Test Blu-ray : Raya et le dernier dragon

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Raya et le dernier dragon

États-Unis : 2020
Titre original : Raya and the Last Dragon
Réalisateur : Don Hall, Carlos López Estrada, Paul Briggs
Scénario : Qui Nguyen, Adele Lim
Acteurs (VO) : Kelly Marie Tran, Awkwafina, Gemma Chan
Éditeur : Walt Disney France
Durée : 1h47
Genre : Animation
Date de sortie DVD/BR : 27 août 2021

Il y a de cela fort longtemps, au royaume imaginaire de Kumandra, humains et dragons vivaient en harmonie. Mais un jour, une force maléfique s’abattit sur le royaume et les dragons se sacrifièrent pour sauver l’humanité. Lorsque cette force réapparait cinq siècles plus tard, Raya, une guerrière solitaire, se met en quête du légendaire dernier dragon pour restaurer l’harmonie sur la terre de Kumandra, au sein d’un peuple désormais divisé. Commence pour elle un long voyage au cours duquel elle découvrira qu’il lui faudra bien plus qu’un dragon pour sauver le monde, et que la confiance et l’entraide seront essentiels pour conduire au succès cette périlleuse mission…

Le film

[4/5]

Disney a décidément plus d’un tour dans son sac. Si la crise sanitaire mondiale a forcé le géant du divertissement à distribuer Raya et le dernier dragon par le biais de sa plate-forme de SVOD Disney+ plutôt que de le sortir de façon traditionnelle dans les salles obscures, le dernier long-métrage animé de la maison Disney n’en demeure pas moins une œuvre singulière.

Premier constat, le plus évident : Raya et le dernier dragon est une véritable merveille technique. Une histoire d’amitié prenant la forme d’une épopée pleine d’action, et bénéficiant d’une direction visuelle étourdissante et d’un sens du cadre éblouissant, le tout étant porté par des personnages dynamiques qui apportent au film une « âme » qui lui assurera sans doute une belle pérennité auprès des jeunes et des moins jeunes. Comme à chacune de ses nouvelles productions ou presque, le studio aux grandes oreilles repousse les limites de la splendeur visuelle mais, surtout, parvient toujours à nous surprendre, notamment ici en mélangeant les genres à tous les niveaux de la production.

En effet, Raya et le dernier dragon est co-réalisé par deux spécialistes de l’animation, Paul Briggs et Don Hall (Les Nouveaux Héros), mais ceux-ci se voient également collaborer avec Carlos López Estrada, réalisateur s’étant fait remarquer il y a deux ans avec le superbe film indépendant Blindspotting. Découvert à Sundance en 2018, Blindspotting avait permis de révéler un cinéaste fortement influencé par Spike Lee, livrant un cinéma à mi-chemin entre les expérimentations formelles urbaines et la chronique sociale la plus affutée.

L’influence de Carlos López Estrada sur la forme et la narration de Raya et le dernier dragon n’est d’ailleurs probablement pas négligeable, dans le sens où derrière la couche la plus superficielle du récit – le joli conte et l’évasion pleine de couleurs – on pourra également percevoir, en filigrane, une réflexion sur le déterminisme prenant place au cœur d’un monde où la peur règne et où tout espoir de lendemains qui chantent semblent désespérément futiles.

Kumandra, cette terre prospère où humains et dragons vivaient autrefois en harmonie, n’est-elle ainsi pas le reflet d’un pays en plein déchirement ? Raya et le dernier dragon met en effet en scène une terre où la paix entre les espèces régnait en pleine symbiose, et où les communautés étaient florissantes avant d’être ravagés par un fléau. Le Druun, cette bête sans visage, n’est-il pas le symbole d’un racisme exacerbé par les réseaux sociaux ?

Rassurez-vous cependant, malgré l’existence de ces pistes de réflexion quant à l’interprétation de l’histoire, Raya et le dernier dragon n’en demeure pas moins le grand spectacle typique made in Disney : celui qui proposera à toute la famille le traditionnel éblouissement des mirettes, porté par des thématiques fortes et un enchaînement quasi-ininterrompu d’aventures et d’humour. Pour ne rien gâcher, les scènes d’action sont peaufinées à la perfection, et le monde au cœur duquel nous emmènent Don Hall et Carlos López Estrada est tout simplement somptueux.

Le Blu-ray

[4,5/5]

C’est bien sûr Walt Disney France qui édite aujourd’hui le Blu-ray de Raya et le dernier dragon, et comme à son habitude, l’éditeur nous livre une galette techniquement impeccable. Le master est d’une superbe précision, affichant un piqué d’une précision absolue et une profondeur de champ redoutable. Les couleurs montrent une belle pêche, les noirs sont solides et profonds, c’est un sans-faute absolu, superbe, renversant. Côté son, Disney fait également très fort puisque le film bénéficie d’une piste DTS-HD Master Audio 7.1 en version originale, qui s’avère d’un dynamisme échevelé, surtout sur les scènes de destruction mettant en scènes le fameux « Druun » évoqué un peu plus haut.

Naturellement, et quand les éléments commencent à se déchaîner, tous les canaux y vont de leur puissance et le caisson de basses sollicité à intervalles très réguliers. Le film étant déjà visuellement très impressionnant, ce mixage ajoute encore à l’ambiance et participe pleinement à l’immersion du spectateur au cœur du film. La VF n’est pas en reste, puisque le film bénéficie d’un solide mixage Dolby Digital+ 7.1 – on notera par ailleurs que le doublage français, très soigné, est assuré entre autres par Emilie Rault, Géraldine Nakache, Frédéric Chau ou encore Anggun.

Du côté des suppléments, Walt Disney France conserve ses excellentes habitudes éditoriales et nous propose un ensemble de sujets plus ou moins longs destinés à toute la famille. On commencera avec le court-métrage Nous, toujours (7 minutes), qui devait à l’origine être présenté avant Raya et le dernier dragon dans les salles. Le court-métrage est présenté avec une introduction optionnelle de son réalisateur Zach Parrish (1 minute). Pour la suite, l’éditeur nous propose un making of qui prendra la forme de plusieurs featurettes le plus souvent intéressante.

On commencera avec un repas virtuel en visioconférence (22 minutes) qui permettra à de nombreux intervenants d’évoquer des détails de la production, largement « confinée » comme nous le montre le sujet intitulé « Travail à la maison » (15 minutes). On continuera ensuite avec de classiques featurettes consacrées aux arts martiaux présents dans le film (6 minutes), aux décors typiques de l’Asie du Sud-Est ayant servi pour imaginer Kumandra (9 minutes) ou encore au travail sur les Story-boards (5 minutes). On passera ensuite rapidement sur le traditionnel sujet dédié aux Easter-Eggs (4 minutes), le bêtisier pas drôle du tout (2 minutes) pour terminer avec une large série de scènes coupées (19 minutes), présentées à différents stades de leur évolution.

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