Test Blu-ray : The Commitments

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Irlande, Royaume-Uni, États-Unis : 1991
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h58
Genre : Comédie, Musical
Date de sortie cinéma : 28 août 1991
Date de sortie DVD/BR : 12 février 2021

Jimmy Rabbitte est un visionnaire. Il caresse le rêve d’importer la soul music à Dublin, en Irlande. Lorsque ses amis Derek et Outspan lui proposent d’être le manager de leur groupe, Jimmy accepte mais à ses propres conditions. Dans un journal local, Jimmy édite une annonce qui dit : « Etes-vous Soul ? Si oui, le groupe le plus bosseur du monde vous attend ». Ainsi commence la légende des Commitments…

Le film

[4,5/5]

Feel good movie musical absolument imparable, The Commitments fêtera cette année ses trente ans d’existence. Le film est adapté d’un roman de l’écrivain irlandais Roddy Doyle, appartenant à sa « Trilogie de Barrytown ». Les trois romans deviendront trois films centrés autour de la famille Rabitte : après The Commitments, Stephen Frears prendra le relais d’Alan Parker en réalisant The snapper (1993) puis The van (1996).

Incontournables dans les années 90 (au même titre que le cinéma de Hal Hartley ou d’Atom Egoyan), ces trois films sont malheureusement un peu retombés dans l’oubli au tournant des années 2000 : The Commitments et The van avaient eu droit à de discrètes sorties DVD en 2001, tandis qu’il faudrait seulement attendre 2015 pour redécouvrir The snapper au format numérique. Heureusement, aujourd’hui, Metropolitan Vidéo prend le parti de réparer cette honteuse oblitération mémorielle avec une superbe remise en avant, et en Blu-ray sioûplé, du film d’Alan Parker – le meilleur de la série sans le moindre doute.

The Commitments s’inscrit dans la tradition d’un certain cinéma social à l’Anglaise, populaire et politiquement très marqué à gauche. Bien sûr, le soin apporté aux dialogues, la mise en scène des séquences musicales ou encore la construction générale des gags ou de l’intrigue font que l’on n’est pas tout à fait chez Ken Loach. On est loin d’un cinéma « coup de poing » destiné à remuer le spectateur et à lui faire prendre conscience des inégalités sociales exacerbées par l’ère Thatcher. La caméra d’Alan Parker observe, avec humanité et bienveillance, mais le constat n’en est pas moins présent, installant le film d’Alan Parker dans une réalité tangible, représentée en « arrière-plan » avec autant de naturalisme que possible.

Bien sûr, beaucoup de choses ont changé en Irlande depuis The Commitments, mais la vitalité des performances musicales du film en revanche ne se sont aucunement altérées avec le temps. Le désir brûlant du groupe mis en scène par Alan Parker dégage une fièvre et une urgence presque palpable, d’autant que ces jeunes et moins jeunes issus de la classe ouvrière doivent faire face au chômage de longue durée et à des perspectives d’avenir peu reluisantes. Mais la cohabitation entre les membres du groupe est difficile : les histoires de cul, les tensions personnelles et professionnelles ou encore l’égo surdimensionné du chanteur Deco Cuff (impressionnant Andrew Strong, d’autant plus qu’il était seulement âgé de 17 ans au moment du tournage) mettent à mal la cohésion de groupe…

The Commitments retrace l’ascension et la chute du groupe, depuis ses premières répétitions maladroites dans le grenier d’une salle de billard jusqu’au succès public final. Les impressionnantes scènes de répétitions et de concerts, dominées par la voix d’Andrew Strong et par l’homogénéité du groupe et des choristes, sont intercalées avec des vignettes de la vie quotidienne dans les quartiers populaires de Dublin, où la chaleur et la couleur des personnalités contrastent avec le gris des murs et de l’environnement en général.

Et surtout… C’est drôle ! Une grande partie de l’humour des Commitments provient des interactions entre les membres du groupe, les caractères sont bien croqués, et l’ensemble fait souvent, voire même très souvent mouche. Bref, The Commitments, c’est du bonheur en barres, même si le film ne faisait pas forcément l’unanimité dans la presse à sa sortie dans les salles il y a trente ans. On se souvient notamment des propos acerbes de Bernard Achour dans USA Magazine, qui soulignait que, malgré le soin apporté aux dialogues et à l’interprétation du film, on ne pouvait s’empêcher de penser que le film d’Alan Parker était roublardement conçu, dans le but de faire danser dans les salles communales et émouvoir dans les chaumières, de façon finalement non seulement assez consensuelle, mais surtout de façon très artificielle et opportuniste.

Le spectateur aura donc un choix idéologique à faire à la vision des Commitments : soit il intègre une série de codes détournés afin d’ingérer doucement une fausse comédie sociale tout à fait inoffensive mais enthousiasmante et finalement tout à fait enlevée (sans compter que les numéros musicaux font connement taper du pied), soit il s’agace du spectacle supposément populiste et faussement engagé qu’on lui jette au visage de façon – tout aussi hypothétiquement – méprisante. Choisis ton camp, camarade !

Le Blu-ray

[4/5]

C’est donc Metropolitan Vidéo qui vient d’avoir l’excellente idée de sortir The Commitments en Blu-ray, afin de fêter comme il se doit les trente ans du film. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat comble toutes nos attentes, surtout en comparaison avec le DVD édité par MGM en 2001 : le master est globalement assez propre, et nous propose une belle stabilité. De plus, on ne pourra que se féliciter du fait que la patine argentique et la granulation d’origine du film aient été préservées. Le tout s’avère de plus naturellement encodé en 1080p. En deux mots, l’image est très belle et satisfaisante, le piqué d’une belle précision, et les couleurs sont fidèles à la photo du film signée Gale Tattersall – c’est du très beau travail. Côté son, VO et VF d’époque nous sont offertes dans des mixages DTS-HD Master Audio 5.1. Si le film n’invite pas à la démonstration ostentatoire en termes de spectacle sonore, les scènes musicales bénéficient en revanche d’une solide spatialisation. Durant les scènes de dialogues, les voix sont claires et intelligibles et respectent parfaitement le rendu acoustique d’origine.

Rayon bonus, on trouvera un intéressant making of d’époque (22 minutes). Probablement produit pour la télévision, ce retour sur l’envers du décor du film comprend d’intéressants entretiens avec Alan Parker et de l’équipe, entrecoupés d’images volées sur le plateau de tournage.

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