Test Blu-ray 4K Ultra HD : Greenland – Le Dernier refuge

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Greenland – Le Dernier refuge

États-Unis, Royaume-Uni : 2020
Titre original : Greenland
Réalisation : Ric Roman Waugh
Scénario : Chris Sparling
Acteurs : Gerard Butler, Morena Baccarin, Roger Dale Floyd
Éditeur : Metropolitan Film & Video
Durée : 2h00
Genre : Thriller, Catastrophe
Date de sortie cinéma : 5 août 2020
Date de sortie 4K : 16 janvier 2026

Une comète est sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. John Garrity décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son épouse Allison et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge sur Terre à l’abri du désastre. Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchaînent de façon effrénée, les Garrity vont être témoin du meilleur comme du pire de la part d’une humanité paniquée au milieu du chaos…

Le film

[3,5/5]

Greenland – Le Dernier refuge s’inscrit sans conteste dans le genre du film-catastrophe – et plus particulièrement dans la sous-catégorie du film « de fin du monde ». Pour autant, on ne pourra s’empêcher de penser, à la découverte de la cavale fiévreuse que nous propose le film, que Ric Roman Waugh et son scénariste Chris Sparling ont voulu proposer au spectateur un anti-2012. Ne s’attardant pas – ou peu – sur les scènes de destruction massive blindées de CGI, Greenland – Le Dernier refuge se concentre en effet uniquement sur un petit groupe de personnages, dans le but de faire grimper peu à peu la pression et le sentiment d’urgence qui semble régner sur cette terre vivant ses derniers instants.

Autour de ce bloc initial, il faut reconnaître que Greenland – Le Dernier refuge surprend par sa manière de refuser le spectaculaire tapageur pour mieux se recentrer sur l’intime. Là où tant de productions contemporaines empilent les explosions comme d’autres collectionnent les mugs Star Wars, Ric Roman Waugh préfère la tension organique, celle qui se loge dans les regards, les hésitations, les gestes minuscules. Greenland – Le Dernier refuge devient alors un film de fuite, mais aussi un film de peau : une œuvre où chaque décision semble coller aux doigts, où chaque détour de route devient un choix moral. Cette approche, presque modeste, confère au récit une densité émotionnelle inattendue, comme si le film cherchait à rappeler que la fin du monde n’est jamais un concept abstrait mais une somme de petites tragédies individuelles.

Habile, le scénario de Chris Sparling (Buried) s’attardera donc beaucoup plus sur « l’humanité » de ses personnages, obligés de lutter et de se dépasser pour leur survie, que sur la notion de « grand spectacle » telle qu’on l’entend généralement pour ce type de films. En cela, on rapprochera beaucoup plus Greenland – Le Dernier refuge d’un film tel que La Guerre des Mondes (Steven Spielberg, 2005) que du cinéma de Roland Emmerich, dans le sens où Ric Roman Waugh parvient, par son talent de metteur en scène, à faire monter la tension et le sentiment de panique générale bien au-delà de l’écran, transmettant au spectateur – notamment grâce à un remarquable travail sur le son – un malaise diffus et durable qui ne le quittera pas jusqu’aux dernières minutes du film.

Et c’est précisément dans cette gestion du malaise que Greenland – Le Dernier refuge trouve sa singularité. Le film ne cherche pas à écraser le spectateur sous un déluge d’effets numériques : il préfère l’immerger dans une ambiance sonore presque tactile, où chaque grondement céleste semble résonner dans la cage thoracique. Le mixage, d’une précision chirurgicale, transforme la catastrophe en présence sourde, omniprésente, comme un souffle chaud dans la nuque. Cette approche rappelle parfois les thrillers paranoïaques des années 70, où le danger n’était jamais frontal mais toujours latent. Greenland – Le Dernier refuge s’inscrit ainsi dans une tradition plus mature du cinéma catastrophe, où l’effroi naît moins de ce que l’on voit que de ce que l’on pressent.

Greenland – Le Dernier refuge s’impose donc comme une expérience cinématographique aussi tendue que fascinante, surtout dans la façon dont, sous le couvert de l’urgence et de la perpétuelle fuite en avant, elle met le spectateur face à ses propres dilemmes moraux, notamment concernant la sélection des rescapés que nous donne à voir le film, qui met en exergue la prompte résignation des personnages principaux, « élus » désignés par le gouvernement, à abandonner leurs amis et proches… Toute l’inhumanité de l’ère des réseaux sociaux résumée en un message lapidaire envoyé par texto aux « élus » ayant été sélectionnés : l’effet est aussi glaçant que profondément réaliste.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Quelques années après une première édition Blu-ray, et quelques jours seulement après la sortie de sa suite dans les salles obscures, Greenland – Le Dernier recours s’offre aujourd’hui une édition Blu-ray 4K Ultra HD bien méritée. Côté image, ce Blu-ray 4K Ultra HD bénéficie des technologies Dolby Vision et HDR10, et autant dire que le film de Ric Roman Waugh profite pleinement de cette montée en gamme. Les contrastes gagnent en profondeur, notamment dans les scènes nocturnes ou semi obscures où les lueurs orangées des fragments cométaires viennent lécher les visages avec une intensité nouvelle. Les couleurs, souvent plus naturelles que dans les blockbusters catastrophes habituels, gagnent en nuance : les bleus du ciel, les gris métalliques des infrastructures, les teintes chaudes des intérieurs familiaux… tout apparaît plus riche, plus texturé. Les détails du grain de peau, des vêtements, des décors urbains ressortent avec une précision appréciable. On pourra noter, dans quelques plans très sombres, un léger bruit vidéo, mais rien de gênant : l’ensemble reste solide, lisible, et très respectueux de la photographie originale. Une belle réussite pour un film qui repose autant sur la tension atmosphérique que sur l’impact visuel. Le son, lui, est un véritable terrain de jeu. Metropolitan nous propose en effet deux mixages Dolby Atmos, en VF comme en VO, et c’est un vrai plaisir de constater que les deux pistes ont bénéficié d’un soin équivalent. La version originale reste évidemment la plus précise : spatialisation ample, effets verticaux bien exploités, grondements célestes qui semblent traverser la pièce, et dialogues parfaitement intégrés au chaos ambiant. La version française, de son côté, surprend agréablement : dynamique, claire, immersive, elle ne trahit jamais l’intention sonore du film. Les impacts, les explosions, les vibrations sourdes des fragments cométaires, tout est restitué avec une belle ampleur. Les canaux arrière sont régulièrement sollicités, et la scène sonore globale enveloppe le spectateur comme une bulle de tension continue. Pour un film catastrophe, c’est exactement ce qu’on attend : une bande-son qui respire, qui vibre, qui secoue sans jamais saturer.

Si aucun supplément n’était disponible sur la galette de 2020 (période post-Covid oblige). On trouvera d’abord les scènes coupées (5 minutes), avec introduction optionnelle du réalisateur. Rien de révolutionnaire, mais un aperçu intéressant de ce qui a été écarté pour resserrer le rythme. Une courte featurette (1 minute) propose un regard rapide sur les qualités humaines et émotionnelles du film — un module court, mais cohérent avec la volonté de Ric Roman Waugh de privilégier l’intime au spectaculaire. Enfin, le commentaire audio du réalisateur Ric Roman Waugh et du producteur Basil Iwanyk (en VO) constitue le véritable morceau de choix : une piste riche, complète, où les deux hommes abordent la place du film dans le contexte de la pandémie, la structure narrative, la direction d’acteurs, les thèmes, les choix visuels, et bien plus encore. Un commentaire dense, passionnant, qui mérite clairement une écoute attentive, mais que l’on réservera aux anglophones confirmés.

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