Test Blu-ray : Cut

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Australie : 2000
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , , Stephen Curry
Éditeur :
Durée : 1h23
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 31 mai 2000
Date de sortie DVD/BR : 15 juin 2021

Jeune réalisatrice, Ruffy Carruthers embarque un groupe d’étudiants en cinéma dans une aventure dont elle ne mesure pas les risques : mettre la touche finale à Hot Blooded, un film d’horreur laissé inachevé quatorze ans plus tôt, après qu’un inconnu masqué a notamment assassiné son auteure… Si, autrefois assistant sur le film en question, le professeur Lossman désapprouve cette idée, il ne peut s’y opposer, d’autant que sa star se dit désormais prête à reprendre son rôle. Dans une maison isolée, le tournage repart. Les meurtres aussi…

Le film

[3/5]

Film de « petit malin », développant un côté ouvertement référentiel et conscient de lui-même, le film d’horreur australien s’inscrit dans une large vague de néo-slashers initiés par le succès international de Scream (Wes Craven, 1996). A sa sortie en France en mai 2000, le film de s’offrirait d’ailleurs un joli petit succès : deuxième au box-office la semaine de sa sortie, le film terminerait sa course à 170.000 entrées, ce qui est un score très honorable pour ce genre de série B produite en indépendant et ne bénéficiant ni du budget, ni de la promo intensive qui caractérisait les productions américaines du même genre.

Pour autant, arrivait déjà un peu après la bataille ; les beaux jours du néo-slasher étaient déjà derrière lui, et la mode du « Found footage », initiée l’année précédente avec Le projet Blair Witch, allait bientôt définitivement enterrer le genre. D’une façon finalement assez prévisible, a donc fini par disparaître de l’inconscient collectif, au point que sa ressortie au format Blu-ray constitue aujourd’hui une vraie surprise.

Le film avait globalement enthousiasmé la critique spécialisée lors de sa sortie, mais que reste-t-il donc de , 20 ans après sa sortie ? Le point fort du premier film de est sans doute son casting. Le réalisateur était allé chercher deux personnalités féminines très représentatives des années 80. met en effet en scène , la fameuse rouquine révélée par John Hughes, que l’on avait découverte dans Rose bonbon, Breakfast club ou encore 16 bougies pour Sam. A ses côtés, on note également une apparition de , célèbre chanteuse ayant cassé la baraque en 1988/89 avec ses tubes « I should be so lucky » et « The Loco-Motion ». A l’époque du tournage du film, elle était néanmoins dans le creux de la vague, n’ayant pas encore complètement renoué avec le succès international, qui viendrait courant 2001 avec la chanson « Can’t get you out of my head ».

est basé sur un script original signé et  ; si on pourra noter de nombreuses similitudes entre ce dernier et le scénario d’Urban legend 2, on peut supposer que les deux films ont été tournés à peu près au même moment, et que les deux tournages étaient séparés par l’océan Pacifique – l’influence de l’un sur l’autre semble donc exclue. Le scénario nous propose de nombreux rebondissements, et met en avant un sens de l’humour occasionnellement efficace, qui donne aux scènes de meurtres cette bonne vieille ambiance « campy » qui baignait largement le slasher dans les années 80 – lui rend d’ailleurs également hommage d’un point de vue formel dans la première bobine du film.

Cependant, vingt ans ont passé depuis notre prime découverte du film, et l’enthousiasme d’hier a aujourd’hui laissé la place à un ennui poli. Le genre slasher a énormément changé en l’espace de quelques années, surtout après Kevin Williamson et son approche de la saga Scream. Ainsi, il y a aujourd’hui de fortes chances pour que les amateurs de cinéma de genre les plus chevronnés s’avèrent un peu déçus par la direction prise par le réalisateur de . Non seulement on comprend pertinemment où il veut aller, mais une quantité non négligeable de films de genre sont sortis entre-temps, et beaucoup ont également parfaitement intégré les différentes ficelles du slasher, au point même d’aller beaucoup plus loin que Rendall sur son propre terrain. On pense par exemple à un film tel que Derrière le masque (Scott Glosserman, 2006), qui parvenait à pousser tous les curseurs un peu plus loin que .

Ainsi, et de la même façon qu’un film tel que L’autre (Robert Mulligan, 1972) souffre énormément d’être découvert aujourd’hui parce que la grammaire cinématographique a évolué de sorte à ce que la surprise du film soit éventée en une seule séquence, a également « pris cher » en l’espace de vingt ans. Le film reste un spectacle agréable et globalement bien tenu, mais il est devenu probablement beaucoup plus prévisible qu’il ne l’était au moment de sa sortie. Tout nous y apparait comme beaucoup trop familier et conventionnel. Restent donc les effets spéciaux, qui sont très bons, de même que le look et le masque du tueur, qui ont probablement largement contribué au succès du film au moment de sa sortie. C’est déjà ça !

Le Blu-ray

[4/5]

C’est donc sous les couleurs de que l’on pourra aujourd’hui découvrir ou revoir , qui s’offre pour l’occasion une présentation Haute-Définition absolument remarquable. Côté galette, le master restauré ne présente quasiment aucun défaut : les couleurs sont éclatantes et saturées, le piqué et le niveau de détail ne faiblissent jamais malgré un grain argentique épais et scrupuleusement préservé : c’est du très beau travail. Côté son, VF et VO sont proposées, dans de puissants mixages LPCM Audio 2.0, et proposent un rendu sonore clair, net, au dynamisme agressif et par moments très spectaculaire. En deux mots, bénéficie donc bel et bien d’une présentation optimale pour son arrivée en HD.

Du côté des suppléments, on trouvera tout d’abord un court mais intéressant making of (2 minutes), intégralement muet, qui nous permettra cela dit de découvrir l’envers du décor. Mais le gros morceau de cette interactivité est le riche commentaire audio du réalisateur et du scénariste , qui reviendront sur la genèse du film, de sa conception au tournage en passant par la production. Ils reviendront aussi, pêle-mêle, sur les acteurs, les lieux de tournage ou encore la musique. On terminera enfin avec la traditionnelle bande-annonce.

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