Test Blu-ray : Le sport préféré de l’homme

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Le sport préféré de l’homme

États-Unis : 1964
Titre original : Man’s favorite sport ?
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur : Elephant Films
Durée : 2h00
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 19 août 1964
Date de sortie DVD/BR : 8 décembre 2020

Vendeur dans un magasin de sports, specialiste de la pêche apprecié de tous, Roger Willoughby est envoyé par son directeur pour prendre part à un grand concours sur le lac Wakapooge. Mais Roger n’aime pas vraiment la pêche et avoue alors à Abigail Page, la charmante organisatrice, qu’il déteste le poisson et que sa réputation ne repose que sur des mensonges. Mais Abigail se met en tête d’initier Roger pour qu’il puisse concourir…

Le film

[3,5/5]

Avec Le sport favori de l’homme en 1964, revient à la « screwball comedy » – ou comédie loufoque en français – dont il fut un des maîtres incontestés dans les années 30 et au début des années 40. Ainsi, 25 ans après L’impossible monsieur Bébé, ce nouveau film mettra à nouveau les rapports antagonistes entre un homme bien rangé et une femme libre et maladroite lui en faisant voir de toutes les couleurs, tout en mettant en évidence l’amour qui finira par unir les deux personnages.

Le parallèle entre L’impossible monsieur Bébé et Le sport favori de l’homme est d’ailleurs d’autant plus évident que le film de 1964 reprend un gag déjà vu dans le film de 1938, avec se collant à afin de dissimuler un accident vestimentaire. Pour autant, Le sport favori de l’homme ne donne jamais réellement le sentiment que Hawks soit en manque d’inspiration, au contraire : le cinéaste imprime à son récit son inimitable tempo comique, alternant les gags absurdes (l’ours sur la mobylette) et les réparties aussi virtuoses qu’irrésistibles (« je préfère marcher »).

Le sport favori de l’homme bénéficie également du fait qu’en vingt-cinq ans, les mœurs et la censure américaines s’étaient également considérablement assouplies : Hawks et ses scénaristes disposaient donc d’un peu plus de libertés au niveau visuel et tonal, ce qui leur permettra de tenter quelques gags un peu plus explicitement osés, soulignant le plus souvent une possible impuissance de la part du personnage de .

Si le rôle principal avait à l’origine était écrit pour Cary Grant, le choix de apporte, avec le recul, un intérêt supplémentaire au métrage. En effet, dans Le sport favori de l’homme, interprète un « imposteur », endossant un rôle aux yeux de la communauté. Il est Roger Willoughby, auteur d’un célèbre guide consacré à la pêche – son expertise dans le domaine est reconnue et respectée. Or, il se trouve qu’en réalité, Willoughby n’a jamais touché une canne à pêche de sa vie, et souffre même d’une sérieuse aversion au poisson.

On ignore si la mise en abyme était volontaire de la part de Hawks, mais le fait est que l’on sait aujourd’hui assez largement que était également un « imposteur », dont l’image publique était fort éloignée de la réalité. On entend par là qu’il était homosexuel, mais que pour parvenir à percer à Hollywood, il avait pris le parti de dissimuler cet aspect de sa personnalité aux studios ainsi qu’au public…

Le moins que l’on puisse dire par ailleurs, c’est qu’ tire vraiment le meilleur de ses acteurs : nous livre une prestation à la « Cary Grant », tandis que se démène afin d’apporter au Sport favori de l’homme la fraîcheur et le charme nécessaires aux situations burlesques égrenées par le film. Baigné dans une ambiance bon enfant ainsi que dans des couleurs vives et presque cartoonesques. L’humour décalé est de mise, jusque dans les dernières minutes du film, tournées sous la forme d’un pastiche de serial en noir et blanc.

Le Blu-ray

[4/5]

Disponible chez l’éditeur au sein d’une petite vague consacrée à au sein de la riche collection « Cinema Master Class » d’Elephant Films, Le sport favori de l’homme s’offre donc un lifting HD sur galette Blu-ray aussi inattendu qu’enthousiasmant.

Aussi bien côté image que côté son, le master proposé par Elephant Films s’avère en effet une excellente surprise. Le piqué est d’une belle précision, le grain cinéma est globalement préservé, et couleurs et contrastes semblent avoir été tout particulièrement soignés. L’ensemble est donc tout à fait recommandable, surtout étant donné l’âge du film. Rien à redire non plus sur le mixage audio, proposé en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine, à la fois en VF et en VO, clair, punchy et sans souffle. La version française plaira forcément aux amateurs de VF surannées, qui ajoutent parfois un charme supplémentaire aux films qu’elles accompagnent…

Côté suppléments, on trouvera, comme sur tous les Blu-ray de cette vague consacrée à (La Légende de l’épée magique / Ne dites jamais adieu / Le sport favori de l’homme / / ), une formidable présentation de par Jean-Pierre Dionnet (16 minutes). Animé par une véritable volonté de « transmission », le cofondateur de Métal hurlant reviendra de façon didactique sur un acteur qui, il l’a constaté, s’avère de nos jours peu connu des jeunes générations, qui l’ont découvert par l’intermédiaire de la série Hollywood de Ryan Murphy mais ne connaissent réellement ni ses films ni l’étendue de sa carrière. Jean-Pierre Dionnet rectifiera donc cette lacune avec le sérieux mais aussi et surtout l’humour qu’on lui connaît – on a bien vu qu’il a l’œil qui frise à l’évocation de certaines anecdotes !

On continuera ensuite avec une présentation du film par Fréderic Mercier (25 minutes). Le chroniqueur régulier de Transfuge et du Cercle reviendra sur la place du Sport favori de l’homme dans la carrière de Hawks. Une fois l’œuvre remise dans son contexte par le biais de plusieurs anecdotes liées à la production du film, Mercier abordera le casting, la mise en scène et les thématiques de l’œuvre d’Hawks, et nous proposera même quelques intéressantes analyses de séquences. On terminera avec la traditionnelle bande-annonce.

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