Princesse Mononoké

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Japon : 1997
Titre original : Mononoke Hime
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : /
Distribution : Gaumont Buena Vista International
Durée : 2h14
Genre :
Date de sortie : 12 janvier 2000

Globale : [rating:5 ][five-star-rating]

En 2000, Princesse Mononoké sort sur les écrans français, et c’est un véritable succès. Après les nombreuses séries animées qui ont parcouru la télévision française durant les années 80-90 (Les Chevaliers du Zodiaque, , …), l’ est enfin véritablement reconnue pour ses qualités. Cet exploit, on le doit à , dessinateur et créateur de génie. Son film est diffusé à travers le monde entier, et est acclamé par les critiques de chaque pays. Pourtant, sa carrière avait débuté des années plus tôt dans les années 60, notamment dans les studios de la Toei en tant qu’intervalliste. Mais en 1985, suite au triomphe de son long-métrage Nausicaä de la Vallée du Vent, il fonde avec Isao Takahata le studio Ghibli, véritable mine de trésors. Et c’est à la fin du 20e siècle qu’il bénéficie enfin d’une exportation de son travail à travers Princesse Mononoké. Il nous propose ici une incroyable fresque épique au temps du Japon médiéval.

Synopsis :

L’histoire se déroule dans le Japon médiéval (ère Muromachi). Ashitaka, le prince de la tribu des Emishis, est frappé d’une malédiction après avoir tué Nago, un dieu sanglier devenu démon : son bras est animé d’une force surnaturelle mais est rongé par l’entité démoniaque. La chamane du village le dit condamné à mourir et lui conseille de quitter le village afin d’aller chercher à l’ouest la cause de la colère de la nature et l’espoir de trouver la raison de sa malédiction.

Princesse Mononoké (loup)

L’une des réussites du film est de proposer des personnages complexes, à l’opposé de la vision manichéenne que nous propose Hollywood dans ses dessins animés. Le plus neutre de tous (et encore), est Ashitaka, que l’on suit du début à la fin, et qui nous permet de rencontrer les autres protagonistes du récit, et ainsi de prendre part aux enjeux qui les préoccupent. On trouve alors Dame Eboshi, femme forte dans une société patriarcale. Elle gère un petit village muni d’une forge en plein développement, ce qui nous propulse immédiatement dans ce Japon médiéval. C’est une femme courageuse, qui protège sa cité, y maintien l’harmonie, notamment entre hommes et femmes à une époque difficile pour ces dernières, et ne se plie pas aux volontés de l’empereur. Mais un côté plus sombre l’habite, celui d’une dame violente, voulant annihiler la forêt voisine afin d’assurer la croissance de son village et se débarrasser de ses ennemis non-humains. Car en effet, dans ce film, comme dans toute l’œuvre de Miyazaki, la nature prend une place très importante. Elle est ici parfaitement représentée par les traits de Moro, louve et déesse de la forêt, qui protège cette dernière contre l’humanité. Seulement, là où il est si facile de condamner les hommes et de glorifier la nature, l’auteur nous dépeint des personnages également violent de ce côté de la barrière, à travers des orangs-outans sournois,des loups agressifs et des sangliers belliqueux. C’est une vraie guerre que se livrent les deux camps. C’est dans ce chaos qu’apparaît le personnage de San, la fameuse princesse Mononoké, personnage ambigu car élevée par les loups, ce qui la rend mi-humaine (physiquement), mi-louve (mentalement). Suite à sa rencontre avec Ashitaka, une relation née entre ces deux, atténuant l’extrémisme de San, et rapprochant notre héros de la nature. Ils ne sont pourtant que deux pions, incapables de changer le tempérament de leur faction.

Princesse Mononoké Dieu cerf

En plus de la richesse de son scénario, Miyazaki nous gratifie d’une œuvre visuellement somptueuse, de par ses dessins et ses couleurs. Le trait est magnifique, chaque élément prenant vie devant nos yeux, notamment le vent qu’il aime représenter dans chacun de ses films. Les paysages (forêt, village …) sont d’une grande beauté, et l’homme prend un malin plaisir à nous balader d’un lieu à l’autre, nous montrant au passage toute l’étendue de son talent. Car oui, il a à lui seul composé la moitié des images présentes dans le film, sachant qu’il y a 144 000 celluloïds.
Pour nous montrer une forêt aussi belle, dense et foisonnante, il s’est inspiré de celle de Yakushima au Japon, où il se rend personnellement. Cet endroit est célèbre pour ses macaques japonais et ses cerfs Sika, deux animaux que l’on retrouve dans le métrage.

L’éclairage de ses illustrations est également magnifique. On vient presque à croire à l’utilisation d’une vraie source de lumière pour donner vie à ces images. Du coté technique, un dernier point sur la bande son qui se révèle incroyable. Pour sa sixième collaboration avec , le résultat est impeccable. Les thèmes sont lyriques et nous font frissonner de par leur association à la magnificence des images. Le thème principal, revenant à plusieurs reprise, est à lui seul porteur de la grâce et de la poésie qui sont imprégnées tout au long du métrage.

Princesse Mononoké Ashitaka

Résumé

Ainsi, avec Princesse Mononoké, Miyazaki nous offre un véritable chef d’œuvre, une réussite sur tous les points, du scénario à la musique, en passant par un rythme qui ne faiblit jamais et une animation de toute beauté. Ce film permet enfin à son auteur de recevoir la consécration qu’il méritait, en dehors de son archipel. Les critiques et l’accueil du public furent unanimes pour encenser le génie japonais. Depuis, nombre de ses long-métrages antérieures ont bénéficié d’une ressortie en salles en France, comme (1988) et (1986) par exemple. Et depuis, il a continué sa carrière, en nous livrant d’autres pépites, telle que ou Le Château Ambulant. 15 ans après, son film reste toujours une référence dans le monde de l’.

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