Comédie Critiques de films — 23 février 2014
Supercondriaque

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France : 2013
Titre original : Supercondriaque
Réalisateur :
Scénario : Dany Boon
Acteurs : Dany Boon, ,
Distribution : Pathé
Durée : 1h47
Genre : Comédie
Date de sortie : 26 février 2014

                                            Note : 3/5

Supercondriaque marque les retrouvailles à l’écran de Dany Boon et de Kad Merad, les deux chouchous du public français. Après maintes tribulations et beaucoup de longs-métrages parcourus, le retour dans les salles obscures du tandem de Bienvenue chez les Ch’tis est parfaitement maitrisé, malgré quelques imperfections et quelques points de lassitude. 

Synopsis : Romain Faubert a bientôt 40 ans et vit seul. Hypocondriaque incurable, son métier de photographe pour un dictionnaire médical en ligne est une source constante de défis et d’angoisses microbiennes. Son seul véritable ami, Dimitri Zvenka est aussi son médecin. Exaspéré par les assauts répétés de Romain dans son cabinet et chez lui, il décide de lui trouver le remède miracle : une femme !

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Le retour du malade imaginaire

Bien loin du génie immortel de Molière, Dany Boon a tout de même le mérite de soulever avec une drôlerie corrosive, deux sujets sensibles dans le contexte actuel : l’hypocondrie maladive et les dérives effarantes de l’auto-diagnostic sur internet. Traité avec perspicacité et humour, le sujet ne s’étale pas ad vitam æternam, puisque le film possède plusieurs cordes à son arc. Dès le début du film, les bases sont posées et le spectateur affronte les vicissitudes de l’existence de Romain, entre outrance et désespoir. Très vite, le gel antibactérien et l’automédication laissent place à d’autres artifices comiques, tels que le site de rencontre ou l’échange d’identité. Les nombreux ressorts dont use Dany Boon pour rendre le film agréable permettent de tenir le spectateur en éveil, quitte à le perdre à de nombreux endroits. Il est aujourd’hui un virus dont beaucoup de comédies souffrent : l’outrance. Le réalisateur en montre à nouveau les tenants, en superposant des saynètes absurdes et dont les traits grossis des personnages peinent à nous décrocher un rictus. Ainsi se retrouve le principal écueil de la bonne grosse farce qu’est Supercondriaque : à vouloir bien faire, on en fait trop. Le constat aurait pu être sans appel et contribuer à rendre le film boiteux d’incohérences. Toutefois, les acteurs constituent l’antidote miracle de la maladie et apportent au film un souffle tonifiant et sympathique, sans toutefois le surclasser. C’est ainsi que les retrouvailles entre Dany Boon et Kad Merad sont le pari réussi de Supercondriaque, auquel s’ajoute la touchante prestation de la douce Alice Pol qui navigue entre ridicule et naïveté. On regrette toutefois la trop faible présence de , dont la puissance comique est indéniable.

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Allo docteur ?

Dany Boon signe avec cette comédie un retour plutôt réussi bien loin de certains navets qui avaient inondé les salles de cinéma. Malheureusement, le scénariste et réalisateur ne semble pas se détacher du ridicule et force bien souvent les traits de la comédie pour en faire un pari certes, mais uniquement sur le rire. Les sempiternels quiproquos ainsi que les parodies de scènes d’évasions constituent l’armature d’un film parfois délayé, irrégulier et qui manque à certains moments de subtilité. Néanmoins, et pour notre plus grand plaisir, ce qui dessert le film peut aussi l’illuminer. À en juger par les nombreux sujets traités, le film avait beaucoup de choses à dire. Entre les réfugiés politiques, la nationalité, les attachements politiques, la maladie ou la clandestinité, Dany Boon balaye l’actualité politique avec espièglerie. L’objectif des moqueries n’est peut-être pas volontaire, mais il en fait une oeuvre cinématographique un peu plus consistante et parfois plus touchante que prévu. L’aventure des personnages dans le film semble ainsi cotoyer celle des acteurs. On retrouve grâce à Supercondriaque certaines richesses du jeu de Dany Boon, Kad Merad et les autres, dont le renouvellement vous assure tout de même de bons moments. 

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Résumé

Malgré ses inégalités, Supercondriaque est un film sympathique et dantesque, dont les ressorts comique sont utilisés jusqu’à l’épuisement. Grâce à quelques petites nouveautés, bien loin du « ch’ti biloute », le film rempli ses obligations dont celles de vous faire rire.

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Mayeul

Cet article a été rédigé par Mayeul Permezel, Rédacteur de Critique Film.