Test Blu-ray : Made in Hong Kong

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Hong Kong : 1997
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h49
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 6 octobre 1999
Date de sortie DVD/BR : 27 janvier 2021

Hong Kong, été 1997. Mi-Août est un jeune marginal ayant abandonné le collège il y a quelques années pour vivre de menus larcins. Il est à présent collecteur de dettes pour un certain M. Wing, proche des triades locales. Le quotidien de Mi-Août va se trouver bouleversé par deux événements : la découverte par Jacky, petit voyou handicapé mental qu’il a pris sous son aile, de deux lettres d’adieux laissées par une jeune suicidée, et sa rencontre avec la jolie Ah Ping dont il tombe rapidement amoureux. Or cette dernière est atteinte d’une maladie incurable…

Le film

[4/5]

Même si son film prend par moments des allures de gros délire expérimental, l’objectif de avec semble clair : il désirait saisir au vol le sentiment de « chaos » indescriptible dans lequel était plongé la ville au lendemain de la rétrocession de Hong Kong à la République populaire de Chine. Le film nous propose de suivre un jeune homme appelé « Mi-août », qui survit tant bien que mal et tente de joindre les deux bouts en tant que collecteur de dettes à temps partiel dans les bas-fonds de Hong Kong. Il vit dans un trou à rats avec sa mère surchargée de travail.

Son quotidien va être bouleversé par sa rencontre avec Jacky, petit voyou handicapé mental, et surtout avec Ah Ping, dont il tombe amoureux mais dont les jours sont comptés parce qu’elle a désespérément besoin d’un nouveau rein… Ayant pour la première fois envie de faire quelque chose de bien de sa vie, il accepte un contrat qui lui permettrait de sauver la vie de Ah Ping et de partir en emmenant Jacky avec lui. Mais au moment décisif, il est pris de peur et de remords, et échoue dans sa mission…

Si bien sûr base son récit sur les relations entre Mi-août et Ah Ping et Jacky, le film de évoque en réalité plus largement toute une génération de jeunes hongkongais ayant été condamnés à échouer dans leur poursuite du bonheur. La réalité de la vie à Hong Kong est en effet décrite comme se résumant à un cycle d’activités déprimantes et souvent extrêmement dangereuses. Si la population semble pouvoir librement entrer et sortir des cloaques dans lesquels elle vit, elle ne peut néanmoins pas échapper à cette réalité tragique – c’est probablement la raison pour laquelle commence par un suicide, montrant une jeune fille sautant d’un immeuble. La mort semble en effet l’issue la plus rapide pour échapper à l’enfer de cette ville…

Mi-août semble déterminé à battre le système et à passer de l’autre côté, ce centre-ville où les gens « normaux » jouissent d’une vie qui vaut la peine d’être vécue. Avec ses amis, qu’il s’est juré de protéger, ils observent depuis un cimetière cette éventualité de quitter leur cadre de vie sordide pour rejoindre les lumières de la ville. Tout tourne autour de ce mal-être, de ces jeunes gens en quête d’identité au cœur d’une ville ayant également du mal, au lendemain de la rétrocession, à s’affirmer une identité forte.

Le Blu-ray

[4/5]

Éditeur incontournable sur le front de la vidéo en France, a de nouveau frappé très fort dans le cœur des amateurs de cinéma asiatique, avec la sortie simultanée de Judo (Johnnie To, 2004) et de (, 1997), qui revient sur le devant de la scène après une reprise dans les salles en mai 2018.

Format 1.85 respecté, master impeccable à la patine un peu old school : Carlotta a indéniablement soigné son transfert Blu-ray de . L’image, restaurée en 4K en 2017, est assez superbe : stable, définie, précise et bien lumineuse. Piqué, contrastes et couleurs sont littéralement au taquet, c’est du grand Art, même si bien sûr le film atteint par moments ses limites, liées aux parti-pris esthétiques du film en eux-mêmes. Côté son, le film est proposé en VO et DTS-HD Master Audio 1.0, et le mixage s’avère tout à fait fidèle à la prise de son un peu « roots » de sur le film – pas spectaculaire donc, mais fidèle aux volontés du cinéaste.

Dans la section suppléments, l’éditeur nous propose de nous plonger dans une passionnante série d’entretiens réalisés en 2017 en Italie, à l’occasion du Far East Film Festival. On commencera donc par un entretien avec (47 minutes). Il reviendra, évidemment, sur sa volonté de saisir l’atmosphère d’instabilité et d’incertitudes tournant autour de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, en revenant sur la façon à 100% indépendante dont il a produit le film. Il évoquera également l’accueil reçu par le film, en Asie et à l’international, ainsi que sa pérennité. On continuera ensuite avec un entretien avec Doris Yang, productrice (7 minutes) ainsi qu’avec un entretien avec Daniel Yu, producteur exécutif (13 minutes). Tous deux se remémoreront le montage financier du film, pour le moins complexe et original, ainsi que le tournage, où tout le monde était sollicité afin de mettre la main à la pâte. Enfin, on aura également droit à un entretien avec Marco Müller (4 minutes), qui fut le directeur de plusieurs festivals de cinéma et contribua au rayonnement du film de en Europe. On terminera enfin avec la bande-annonce de la reprise du film en 2018.

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