Test Blu-ray : Kamikaze

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Kamikaze

France : 1986
Titre original : –
Réalisateur : Didier Grousset
Scénario : Didier Grousset, Luc Besson
Acteurs : Michel Galabru, Richard Bohringer, Dominique Lavanant
Éditeur : Gaumont
Durée : 1h29
Genre : Science-fiction, Policier
Date de sortie cinéma : 10 décembre 1986
Date de sortie Blu-ray : 22 septembre 2021

Albert, savant surdoué, est mis au chômage. Poursuivant ses recherches à domicile, il trouve le moyen de tuer, depuis son récepteur, les présentateurs qui passent en direct à la télévision. La police s’interroge mais une intuition fantastique va conduire le commissaire Pascot sur une piste dans cette incroyable affaire…

Le film

[3/5]

Au rayon des incursions françaises dans le domaine du cinéma bis produites dans le courant des années 80, beaucoup de films restent, encore à ce jour, difficiles à trouver sur support DVD dans l’hexagone. Parmi les films que le cinéphile brûle de voir ou revoir depuis de nombreuses années, il y a par exemple le fameux Terminus, pseudo-Mad Max 2 mettant en scène Johnny Hallyday, le formidable 36-15 code Père Noël de René Manzor, ou encore le Kamikaze de Didier Grousset, que Gaumont vient d’intégrer à sa collection « Blu-ray Découverte ». Les amateurs de cinéma de genre à la française ne sauront que remercier l’éditeur, qui nous offre là une séance de rattrapage très attendue.

Réalisé par Didier Grousset en 1986, et quasiment invisible depuis l’avènement du DVD, Kamikaze est surtout connu des amateurs pour avoir été écrit et produit par Luc Besson avant l’immense succès du Grand Bleu. L’ombre du mogul français se fait d’ailleurs assez envahissante lors du visionnage du film presque trente ans après sa sortie : le scénario est blindé des naïvetés propres aux scripts du père Besson, et la musique omniprésente d’Éric Serra finit de donner au film une ambiance étrangement « Bessonienne » et très datée 80’s, extrêmement proche de l’esprit de Subway par exemple.

Kamikaze est donc un thriller mâtiné de science-fiction (ou inversement), très premier degré, dans la veine des films réalisés par Michael Crichton dans les années 80, tels que Looker (1981) ou Runaway, l’évadé du futur (1984). Le point de départ est d’ailleurs tout à fait réjouissant : viré de sa boite suite à une compression de personnel, un savant met au point un fusil capable de tuer les animateurs à distance en utilisant les ondes hertziennes. Sur ce postulat de départ ambitieux et pour tout dire complètement déjanté, Luc Besson et Didier Grousset nous livrent une intrigue désespérément sérieuse, qui tend à accentuer le manque de budget du bouzin, et par là même ses défauts. Porté par le jeu hystérique d’un Michel Galabru, dont les excès outranciers s’opposent en tous points à la mesure et à la sobriété de Richard Bohringer, Kamikaze s’avère au final une bisserie totalement inclassable, souvent drôle, mais dont on ne sait réellement s’il faut en rire ou en pleurer. Une curiosité.

Le Blu-ray

[5/5]

C’est donc Gaumont qui nous propose aujourd’hui de voir et revoir Kamikaze, curiosité bizarroïde typique des années 80, sur galette Haute-Définition : ça sera là l’occasion pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu de rattraper cette lacune et de se faire leur propre idée sur ce film décidément inclassable. Et pour ce faire, Gaumont a tout particulièrement soigné son Blu-ray, qui propose une image précise, avec des couleurs qui pètent et des contrastes nickel. Le grain cinéma est pleinement respecté, même s’il est peut-être un poil trop accentué sur les scènes les plus sombres. Néanmoins, Kamikaze s’offre sans conteste une très belle galette HD. Côté son, le mixage est proposé en DTS-HD Master Audio 2.0 ; il s’avère propre, stable et fidèle à la façon dont on connaît le film depuis de nombreuses années maintenant. On notera par ailleurs que Kamikaze est disponible à petit prix dans la collection Blu-ray Découverte (parfois également appelée Gaumont découverte en Blu-ray).

Dans la section suppléments, l’éditeur nous propose, outre la traditionnelle bande-annonce d’époque, un entretien inédit avec Didier Grousset, réalisateur du film (26 minutes). S’exprimant sans la moindre langue de bois, le cinéaste reviendra sur sa rencontre avec Luc Besson, sur la production un peu précipitée du film, ses apports aux scénario ainsi que sa relation avec les acteurs sur le plateau. Il ne tarira pas d’éloges sur Richard Bohringer et Michel Galabru, évoquera Dominique Lavanant (« un peu casse-bonbons »). Le montage et la musique du film seront également abordés, notamment avec Eric Serra qui voulait toujours que le volume de la musique soit « plus fort ». S’il admet tout devoir à Luc Besson, il admettra également qu’il s’agit d’une personnalité humainement assez difficile à gérer – quelqu’un à qui il ne fallait pas dire non, sous peine de se faire sabrer. Par ailleurs, il raconte une anecdote assez amusante concernant son père, qu’il avait invité sur le plateau à l’occasion de la première journée de tournage et qui, en fin de journée, lui dit qu’il avait « encore trouvé un métier de branleur » !

On terminera avec un formidable making of d’époque, intitulé Objectif Kamikaze et signé Christophe Delmas (34 minutes). Entre les moments de détente et de rire volés sur le plateau, il donnera la parole à plusieurs membres de l’équipe : Didier Grousset bien sûr, mais également Luc Besson, Richard Bohringer (la caméra a par ailleurs su capter quelques petits moments de vie avec Romane), Michel Galabru, Dominique Lavanant, Étienne Chicot, etc. Un document aussi rare que précieux.

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