Test Blu-ray : The night

0
584

Iran, États-Unis : 2020
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h45
Genre : Fantastique
Date de sortie DVD/BR : 20 mai 2021

Après avoir dîné chez des amis dans la banlieue de Los Angeles, un couple avec leur bébé décide de rentrer chez eux malgré l’heure tardive et l’excès l’alcool. Sur le chemin du retour, ils tombent en panne de GPS et se perdent. Vaincus par la fatigue, ils doivent trouver un endroit où passer la nuit, quand leur route les amène à l’Hôtel Normandie… La nuit s’annonce être sans fin…

Le film

[4/5]

Film fantastique coproduit par l’Iran et les États-Unis, mais intégralement tourné au pays de l’oncle Sam, est le premier film américain à avoir reçu la permission d’être exploité dans les salles en Iran depuis révolution islamique de 1979. Le film de marque donc à sa manière un moment historique pour le cinéma iranien. Il s’agit en effet d’un film de genre, ambitieux dans sa volonté d’aller au-delà des barrières culturelles. Presque toute l’équipe de est composée de personnes d’origine iranienne, nées aux États-Unis ou détenteurs d’une carte verte ; la majorité des dialogues échangés à l’écran sont exprimés en farsi, avec de courts épisodes en anglais. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fonctionne : l’horreur parle en effet toutes les langues…

Ce film d’horreur profondément porté sur la psychologie de ses personnages n’a en effet rien à envier à la plupart des productions Blumhouse Pictures se succédant sur nos écrans depuis quelques années. L’économie de moyens n’empêche pas les idées, et l’atmosphère développée par sur son film – dont il assure aussi le montage – est tout simplement remarquable, surtout bien sûr à partir du moment où les deux personnages au cœur de , Babak () et Neda (), passent les portes de l’Hôtel Normandie (un hôtel de Los Angeles existant par ailleurs réellement) afin de passer une nuit littéralement interminable.

Grâce à son intrigue brillamment écrite, Ahari et son coscénariste créent au fur et à mesure un sentiment d’angoisse et de malaise qui augmente au fur et à mesure que la nuit avance. La paranoïa, la confusion et la terreur que Babak et Neda sont tout à fait crédibles, et liées à un sentiment de culpabilité qui les ronge. On comprendra assez rapidement que pour réussir à sortir vivants de cet hôtel, ils devront assumer leurs actes passés et révéler leurs secrets les plus honteux. L’histoire de mêle donc habilement le surnaturel et le psychologique, et l’expérience est rendue d’autant plus riche par la « superposition » culturelle entre l’Iran et l’Occident. Ainsi, à la découverte du secret de Neda, le spectateur occidental pourrait voir une prise de position sévère à vis-à-vis d’une pratique assez répandue chez nous (même si elle tend toujours à faire débat), mais encore à ce jour illégale en Iran.

D’un point de vue formel, l’influence la plus manifeste que l’on puisse ressentir à la découverte de est sans aucun doute celle du Shining de Stanley Kubrick. Pour autant, parvient sans trop de peine à se démarquer de l’emprise du film de Kubrick, en absorbant pleinement le spectateur au cœur d’un espace / temps et d’une ambiance uniques. Pas de jump-scares, pas d’effets-choc, mais une mise en scène merveilleusement complexe. Habile, le cinéaste distille les informations au compte-goutte, laissant parfois volontairement le public dans le flou – ce n’est ainsi que lorsque vous aurez résolu une énigme que vous vous rendrez compte que certains détails curieux d’une scène antérieure tenaient une importance capitale pour la résolution des autres. Il semble dès lors impossible de parvenir à faire le tour de en un seul visionnage.

Ainsi, conserve jusque dans son dénouement une large part de mystère et quelques interrogations en suspens. La question de la véritable nature de cet Hôtel Normandie se posera notamment immanquablement au spectateur – pour quelle raison ne peuvent-ils pas en sortir sans sonder les tréfonds de leur âme ? Pourquoi ces vieux airs de musique rétro résonnent-ils constamment dans le hall ? Quel rôle attribuer au réceptionniste de nuit, ainsi qu’au vagabond les ayant interpelés à la porte ? Et surtout : comment interpréter l’insistance effrayante du réceptionniste pour partager avec Babak son expérience de la mort ?

Pour tenter de comprendre la signification du lieu, il convient en fait de prendre un peu de recul et de s’interroger sur la raison véritable pour laquelle Babak et Neda décident de s’arrêter à l’hôtel pour y passer la nuit. Il n’y aura pas réellement de [Spoiler] dans les phrases qui suivent, dans le sens où ne donne aucune réponse aux questions que pourra se poser le spectateur, mais si vous n’avez pas vu le film, passez peut-être quand même au chapitre suivant. Pourquoi se rendent-ils donc à l’Hôtel Normandie ? Il n’est pas exclu que les deux personnages – ainsi que leur bébé – soient morts dans un accident de voiture survenu à cause du taux d’alcoolémie de Babak. L’hôtel pourra donc être considéré comme une espèce de purgatoire – afin de se purifier de leurs péchés avant d’accéder au paradis, ils sont donc obligés à surmonter les traumatismes du passé et à admettre la vérité. On n’ira cependant pas plus loin pour ne pas rentrer dans le détail des dernières séquences du film.

Le Blu-ray

[4/5]

On est heureux de voir débarquer au format Blu-ray en France. Le film de méritait pleinement d’être mis à l’honneur par un encodage en Haute-Définition, et on salue chaleureusement de nous donner cette chance de découvrir le film. C’est une chance de pouvoir toujours compter sur des éditeurs prêts à se lancer dans l’aventure du DTV en France, quel que soit le format, ce qui est loin d’être évident économiquement parlant, étant donné le nombre ahurissant de téléchargements illégaux tournant malheureusement autour des films de genre.

Côté technique, l’image du Blu-ray de édité par est donc d’une précision étonnante, et fait honneur à la belle photo du film, pourtant le plus souvent plongée dans l’obscurité. Les couleurs sont éclatantes sur les scènes diurnes, surtout concentrées sur la première bobine, les contrastes laissent s’affirmer des noirs profonds et denses, et on ne dénote pas de souci de compression : si les arrière-plans laissent par moments apparaître de légers fourmillements, si la galette n’est malheureusement proposée qu’en 1080i, l’éditeur compose parfaitement avec le matériau dont il dispose et nous offre un travail d’encodage remarquable, dont l’impact est encore renforcé par la présence de deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 (VF/VO), immersifs et très efficaces lors des séquences les plus terrifiantes.

Dans la section suppléments, on trouvera, outre les habituelles bandes-annonces des films à venir chez l’éditeur, deux petites featurettes composées d’impressions plus ou moins longues du public lors de la présentation de au Cinequest Film Festival. La première prend la forme d’un micro-trottoir à la sortie de la projection (1 minute), tandis que la seconde laisse un peu d’avantage la parole aux cinéphiles, qui reviendront sur leur expérience du film (3 minutes, sans sous-titres).

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici