Test DVD : Camille

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France, Centrafrique : 2019
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :   Boris Lojkine,
Interprètes : , ,
Editeur :
Durée : 1h29
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 16 octobre 2019
Date de sortie DVD : 18 février 2020

 

Jeune photojournaliste éprise d’idéal, Camille part en Centrafrique couvrir la guerre civile qui se prépare. Très vite, elle se passionne pour ce pays et sa jeunesse emportée par la tourmente. Désormais, son destin se jouera là-bas.

 

 

Le film

[4/5]

Après nous avoir brièvement briefé, par l’intermédiaire d’un texte écrit, sur la guerre civile qui a déchiré la Centrafrique de 2013 à 2015, avec les affrontements entre Seleka et Anti-Balaka, le film nous conduit au 12 mai 2014 et à la rencontre entre une patrouille de militaires français avec un groupe anti-balaka. Dans le pick-up 4×4 de ce groupe, sous une bâche, 5 corps : une femme blanche entourée de quatre hommes noirs. Cette femme blanche, c’est , une photographe française de 26 ans dont le film va nous faire suivre l’histoire du 7 septembre 2013, au Festival de photojournalisme de Perpignan, à ce tragique 12 mai 2014.

Camille est jeune et c’est une femme dans un milieu d’hommes : pas facile pour elle de se faire accepter, pas facile de trouver des journaux ou des revues acceptant d’acheter ses photos. Dans un conflit dans lequel il n’est de toute façon pas facile d’opérer en tant que journaliste ou photographe, dans lequel on peut facilement être accusé, en tant que français.e, de chercher à perpétuer une forme de colonialisme ou, pire encore, d’espionner pour le camp adverse, il est encore plus difficile d’être à la fois photographe ET femme blanche. Face à ces difficultés, Camille a sa propre personnalité, sa propre sensibilité, lesquelles sont à la fois positives et négatives : sa générosité, son empathie envers la population africaine lui permettent de nouer plus facilement des contacts mais la rendent aussi plus fragile face à l’émotion. Camille a le sentiment que son métier lui permet de rencontrer des gens mais, comme lui dit un collègue, « Tu ne rencontres pas les gens, tu es d’un côté de l’objectif, eux sont de l’autre ».  En fait, la générosité et l’empathie de Camille viennent aussi côtoyer une forme de naïveté qui l’entraine vers des comportements à risque. Il n’est en plus pas impossible qu’elle ait cherché en permanence à prouver sa légitimité de photographe de guerre à ses collègues masculins ainsi que son courage à la population africaine.

 

 

Ancien élève de « Normale Sup' », agrégé de philosophie, c’est dans le documentaire et au Vietnam que Boris Lojkine a fait son entrée dans le monde du cinéma. Il s’est ensuite tourné vers l’Afrique et, en 2015, Hope, son premier long métrage de fiction, racontait, au travers de la rencontre de la nigériane Hope et du camerounais Léonard, la vie des migrants qui traversent l’Afrique en quête d’ailleurs. Ayant entendu parler de Camille Lepage dès le lendemain de sa mort, Boris Lojkine a très vite eu envie de réaliser un film sur cette jeune photographe idéaliste, mélange particulièrement attachant de naïveté et de détermination. Un film qui serait une fiction mais dont la forme serait très proche du documentaire. Les rencontres qu’il a eues avec la famille de Camille, ses proches, ses amis, des collègues, des gens qui l’avaient vue au travail, lui ont donné le matériau nécessaire pour écrire un scénario. Avec la collaboration, à l’écriture, de Bojina Panayotova, il a ensuite tracé son propre chemin en transformant ce matériau en une quête amenant son héroïne jusqu’au moment où elle a été tuée. Dans Camille, tous les personnages secondaires sont fictifs. Toutefois, on retrouve chez eux des traits en provenance de personnages réels. C’est ainsi que Cyril reprend, en les agglomérant, les traits d’un véritable étudiant et ceux d’un chef Anti-Balaka que Camille a rencontré. Par ailleurs, Boris Lojkine, dans un souci de vérité, a tenu à tourner en Centrafrique, et s’est attaché à respecter 3 vérités : la vérité sur Camille, son caractère, ses valeurs, l’orientation de sa vie ; la vérité sur la profession de photo journaliste ; la vérité sur la Centrafrique, sur son histoire.

Dans Camille, Boris Lojkine utilise à plusieurs reprises des photos prises par Camille Lepage. Il va même plus loin : il a fait en sorte que ces photos rentrent dans la narration, il les a utilisées, en quelque sorte, pour fabriquer certaines scènes de fiction, allant jusqu’à demander à Elin Kirschfink, sa Directrice de la photographie, d’être proche, dans sa manière de filmer, de la manière de photographier de Camille, que ce soit dans la position ou dans les focales adoptées. Son objectif : que l’on passe, sans qu’on s’en aperçoive, de la photo à l’image filmée.

Parmi les points forts du film, Prix du public au dernier Festival de Locarno, il faut noter l’extraordinaire prestation de Nina Meurisse, l’interprète de Camille. Cette jeune comédienne était déjà remarquable dans des seconds rôles (Une vie, Lulu femme nue, …), elle est plus que remarquable dans ce film dans lequel elle ne quitte presque pas l’écran. A ses côtés, Fiacre Bindala, Bruno Todeschini, et sont tout à fait crédibles dans leurs rôles respectifs : pour Fiacre, Cyril, un étudiant auquel Camille s’est attaché, reporters de guerre pour les autres. Quant à la mère de Camille, un tout petit rôle, c’est qui l’interprète et cette grande actrice arrive à faire passer énormément d’émotion en quelques secondes.

 

 

Le DVD

[4.5/5]

Une fois de plus, Pyramide Vidéo a fait du beau boulot et le DVD de  Camille met très bien en valeur le travail de Elin Kirschfink, la Directrice de la photographie. Concernant les versions disponibles on retrouve du classique et de l’exceptionnel. Le classique, c’est le choix entre son en 5.1 et 2.0, la possibilité de l’audiodescription, la présence ou non d’un sous-titrage pour sourds et malentendants. L’exceptionnel, c’est de pouvoir disposer d’un sous-titrage en anglais. Intéressant si vous souhaitez le visionner avec des anglophones !

A part quelques bandes-annonce, le DVD de Camille ne propose qu’un bonus. Mais quel bonus ! Une rencontre de 27 minutes avec Nina Meurisse et Boris Lojkine, une rencontre d’une très grande richesse qui nous dévoile tous les détails sur la genèse du film. A vous de décider si vous préférez prendre connaissance de ce bonus avant ou après avoir vu le film !

 

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