DVD — 12 avril 2019
Test Blu-ray : I still see you

 
États-Unis : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h38
Genre : Fantastique
Date de sortie DVD/BR : 12 avril 2019

 

La fin du monde n’a pas eu lieu. Depuis la « Catastrophe », les survivants cohabitent avec les rémanents, les spectres des disparus qui rejouent indéfiniment leurs derniers instants. Aucune interaction n’est possible entre humains et ceux qu’on surnomme les « rem ». Pourtant, Veronica Calder, une jeune étudiante, est persuadée que l’un d’entre eux veut la tuer…

 


 

Le film

[3/5]

Le gros point fort de I still see you se situe dans la mise en place de son univers, qui nous donne à voir un monde au cœur duquel les vivants sont amenés à côtoyer les morts dans la vie de tous les jours sous la forme de rémanences optiques. Ces « rémanents » (ou « rém ») ne constituent pas une menace, et n’interagissent pas avec les humains : il ne s’agit que de « souvenirs » prenant forme humaine et revenant à intervalles réguliers, reproduisant éternellement les mêmes gestes dans une boucle temporelle en général assez courte. C’est dans ce monde donc que le spectateur suivra la trajectoire de Veronica, lycéenne incarnée par Bella Thorne (ex-égérie de Disney Channel aujourd’hui reconvertie dans le « white trash ») se retrouvant confrontée à un « rémanent » semblant bien déterminé non seulement à communiquer avec elle, mais semblant surtout ne pas lui vouloir du bien… Rapidement, les morts violentes s’accumulent autour de Veronica : sont-elles l’œuvre du « rém » ou de quelqu’un d’autre ?

Le point de départ est intéressant, et la construction d’un monde relativement crédible où le souvenir des morts interfère avec le train-train des vivants est assez remarquable. Il faut dire aussi que Scott Speer, grand habitué du clip et du film musical (Sexy dance 4), fait preuve d’un certain talent pour faire passer un grand nombre d’informations par l’image, et que le film nous offre régulièrement des compositions de plans assez superbes.

Malheureusement, du côté de son intrigue, I still see you ne tiendra malheureusement pas la longueur. Les suppléments disponibles sur le Blu-ray nous apprendront que dans le roman d’origine (« Break my heart 1000 times », , 2012), l’identité du tueur était révélée assez rapidement, et que plusieurs chapitres étaient même carrément rédigés selon le point de vue du meurtrier. Dans son boulot d’adaptation du récit d’origine, le scénariste Jason Fuchs a quant à lui choisi de cacher l’identité du tueur, et a conçu son intrigue comme un « whodunit ». Le problème ici, c’est bel et bien que I still see you ne contient pas assez de personnages pour faire durer le mystère très longtemps : le nombre de suspects potentiels est relativement restreint, et le pot aux roses sera très vite découvert par le spectateur, qui n’est pas né de la dernière pluie et aura à coup sûr deviné au bout d’un peu moins de vingt minutes de film non seulement l’identité du tueur, mais également la nature du problème existentiel qui le tiraille. C’est dommage, certes, mais rien que pour l’univers inédit qu’il donne à découvrir au spectateur, le film de Scott Speer vaut le coup d’œil !

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Comme à son habitude, Metropolitan Vidéo nous livre avec ce Blu-ray de I still see you une galette numérique en tous points irréprochable. Le master est d’une superbe précision, affichant un piqué d’une précision absolue, les couleurs montrent une belle pêche, les noirs sont solides et profonds ; c’est du très beau boulot, rendant pleinement honneur au joli travail sur la photo – essentiellement nocturne – signé Simon Dennis. Côté son, VF et VO sont proposés en DTS-HD Master Audio 5.1, et les deux mixages imposent un solide dynamisme, dont le spectateur profitera surtout durant les scènes en extérieur et celles mettant en scène les « rémanents », qui proposent de multiples détails sonores parfaitement rendus et spatialisés.

Du côté des suppléments, on commencera avec un excellent et très complet commentaire audio de Scott Speer et Bella Thorne, que l’on réservera cela dit aux anglophones confirmés, puisqu’il est proposé en VO pure, sans sous-titres français. On s’arrêtera ensuite sur une sélection d’une demi-heure de scènes coupées, disponibles avec un commentaire optionnel du réalisateur. Si la plupart n’apportent rien de réellement nouveau au métrage, elles se révèlent suffisamment intéressantes pour ne pas provoquer l’ennui ; on regrette cela dit qu’un fondu au noir marqué du copyright du film termine chaque segment, même quand ce dernier ne dure que quelques secondes. On continuera ensuite avec un making of assez complet, revenant sur la conception du film et le choix des acteurs – on y apprend notamment pourquoi le choix des producteurs et du scénariste Jason Fuchs s’est porté sur Richard Harmon, qui est censé incarner un lycéen, mais s’avérait pourtant âgé de 27 ans au moment du tournage. On se régalera également des images volées sur le tournage, qui permettent de découvrir la personnalité visiblement assez exubérante de Bella Thorne. Enfin, une featurette consacrée à l’adaptation du livre nous permettra d’entendre s’exprimer Daniel Waters, auteur du « roman jeunesse » dont est adapté le film, et qui développe une bienveillance absolue par rapport aux modifications apportées par Jason Fuchs à son « bébé ». On suppose cela dit que les royalties que lui ont rapporté l’acquisition des droits de son roman par Lionsgate sont plutôt de nature à voir d’un bon œil toute nouvelle adaptation de son œuvre – il ne se gêne d’ailleurs pas pour citer « Generation Dead », saga littéraire qu’il a créé en 2008, au cas où un producteur serait intéressé… On terminera le tour de cette riche interactivité avec les traditionnelles bandes-annonces des sorties estampillées Metropolitan Vidéo.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles