Rétrospective Kinuyo Tanaka sur LaCinetek jusqu’au 27 juin 2024

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La Mère © 1952 Toho / Les Acacias Tous droits réservés

Arrivederci Marcello ! Après trois mois de bons et loyaux services, l’acteur italien de légende Marcello Mastroianni et sa rétrospective quittent la plateforme LaCinetek pour laisser la place à un autre hommage d’envergure, toujours inclus dans l’abonnement. C’est l’intégrale du travail en tant que réalisatrice de Kinuyo Tanaka, grande vedette du cinéma japonais, qui y sera disponible à volonté pendant treize semaines, jusqu’au jeudi 27 juin. Le tout agrémenté de quatre films avec Tanaka actrice. En effet, c’est d’abord ainsi qu’elle avait acquis une notoriété hors pair dans son pays natal, en étant la muse du réalisateur Kenji Mizoguchi et en collaborant entre autres avec Mikio Naruse, Yasujiro Ozu et Akira Kurosawa.

La découverte en occident de l’œuvre de Kinuyo Tanaka (1910-1977) derrière la caméra est assez récente. Cela avait commencé en 2020 avec le projet d’une rétrospective au Festival de Locarno, qui avait finalement dû être annulée à cause de la pandémie du coronavirus. Dès l’année suivante, le Festival de Cannes et sa section Cannes Classics avec la présentation de la version restaurée de La Lune s’est levée, puis le Festival Lumière à Lyon avec la première mondiale de la filmographie entière de Kinuyo Tanaka, réalisatrice, avaient repris le flambeau.

L’engouement public pour le travail de cinéaste de celle qui était abonnée aux rôles de mère dans le cinéma japonais d’après-guerre ne s’est pas démenti, grâce à la ressortie nationale de ses six films par Carlotta Films en février 2022. Enfin, l’édition vidéo de ses films dans un coffret somptueux avait remporté le prix du Meilleur coffret aux Prix du Syndicat Français de la Critique de Cinéma en 2023.

Contre la modique somme de moins de cinq euros par mois ou bien quarante-neuf euros par an, vous aurez donc l’occasion de découvrir tranquillement le travail de Kinuyo Tanaka sur le site de LaCinetek. Ce qui vous revient malgré tout moins cher que le coffret Blu-ray encore disponible dans la boutique de Carlotta Films au prix de 65 €.

La Lune s’est levée © 1955 Nikkatsu / Carlotta Films Tous droits réservés

Comme le dit si bien Lili Hinstin, l’ancienne déléguée générale du Festival de Locarno et donc celle par qui la découverte en règle de la réalisatrice avait commencé, dans la vidéo qui accompagne cette belle rétrospective sur LaCinetek, Kinuyo Tanaka était une véritable pionnière dans son domaine. La tout première femme à réaliser des films d’envergure au Japon à partir de 1953, elle n’y avait guère trouvé d’héritières, ni de consœur susceptible d’établir une véritable tradition du regard cinématographique au féminin. Question de culture sans doute, dans un pays à la forte tradition patriarcale. Mais même ailleurs dans le monde, la première moitié du XXème n’était point généreuse à l’égard des femmes cinéastes.

D’où la nécessité, voire l’urgence de mettre en avant le travail exceptionnel de réalisatrices telles que Alice Guy en France, Ida Lupino aux États-Unis et donc Kinuyo Tanaka au Japon !

Devant la caméra, sa présence est globalement plus familière au public français cinéphile. Ainsi, ses films ressortent à intervalles à peu près réguliers dans les salles de répertoire. Comme ces dernières années ses collaborations avec Kenji Mizoguchi (Cinq femmes autour d’Utamaro, Miss Oyu, La Vie de O-Haru Femme galante, Les Contes de la lune vague après la pluie, Une femme dont on parle et L’Intendant Sansho), Yasujiro Ozu (Fleurs d’équinoxe) et Mikio Naruse (La Mère et Au gré du courant). Attention toutefois de ne pas trop tarder à regarder le quatrième film compris dans cette partie-là de la rétrospective, Barberousse de Akira Kurosawa, qui devrait quitter l’offre d’abonnement de LaCinetek dès la fin du cycle « Médecine » dans un peu moins de deux semaines !

Maternité éternelle © 1955 Nikkatsu / Carlotta Films Tous droits réservés

Lettre d’amour (Japon / 1953) avec Masayuki Mori et Yoshiko Kuga
La Lune s’est levée (Japon / 1955) avec Chishu Ryu et Shuji Sano
Maternité éternelle (Japon / 1955) avec Yumeji Tsukioka et Masayuki Mori
La Princesse errante (Japon / 1960) avec Machiko Kyo et Eiji Funakoshi
La Nuit des femmes (Japon / 1961) avec Chisako Hara et Akemi Kita
Mademoiselle Ogin (Japon / 1962) avec Ineko Arima et Tatsuya Nakadai

La Princesse errante © 1960 Daiei Studios / Carlotta Films Tous droits réservés

Miss Oyu (Japon / 1951) de Kenji Mizoguchi, avec Kinuyo Tanaka et Nobuko Otowa
La Mère (Japon / 1952) de Mikio Naruse, avec Kinuyo Tanaka et Kyoko Kagawa
L’Intendant Sansho (Japon / 1954) de Kenji Mizoguchi, avec Kinuyo Tanaka et Yoshiaki Hanayagi – Lion d’argent au Festival de Venise en 1954
Barberousse (Japon / 1965) de Akira Kurosawa, avec Toshiro Mifune et Yuzo Kayama – Coupe Volpi du Meilleur acteur à Toshiro Mifune au Festival de Venise en 1965 [jusqu’au 10 avril]

Mademoiselle Ogin © 1962 Shochiku / Carlotta Films Tous droits réservés

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