Test Blu-ray : Good omens – Saison 1

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États-Unis, Royaume-Uni : 2019
Titre original : –
Créateur :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 5h30 environ
Genre : Série TV, Fantasy, Comédie
Date de sortie DVD/BR : 4 mars 2020

 

Un ange tatillon et un démon déjanté, tous deux amoureux de la vie sur Terre, s’allient pour empêcher l’Apocalypse. Mais ils ont perdu la trace de l’Antéchrist, un garçon de onze ans qui ignore tout de son funeste destin : provoquer la fin des temps ! Ils se lancent à sa recherche pour sauver la Terre avant qu’il ne soit trop tard…

 


 

La série

[4,5/5]

Ils l’ont fait ! Pour celles et ceux qui l’ignoreraient encore, Good omens est l’adaptation du best-seller « », roman longtemps réputé « inadaptable » signé à quatre mains par (Les annales du Disque Monde) et Neil Gaiman (Sandman, American Gods, Stardust, Coraline…). Les fans l’attendaient depuis 1990 – 1995 pour la parution française – mais la folie furieuse du roman en faisait une véritable arlésienne, souvent annoncée, toujours repoussée… Jusqu’à la mort de Terry Pratchett en 2015, qui semblait avoir définitivement enterré le projet. Mais IMPOSSIBLE N’EST PAS NEIL GAIMAN, et grâce à l’acharnement du co-auteur du bouquin, la série a finalement vu le jour l’année dernière, façon pour Gaiman de rendre un ultime hommage à son camarade Pratchett. D’ailleurs, le jour de la première mondiale de Good omens à Londres à l’Odeon Leicester Square en 2019, une chaise a été laissée libre en face de l’écran. On y avait déposé un chapeau et une écharpe en hommage à Terry Pratchett…

Adaptée pour l’écran par Neil Gaiman lui-même, la série plongera donc à coup sûr les amoureux du livre – qui seront, on l’imagine, conquis avant même de la découvrir – dans l’univers fantastique, foutraque et décalé des deux auteurs cultes. Bénéficiant d’un budget confortable grâce aux efforts d’Amazon Studios, les six épisodes du show imposeront sans peine leur ton inimitable, mi-fantastique, mi-déconneur, et l’ensemble affichera même de belles ambitions narratives et formelles : comme on l’a dit, certaines idées pouvaient paraître inadaptables il y a trente ans, mais l’évolution des technologies a finalement permis de mettre des images sur les délires du matériau d’origine. De la même façon, certaines des digressions absurdes typiques de l’écriture de Pratchett sont bel et bien reprises et Gaiman a par ailleurs ré-imaginé des séquences entières absentes du livre, en partie destinées à introduire une hypothétique deuxième saison, actuellement en cours de développement. Derrière la caméra, on trouvera Douglas Mackinnon, artisan acharné de la série TV britannique, à qui le budget de la série permet de proposer de très jolis plans, amples et habilement mis en scène, ce qui sera d’autant plus remarquable que Good omens est, à la base, tourné en CinemaScope 2.35 ; mais sur ce coup là, on admettra que Mackinnon n’est pas John Carpenter, et que sa mise en scène n’exploite que très peu le format large – on en veut pour preuve que les coffrets Blu-ray et DVD édités ce mois-ci par Koba Films sont recadrés en 1.78 (format TV 16/9 classique) et que finalement, ce défaut ne s’avérera jamais réellement choquant pour le spectateur.

Mais la réussite de Good omens ne serait pas si flagrante et majestueuse sans le soin apporté par Neil Gaiman à la sélection du casting : Michael Sheen et David Tennant sont littéralement PARFAITS dans les rôles d’Aziraphale et Rampa – respectivement ange et démon – mais les seconds-rôles sont tout aussi extraordinaires, du trop rare dans la peau de l’Inquisiteur Sergent Shadwell à dans le rôle de Madame Tracy, la pute au grand cœur (le terme de « gourgandine », que je découvrais pour la première fois en 1995 à la lecture du bouquin, est d’ailleurs repris dans la VF), en passant par Adria Arjona (Anathème Bidule), Ned Dennehy (Hastur), (Gabriel) ou même Sam Taylor Buck (Adam), tous sont formidables et donnent vraiment « vie » aux personnages de papier fantasmés par les fans de « De bons présages » depuis des décennies. On n’oubliera pas non plus, en VO, la présence « vocale » de (Dieu) et (Satan). Bref, en deux mots comme en cent, de la même façon qu’American gods en 2017, Good omens s’impose donc comme une série à découvrir de toute urgence, en attendant de voir la direction dans laquelle partira Neil Gaiman pour la saison 2 !

 

 

Le coffret Blu-ray

[4/5]

C’est Koba Films qui sort aujourd’hui la première saison de Good omens sur support Blu-ray, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’éditeur a plutôt soigné sa copie : le résultat est superbe, définition au taquet, piqué d’une précision redoutable, couleurs éclatantes de naturel… Les scènes nocturnes ne marquent par ailleurs aucune baisse de définition – on est vraiment en présence de beaux transferts Haute-définition, proposant un excellent boulot technique malgré un encodage en 1080i (peut-être bien d’origine) et un recadrage du format 2.35 au format 1.78 (pas réellement gênant lors du visionnage). Du côté des pistes son, VF et VO sont mixées en DTS-HD Master Audio 5.1 et s’impose sans peine par son dynamisme de tous les instants, proposant des effets parfois surprenants et volontiers cartoonesques, dont l’impact est encore renforcé par un caisson de basses survitanimé. La répartition et le placement des voix sont très subtils et le tout délivre une parfaite efficacité, avec néanmoins une nette domination de la VO sur la VF, qui nous propose néanmoins une très bonne immersion.

Du côté des suppléments, habilement répartis sur les deux Blu-ray, on trouvera une flopée de featurettes destinées à la promo du film sur le Net, et qui reviendront, pêle-mêle, sur le travail d’adaptation du roman (6 minutes), sur l’univers de la série (1 minute) et les différents personnages (2 minutes), avec un focus tout particulier sur Aziraphale (4 minutes) et Rampa (4 minutes). Ces petits sujets au ton très « promo » nous permettront d’entendre différents membres du casting (Michael Sheen, David Tennant…) et surtout le créateur de la série Neil Gaiman, qui ne manquera pas de faire quelques clins d’yeux à son complice le regretté Terry Pratchett. Le tout est largement entrecoupé d’extraits de différents moments forts de la série, ce qui vous permettra de découvrir une large poignée d’extraits au format CinemaScope respecté. Cela sera également le principal intérêt du bonus consacré à la musique de Queen (12 minutes, VO non sous-titrée), qui s’avère en fait juste un montage des passages durant lesquels on entend des titres issus du répertoire de ces géants du rock.

Mais on vous a gardé les suppléments les plus intéressants pour la fin. Bien sûr, tous les épisodes disposent de commentaires audio, mais seront à réserver aux anglophones confirmés car disponibles en VO non sous-titrée uniquement ; idem pour la dizaine de minutes de scènes coupées non finalisées, qui feront tout de même bien plaisir aux fans du show. On retrouvera en revanche des sous-titres sur la visite guidée par Neil Gaiman du décor de la librairie d’Aziraphale (5 minutes), qui dénote du souci du détail hallucinant des auteurs du show. Ce souci du détail, on le retrouvera également au cœur des sujets consacrés aux concept-arts (4 minutes) et aux croquis de costumes (1 minute), tous deux vraiment bluffants. On terminera ensuite avec une sujet consacré aux effets spéciaux visuels, sur le mode toujours payant du avant / après (3 minutes) et par cinq minutes de Storyboards, qui composeraient au final une excellente bande dessinée adaptée du bouquin d’origine. Il est également à noter que tous les extraits de la série disponibles dans les suppléments sont bel et bien au format 2.35 CinemaScope.

 

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