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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Dracula

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Dracula

France : 2025
Titre original : Dracula – A Love Tale
Réalisation : Luc Besson
Scénario : Luc Besson
Acteurs : Caleb Landry Jones, Zoë Bleu, Christoph Waltz
Éditeur : M6 Vidéo
Durée : 2h09
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 30 juillet 2025
Date de sortie DVD/BR/4K : 2 décembre 2025

Au XVe siècle, le Prince Vladimir renie Dieu après la perte brutale et cruelle de son épouse. Il hérite alors d’une malédiction : la vie éternelle. Il devient Dracula. Condamné à errer à travers les siècles, il n’aura plus qu’un seul espoir : celui de retrouver son amour perdu…

Le film

[3,5/5]

Il flotte au cœur de cette nouvelle itération de Dracula une sorte de parfum romantique qui semble avoir traversé les décennies pour venir se poser sur l’épaule de Luc Besson comme un corbeau gothique légèrement trop apprivoisé. Le film assume d’emblée son héritage, mais pas forcément celui auquel on s’attendait : le roman épistolaire de Bram Stoker semble un peu relégué au second plan, mais en revanche, l’ombre du film de Francis Ford Coppola plane lourdement au-dessus du film de Besson. Il en reprend les maquillages baroques, les silhouettes rouges comme des blessures ouvertes, le même style de musique et même cette manière de filmer les ombres comme si elles avaient une vie sexuelle propre. Pourtant, Dracula ne se contente pas de recycler : il absorbe, digère, transforme, et finit par ressembler à un rêve humide de cinéma où le romantisme Bessonien – femme-enfant, amour impossible, destin contrarié – se mêle à une imagerie gothique qui semble sortir d’un opéra fiévreux.

La plus grande force de ce Dracula réside dans sa mise en scène, qui déploie une maîtrise formelle impressionnante. Les mouvements de caméra glissent comme des chauves-souris sous amphétamines, les couleurs explosent en rouges, bleus et ors, et chaque plan du film semble vouloir nous rappeler que Luc Besson, quoi qu’on puisse penser de lui, sait encore composer des images qui claquent comme des sortilèges. Cette esthétique flamboyante n’est jamais gratuite : elle sert les thématiques du film, notamment cette idée que le désir est une force monstrueuse, capable de dévorer les êtres comme un vampire affamé. Dracula explore ainsi la frontière trouble entre amour et prédation, entre passion et damnation, avec une sincérité qui désarme autant qu’elle fascine. L’influence de Coppola est évidente, mais Besson y injecte sa propre sensibilité, notamment dans la manière dont il filme les corps. Là où le réalisateur d’Apocalypse Now sculptait ses acteurs comme des statues vivantes, Luc Besson préfère les laisser vibrer, trembler, se fissurer. Cette approche donne au film une texture plus organique, comme si le cinéaste trouvait que le romantisme n’est jamais aussi beau que lorsqu’il sent légèrement la sueur et la poussière.

Les acteurs de Dracula apportent une intensité bienvenue à cet univers saturé de symboles. Caleb Landry Jones, maquillé comme un cauchemar aristocratique, traverse le film avec une fragilité presque translucide, comme si son corps menaçait de s’évaporer à chaque plan. Son comte vampire n’est pas un prédateur triomphant, mais une créature mélancolique, rongée par un amour trop grand pour elle. Face à lui, Zoë Bleu (la fille de Rosanna Arquette) oscille entre innocence et puissance, femme-enfant typique du cinéma de Luc Besson, mais incarnée avec suffisamment de nuances pour éviter la caricature. Leur relation, filmée comme un tango spectral, donne à Dracula une dimension presque opératique, où chaque geste semble chargé d’un poids émotionnel démesuré. Pour autant, le film n’est pas exempt de maladresses : quelques dialogues sonnent comme des incantations écrites un soir de pleine lune un peu trop arrosé, certaines idées sont un peu curieuses (on pense notamment aux gargouilles qui accompagnent Dracula) et certaines scènes semblent vouloir en faire trop, comme si Luc Besson craignait de ne pas être assez spectaculaire, et de ne pas en donner suffisamment à son public.

Mais ces excès font partie du charme de Dracula, et nous rappellent que Luc Besson n’a jamais été un cinéaste de la demi-mesure. A son image, le film préfère l’excès à la tiédeur, l’émotion brute à la subtilité feutrée, et cette générosité visuelle finit par emporter l’adhésion. Même les quelques touches d’humour trouvent leur place dans cet ensemble baroque, et contribuent même à son identité hybride : hommage à Coppola, variation Bessonienne sur le mythe, romance gothique, opéra visuel… Ce Dracula-là ne révolutionne rien, mais il offre un spectacle généreux, sincère, et parfois même bouleversant. Un film qui croit encore au pouvoir des images, et qui ose les pousser jusqu’à l’extrême, quitte à risquer de frôler le ridicule.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Le Blu-ray 4K Ultra HD de Dracula arrive sous les couleurs de M6 Vidéo, et s’offre un packaging soigné, qui épouse parfaitement l’esthétique baroque du film, même si on pourra trouver qu’il rappelle un peu dans son minimalisme les affiches du Nosferatu de Robert Eggers, sorti l’année dernière. Techniquement, l’image, qui nous est proposée en Dolby Vision et HDR10, est un véritable régal pour les yeux : les noirs sont abyssaux sans jamais avaler les détails, les rouges éclatent comme des blessures fraîchement ouvertes, et les textures des costumes ressortent avec une précision presque tactile. Dracula gagne énormément dans ce format, notamment grâce à la finesse des éclairages et à la richesse des décors, qui profitent pleinement de la dynamique étendue. Les scènes nocturnes, souvent piégeuses, sont ici d’une lisibilité exemplaire, et les transitions entre ombre et lumière renforcent la dimension romantique et tragique du film.

Côté son, cette édition Katka nous propose deux mixages Dolby Atmos (en VF et en VO) qui se valent réellement. La version originale offre une spatialisation légèrement plus ample dans les murmures et les respirations, mais la version française n’est jamais en retrait : les voix sont claires, les ambiances enveloppantes, et la musique de Danny Elfman, très inspirée de celle de Wojciech Kilar pour l’opéra gothique de Francis Ford Coppola, bénéficie d’une ampleur remarquable. Les effets sonores – battements d’ailes, craquements de bois, souffles du vampire – circulent avec fluidité dans l’espace, donnant à Dracula une présence sonore presque physique. Le Blu-ray 4K Ultra HD exploite pleinement la technologie Atmos pour créer une immersion totale, où chaque bruit semble surgir d’un recoin de château invisible.

Côté suppléments, on aura droit à un sympathique making of (14 minutes), qui compile images de tournage, essais costumes, maquillage et interviews. Luc Besson y revient (en anglais) sur la genèse de son Dracula, son envie de recentrer l’histoire sur la romance, et son plaisir de retrouver Caleb Landry Jones quelques années après Dogman. On y découvre la fabrication des prothèses – plus de six heures de maquillage pour l’acteur – ainsi que la création des effets spéciaux, souvent plus subtils qu’ils n’en ont l’air. Le module offre un tour d’horizon rapide mais dense, donnant une vraie idée de la passion investie dans cette entreprise.

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