Blu-ray Blu-ray, DVD, livres — 16 janvier 2020
Test Blu-ray : Ces garçons qui venaient du Brésil

 
États-Unis, Royaume-Uni : 1978
Titre original : The boys from Brazil
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Editeur :
Durée : 2h05
Genre : Thriller
Date de sortie cinéma : 30 mai 1979
Date de sortie BR/DVD : 29 octobre 2019

 

Au début des années 70, Ezra Lieberman, qui traque depuis plus de vingt ans les criminels nazis, reçoit d’inquiétantes informations en provenance du Paraguay : le sinistre docteur Josef Mengele, responsable de monstrueuses expériences à Auschwitz, aurait injecté des cellules vivantes, prélevées sur Hitler, à une centaine de femmes dans le but d’assurer au Führer une descendance…

 


 

Le film

[4/5]

Ambitieux, à la lisière de la science-fiction et du thriller ayant pour sujet la traque des anciens criminels nazis, Ces garçons qui venaient du Brésil est une brillante adaptation du roman éponyme signé , écrivain semblant fasciné par la « naissance » et l’enfance du Mal, puisque cette thématique apparaissait également dans ses romans Un bébé pour Rosemary et Le fils de Rosemary. C’est ici la [Attention SPOILERS] « résurrection » d’Adolf Hitler par le biais de plusieurs clones qui s’avère au centre du récit, le tout étant chapeauté par le tristement célèbre docteur Josef Mengele (Gregory Peck), dans l’optique de mettre sur pieds un « Quatrième Reich ». D’une façon assez paradoxale, si sur le papier l’intrigue du film peut paraître un brin fantaisiste, le traitement qu’en font Franklin J. Schaffner et son scénariste Heywood Gould s’avère, tout comme le livre dont il s’inspire, à 100% premier degré, et pour être honnête foutrement efficace.

Construit comme un implacable thriller, Ces garçons qui venaient du Brésil explore de façon remarquable les frontières entre le possible et l’impossible (scientifiquement parlant), entre la conscience et l’inconscience, non sans afficher une nette propension à livrer au spectateur un grand spectacle, palpitant et immersif. Le film reprend en effet à bras le corps la grande tradition épique américaine fondée sur l’image mythique du « loup solitaire », de l’enquêteur vieillissant, seul contre tous, en lutte constante pour la vie comme dans une tentative d’exorciser symboliquement le spectre de sa propre mort. Il est d’ailleurs amusant de noter que d’une façon assez paradoxale, on pourrait se laisser aller à penser que le personnage central du film, Ezra Lieberman, interprété par Laurence Olivier et inspiré de Simon Wiesenthal, croit tout comme sa Némésis le Dr Mengele à une possible purification de l’espèce par l’extermination des anciens nazis. Il s’en défendra néanmoins dans le dernier acte du film en demandant au jeune garçon le tenant en joue de ne pas exécuter Mengele, mais plutôt de le faire arrêter, afin qu’il paye pour ses crimes. Plutôt présenté sous un jour humaniste et déterminé, le personnage semble également las, comme s’il était conscient de l’aspect vain de sa tâche. Au contraire, les scènes mettant en scène Mengele semblent ouvertement théâtralisées, grandioses, l’interprétation jouissive de Gregory Peck achevant de leur donner un côté fascinant, lorgnant presque du côté du savant fou de série B. Tendu, intéressant dans la façon dont il jongle entre des éléments réels et d’autres beaucoup plus romanesques, parfaitement rythmé et au final vraiment enthousiasmant, le film de Franklin J.Schaffner n’a pas pris une ride : Ces garçons qui venaient du Brésil est clairement une œuvre à redécouvrir de toute urgence !

Et si le film s’avère certes un peu moins époustouflant que le chef d’œuvre littéraire La traque, écrit par Herbert Lieberman en 1978, Ces garçons qui venaient du Brésil lui rend tout de même un hommage discret : ainsi, le vieil autrichien chasseur de nazis Yakov Liebermann du roman de Levin deviendra dans le film Ezra Lieberman, l’orthographe de son nom ayant probablement été modifié pour coller à celui de l’auteur de La traque.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Plus de quarante ans après sa sortie dans les salles obscures, Ces garçons qui venaient du Brésil est remis à l’avant-plan grâce à l’édition Blu-ray que lui consacre aujourd’hui Elephant Films, qui s’avère vraiment soignée. La propreté de la copie est assurée, les couleurs ravivées, les teintes sont parfaitement naturelles. Les contrastes retrouvent également toute leur concision, le grain cinéma a été préservé, les séquences tournées en extérieur sont superbes, et les quelques scènes nocturnes savent sans le moindre problème tirer profit de cette promotion Haute-Définition. Un encodage sans faille consolide l’ensemble avec brio. Du côté des enceintes, l’atmosphère acoustique d’origine est parfaitement respectée par deux encodages DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine à la fois en VF et en VO. L’ensemble est parfaitement équilibré dans les deux cas, et les dialogues sont propres et clairs.

Du côté des bonus, on trouvera la désormais presque traditionnelle présentation du film par Julien Comelli (24 minutes), réalisée et « mise en scène » par son camarade Erwan Le Gac. Comme toujours, le biochimiste / cinéphile suisse nous propose une remise en contexte du film assez complète, en revenant notamment sur le genre du film de complot – au cœur duquel le film de Schaffner s’inscrit, tout en dépassant un peu le genre – et sur les différentes adaptations cinématographiques d’Ira Levin. On terminera avec la bande-annonce ainsi qu’avec une galerie de photos.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles

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