Test Blu-ray : Massacres dans le train fantôme

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États-Unis : 1981
Titre original :
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h35
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 24 juin 1981
Date de sortie DVD/BR : 23 novembre 2016

 

 

Deux jeunes couples d’amis décident de passer une soirée à la fête foraine qui vient juste de s’installer dans la région. Après avoir fait le tour de quelques attractions, ils se lancent le défi de passer la nuit dans le train fantôme. Une fois à l’intérieur, ils assistent à un meurtre brutal commis par un homme portant un masque du monstre de Frankenstein. Devenus des proies et piégés dans l’attraction, ils vont bientôt découvrir l’abomination qui se cache sous le masque du tueur…

 

 

Le film

[3,5/5]

En 1981, , encore auréolé du succès des deux bandes horrifiques bien craspec que sont Massacre à la tronçonneuse et Le crocodile de la mort, abandonne avec perte et fracas le tournage de Venin pour se consacrer à son nouveau bébé, qui débarquera quelques mois plus tard sous le titre de (). Le film est conçu comme un hommage aux grands « mythes » du cinéma d’horreur, que pervertit largement en y allant de sa vision toute personnelle de la famille et de l’Amérique rurale.

Le film impose donc une longue série de clins d’yeux aux grandes figures de l’horreur cinématographique (Frankenstein, Halloween, Psychose et bien-sûr Freaks), mais subvertit rapidement et largement ces images de « monstres » du passé en plongeant son récit dans un réalisme rural cru et très malsain, en mettant par exemple régulièrement ses personnages dans une position de voyeurisme (la tente de strip-tease, le meurtre de la voyante, la surveillance exercée par le petit frère…). Malin, met également à mal la position du spectateur de film d’horreur, en le mettant en situation de voyeur malgré lui : ainsi pousse le vice jusqu’à jouer avec les attentes du public, et le mettre face à une réalité bien plus dérangeante. Aux amateurs de slashers attendant des filles dénudées à gogo, il impose le corps d’une pré-adolescente, à destination d’un public venu retrouver les rednecks psychopathes et dégénérés de ses deux premiers films, il filme dans un premier temps la réalité tout sauf plaisante d’animaux déformés…

Bien sûr, finira, dans sa dernière partie, par verser dans le slasher attendu, et par démontrer du savoir-faire de en la matière. Reste que cette escapade sanglante à la foire est un film étrange, au cœur duquel on rentrera ou pas ; l’ensemble est très attachant, assez unique, mais ne fonctionne à plein régime que durant de courts passages, et paradoxalement, peut-être surtout dans les scènes les plus ouvertement humoristiques. Mais dans l’absolu, est quand même bien torché et ne s’avère jamais chiant – le film demeure d’ailleurs une sacrée curiosité, surtout au regard de la filmographie de , qui enchaînerait l’année suivante avec Poltergeist aux côtés de Steven Spielberg, abordant de fait une toute autre vision de la famille et de l’American Way of Life.

En l’état, est de toute façon un film à voir : unique et n’appartenant vraiment qu’à , le film s’avère un délire hors du temps, déviant et bien barré, donnant l’impression de dessiner, avec plus de vingt ans d’avance, un brouillon pour son Mortuary (2005).

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

C’est à que l’on doit la redécouverte du film de qui débarque aujourd’hui dans un combo Blu-ray / DVD. Comme à son habitude, l’éditeur nous propose ici un master tout à fait satisfaisant ; si quelques points blancs subsistent, l’image est assez superbe et propose un piqué assez remarquable pour un film de cette époque, tout en préservant le grain d’origine. Les couleurs sont naturelles (quoique les contrastes semblent avoir été bien boostés), l’image est stable et le tout est proposé en 1080p : du beau travail, rendant un bel hommage au travail d’Andrew Laszlo (Les guerriers de la nuit) sur la photo du film. Côté son, l’éditeur nous propose à la fois la VF (version cinéma) et la VO (version director’s cut) en DTS-HD Master Audio mono 2.0, toutes deux claires et débarrassées de tout souffle parasite. A noter que la VF d’époque est assez marrante dans son genre, avec son doublage too much et ses expressions désuètes.

Du coté des suppléments, nous propose, outre le livret de 20 pages « : Faux slasher, vrai film de monstre » rédigé par Lionel Grenier, une série de scènes coupées inédites (cinq minutes environ), produites pour la télévision afin de compenser les coupes effectuées dans les passages sexuels ou sanglants. On continue avec une analyse du film par Stéphane Du Mesnildot des Cahiers du Cinéma. Ce dernier répète, au long des 17 minutes durant lesquelles il s’exprime, à de très nombreuses reprises le terme « pervers », afin sans doute de bien faire passer son idée dans la tête du spectateur distrait. On terminera avec la bande-annonce d’époque, quelques bandes-annonces de films disponibles ou à venir chez et une galerie photos.

 

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