Test Blu-ray : Mad dog and Glory

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États-Unis : 1993
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h37
Genre : Comédie romantique
Date de sortie cinéma : 2 juin 1993
Date de sortie DVD/BR : 25 février 2020

 

 

Wayne, surnommé ironiquement Mad Dog par ses collègues, sauve la vie d’un truand. Celui-ci, pour le remercier, lui envoie en cadeau une serveuse nommée Glory, mais lorsqu’au bout d’une semaine il veut la récupérer, Mad Dog en est tombé amoureux…

Le film

[4/5]

Si Bill Murray est aujourd’hui surtout connu pour son air de chien battu et son humour à froid qui ont fait les beaux jours du cinéma de Jim Jarmusch et de Wes Anderson depuis le bug de l’An 2000, il n’était pas vraiment en odeur de sainteté auprès des cinéphiles au début des années 90. La faute à une carrière démarrée dans la deuxième moitié des années 70 sous les lumières du National Lampoon et du Saturday Night Live, dont l’humour potache n’a jamais été particulièrement populaire auprès de la critique. Au cinéma, il se fait remarquer avec Arrête de ramer, t’es sur le sable (1979), puis dans des films tels que Le golf en folie (1980), Les bleus (1981) et bien sûr SOS Fantômes (1984), qui lui permet réellement de se faire un nom à l’international. Après une série de comédies à succès (Fantômes en fête, SOS Fantômes 2, Quoi de neuf Bob ?), l’année 1993 serait décisive dans sa carrière, puisqu’il serait à quelques mois d’intervalles à l’affiche d’Un jour sans fin et de Mad dog and Glory, qui n’était pas son premier rôle « sérieux », mais le premier dans lequel le public le prendrait réellement au sérieux.

Mad dog and Glory est donc très important dans la carrière de Bill Murray, tout comme Punch drunk love le serait dans la carrière d’Adam Sandler, ou La prisonnière espagnole dans celle de Steve Martin. Si vous voulez un équivalent français, pensez au Cousin d’Alain Corneau dans la carrière d’Alain Chabat. « LE » film qui change le regard des gens ; « LE » film sérieux qui permet à un acteur comique d’obtenir le respect de ses pairs et du public. « LE » film qui permit au public de considérer ce grand mou au regard pétillant autrement que comme un simple acrobate de la punchline ou un artisan de la déconne.

Mad dog and Glory, c’est aussi le film de la rencontre – celle de John McNaughton et du cinéma grand public. Le même McNaughton qui s’était créé un nom dans le cinéma extrême et s’était jusque là fait un malin plaisir à filmer l’horreur venue du caniveau avec Henry, portrait d’un tueur en série (1986) et Borrower – Le voleur de têtes (1991) se rangeait ici des voitures avec un film élégant et subtil, à cent lieues de la crasse qui s’imposait presque comme la marque de fabrique de ses deux premiers longs-métrages. Un tel virage à 180 degrés n’est pas si fréquent au cœur d’une carrière Hollywoodienne. Qu’il s’agisse de Bill Murray ou de John McNaughton donc, Mad dog and Glory s’est imposé comme le film des directions inattendues…

Avec son ambiance feutrée, presque jazzy, son attachement à filmer New York de façon réaliste et ses personnages « normaux » et anti-spectaculaires, Mad dog and Glory s’inscrit dans une tradition américaine du film indépendant très ancrée dans les années 90, et rappellera forcément aux amateurs les premiers films de Cameron Crowe, Gus Van Sant, Atom Egoyan ou encore Hal Hartley. Sauf que contrairement aux films tournés par ses camarades à la même période, McNaughton optait ici pour une douceur et une retenue telle que l’on pourrait presque par moments s’interroger sur l’époque durant laquelle se déroule le film. Car à l’agressivité sexuelle du ciné indépendant de l’époque, Mad dog and Glory répond par une tendresse et une chasteté étonnantes, qui renforce encore l’impression de classe et d’élégance douce-amère développée par l’ensemble, et qu’on considérerait volontiers comme un digne héritier des grands classiques de la comédie sentimentale américaine.

 

Le Blu-ray

[4/5]

Mad dog and Glory a rejoint courant février les rangs du catalogue d’Elephant Films, et c’est une bonne nouvelle pour les cinéphiles : l’éditeur nous propose donc aujourd’hui de redécouvrir le film de John McNaughton dans un Blu-ray proposé au format 1.85 respecté et encodé en 1080p. Le grain argentique a été scrupuleusement préservé, même s’il est naturellement un peu plus épais pendant les séquences nocturnes ou en basse lumière. Côté image, cette édition Blu-ray enterre littéralement le DVD sorti en 2000 chez Universal : même si des taches et autres points blancs demeurent, l’upgrade est réellement saisissant et ravira tous les amoureux de ce petit trésor de film romantique. Côté son, la VF d’origine et les VO sont toutes deux proposées en DTS-HD Master Audio 2.0, et respectent la sobriété et la douceur du film. Profondeur et clarté sont de la partie, les mixages sont bien équilibrés ; on ne remarque ni souffle, ni craquement, ni distorsion numérique quelconque.

Dans la section suppléments, Elephant Films nous propose tout d’abord un anecdotique making of de 3 minutes et des brouettes, qui nous permettra néanmoins de découvrir quelques entretiens d’époque ainsi que quelques images volées sur le tournage. On continuera ensuite avec une sélection d’entretiens avec John McNaughton, Bill Murray, Robert De Niro, Martin Scorsese (producteur) et Uma Thurman (5 minutes). L’ensemble est intéressant, même si on entendra surtout s’exprimer Bill Murray, qui fait son numéro et amuse clairement la galerie. On terminera ensuite avec les traditionnelles bandes-annonces éditeur, ainsi qu’avec – last but not least ! – une reproduction du scénario du film (largement annoté) ainsi que l’intégralité du story-board. Des documents d’archive aussi rares que passionnants !

 

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