apporter des réponses toutes faites.

L’idée est d’avantage d’observer le trio de personnages évoluant à l’écran, et d’écouter ce qu’ils se disent, ce à quoi ils aspirent. Les dialogues du film sont ainsi d’une justesse absolument remarquable, et les acteurs criants de vérité. Chien de la casse c’est aussi bien sûr la confirmation du talent d’acteur de Raphaël Quenard, absolument bluffant et magnétique dans la peau de Mirales, personnage complexe, hilarant, sensible et ô combien attachant. Au final, le premier long-métrage de Jean-Baptiste Durand s’impose comme un film à la fois sombre et lumineux, à la fois drôle et poignant. Un sacré coup de poing et la naissance d’un cinéaste à suivre.

Le DVD

[4/5]

En ne réunissant que 83.000 spectateurs dans les salles obscures, Chien de la casse n’a pas rencontré le succès qu’il aurait mérité. Le film de Jean-Baptiste Durand ne passera donc logiquement pas par la case Blu-ray pour sa sortie en vidéo, et débarque aujourd’hui uniquement en DVD sous les couleurs de Blaq Out. Heureusement, l’éditeur est rôdé au format et le DVD de Chien de la casse est en tous points excellent : le film est proposé au format Cinemascope respecté, et la définition est exemplaire, sans le moindre problème de compression ou autre pétouille technique. Côté son, le film est naturellement proposé en Dolby Digital 5.1, et bénéficie d’un mixage dynamique et très immersif, particulièrement remarquable. On notera cela dit que Blaq Out n’oublie pas les cinéphiles qui visionnent leurs films à domicile sans utiliser de Home Cinema, puisque l’éditeur nous propose également un mixage Dolby Digital 2.0 plus cohérent si vous visionnez Chien de la casse sur un « simple » téléviseur.

Du côté de la section suppléments, l’éditeur nous propose de nous plonger dans un intéressant making of du film (26 minutes), qui nous proposera de nous plonger dans l’ambiance du tournage. On continuera ensuite avec un entretien avec Jean-Baptiste Durand (24 minutes), qui permettra au cinéaste de revenir sur les origines de son film. Enfin, on aura également l’opportunité de découvrir un court-métrage de Jean-Baptiste Durand : Il venait de Roumanie (2014, 22 minutes).

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