Test Blu-ray : The addiction

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États-Unis : 1995
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur : Carlotta Films
Durée : 1h22
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 10 avril 1996
Date de sortie DVD/BR : 24 mars 2021

Brillante étudiante en philosophie à l’Université de New York, prépare activement sa thèse de doctorat. Un soir, elle croise sur son chemin une étrange et séduisante femme qui la conduit de force dans une impasse avant de la mordre au cou. Bientôt, Kathleen va développer un appétit féroce pour le sang humain qu’elle assouvira en attaquant ses proches ou des inconnus…

Le film

[3,5/5]

Au début des années 90, est au sommet de son Art. Après avoir réalisé l’époustouflant King of New York en 1990, il enchaînerait en effet avec Bad Lieutenant en 1992, puis avec l’extraordinaire Body Snatchers en 1993, film de commande qui lui permit néanmoins de prouver aux spectateurs qu’il pouvait aussi s’avérer un formaliste de talent, collaborant de près avec son directeur photo Bojan Bazelli afin de nous livrer des plans littéralement somptueux, inoubliables même presque trente ans après la sortie du film dans les salles.

en 1995 semble continuer dans la même voie, dans le sens où si le scénario du film était bien signé de la main de son complice de toujours , le film s’imposera avant toute chose comme une puissante claque formelle, proposant au spectateur de sublimes plans dans un noir et blanc magnifié par la photo de Ken Kelsch.

Jamais tout à fait là où on l’attend, a pris, avec , le contre-pied absolu du film fantastique de bourrin que certains attendaient de lui. Au film, s’imposera au contraire comme un film de vampires à vocation philosophique, tendance Nietzschéenne. Profondément intellectuel, son film s’avère au final comme un film beaucoup plus proche d’une certaine tradition du cinéma d’Art et d’Essai.

Ainsi, développe au fil de son récit une réflexion intéressante sur la notion de « surhomme » (Übermensch) chère à Friedrich Nietzsche. Dans le film de Ferrara, le vampire incarné par devient l’incarnation de la volonté de puissance humaine la plus haute, surmontant le nihilisme et donnant finalement un sens à l’histoire de l’humanité, chaotique et sans but apparent.

Ferrara et son scénariste jouent donc de la carte de la réflexion, ce qui d’ailleurs s’accorde plutôt bien avec le style de Ferrara, assez porté sur la religion, voire même sur le mysticisme. L’idée est donc que le vampire représente le « mal » à l’état pur, et traitera donc, à sa manière, de l’attrait que peut avoir le « mal » sur l’être humain. La figure du vampire peut revêtir toutes sortes de formes de ce mal, la plus évidente étant bien entendu la drogue, le film mettant régulièrement en scène des personnes en train de se shooter.

L’idée selon laquelle la victime du vampire n’a qu’à dire « non » pour empêcher ce dernier de la mordre est par ailleurs assez belle, renforçant l’idée selon laquelle le groupe d’immortels est uniquement composé de victimes consentantes, ayant basculé vers le mal parce qu’elles cherchaient des réponses à leurs interrogations existentielles. Intéressant.

Le Blu-ray

[4/5]

D’une façon assez curieuse, et de la même façon que Body Snatchers (1993) du même , était, à ce jour, complètement inédit en DVD et Blu-ray en France. Mais l’édition Blu-ray que nous propose aujourd’hui Carlotta Films tend à nous faire penser que ça valait le coup d’attendre… s’offre donc aujourd’hui un master restauré 4K extrêmement respectueux du grain argentique d’origine. Le Blu-ray est encodé en 1080p et propose un piqué d’une belle précision ainsi que des contrastes remarquables, mettant clairement en valeur la superbe photo de Ken Kelsch. En deux mots, tout est parfait, c’est un travail tout simplement magnifique, et une véritable redécouverte pour les amoureux du film, qui désespéraient de le voir un jour débarquer sur support Blu-ray en France. Niveau son, l’éditeur se révèle également fidèle à ses habitudes, en nous offrant deux mixages en version originale : un DTS-HD Master Audio 2.0 clair et sans problème, qui viendra accompagné d’un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 globalement très respectueux du rendu acoustique original, propre et ne souffrant pas du moindre souffle parasite.

Du côté des suppléments, l’éditeur nous a réservé quelques jolies surprises. On commencera donc avec un making of rétrospectif signé lui-même (« Entretien avec les vampires », 31 minutes). Détendu, amusant et sans langue de bois, ce sujet nous propose une poignée d’entretiens avec les acteurs et , ainsi qu’avec le compositeur – et collaborateur de longue date de Ferrara – Joe Delia et le directeur photo Ken Kelsch. On continuera ensuite avec un entretien avec (16 minutes), qui reviendra sur les origines du projet .

L’éditeur nous propose ensuite une analyse du film par Brad Stevens (9 minutes). Ce dernier reviendra brièvement sur les différentes thématiques abordées par le film, en élargissant aux personnalités mêmes de Ferrara et du scénariste . Enfin, on terminera par une poignée d’images d’archive nous donnant à voir travailler sur le montage du film (9 minutes) ainsi qu’avec la traditionnelle bande-annonce.

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