Critique : Pitch perfect 2

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Pitch perfect 2

Etats-Unis, 2015
Titre original : Pitch perfect 2
Réalisateur : Elizabeth Banks
Scénario : Kay Cannon
Acteurs : Anna Kendrick, Rebel Wilson, Hailee Steinfeld
Distribution : Universal Pictures International France
Durée : 1h55
Genre : Comédie musicale
Date de sortie : 22 juillet 2015

Note : 2,5/5

Les filles sont de retour ! Pour le plus grand plaisir des fans de ce groupe mal assorti de chanteuses hors pair et avant tout celui des producteurs qui ont récolté une triple recette pour un double investissement rien que sur le territoire américain, nous avons droit à un bis du film qui s’appelait initialement The Hit girls en France et dont la suite adopte désormais le titre original, Pitch perfect 2. Nous devons toutefois admettre que notre enchantement est au mieux mesuré face aux frasques gentillettes de cette petite dizaine de personnages, moins agaçante que mollement inoffensive. Les repères de la culture adolescente contemporaine y sont bien présents. Mais la vulgarité édentée et la passion plutôt superficielle pour la musique, propres aux préoccupations populaires du XXIème siècle, produisent au mieux quelques étincelles passagères qui disparaissent sans laisser de trace durable. Sans même mentionner la mise en scène de la débutante Elizabeth Banks, totalement incapable d’insuffler une quelconque cohérence dans son récit, lorsqu’il s’agit de relier entre eux les différents sketchs aux chutes décevantes.

Synopsis : Fort de son triomphe à trois championnats nationaux successifs de chant a cappella, le groupe des Barden Bellas a l’honneur de se produire lors de l’anniversaire du président Obama. Une maladresse majeure de Amy la baleine lui vaut l’indignation générale, voire la suspension punitive de toutes ses activités. Plus de tournée, plus d’audition pour de nouveaux membres, plus le droit de défendre une dernière fois avant la promotion leur titre : Beca, Chloe et les autres filles sont anéanties. Leur seul espoir repose alors sur la participation au prochain tournoi international à Copenhague, une compétition jusque là dominée par le groupe allemand Das Sound Machine. La nouvelle recrue Emily se joint plein d’enthousiasme aux répétitions chaotiques, tandis que Beca commence en cachette un stage chez un producteur de disques.

De fil en aiguille

Même si comme nous, vous n’avez pas vu le premier film, vous devriez pouvoir vous repérer facilement dans les rapports au sein du groupe aux égos démesurés. Nous ne sommes par contre pas sûrs que cette accessibilité aisée soit forcément une bonne chose, puisque tous les personnages, sans exception, sont si pauvrement esquissés et en manque d’un processus d’évolution notable au cours du film, qu’ils paraissent comme des caricatures aux angles arrondis. La grande gueule de Amy la baleine, l’ambition individualiste de Beca, la peur hystérique de Chloe, ainsi que d’autres traits de caractère marginaux des membres restants du groupe devraient normalement constituer le point de départ à partir duquel l’intrigue se développe. Sauf qu’ici, ils agissent en tant que figures de style répétitives pour relancer assez laborieusement un rythme narratif maintes fois pris en défaut. En effet, il nous a été impossible de déceler une quelconque finalité dramatique à cet enchaînement approximatif de séquences indépendantes, qui auraient pu être autosuffisantes, si seulement elles avaient pris la peine de mieux soigner leurs conclusions respectives. Car chaque petite aventure se solde hélas par une transition bancale vers un éternel recommencement des poncifs sur le quotidien des lycéens américains. La principale coupable de cette narration anémique est à nos yeux la réalisatrice Elizabeth Banks, tout juste plus piquante devant la caméra dans son rôle de commentatrice condescendante.

Du féminisme assoupli

Quant au commentaire social, qui sous-tend parfois malgré lui pareil divertissement consensuel, il est là encore quasiment inexistant. Alors que nous serions ravis de saluer enfin un mastodonte du box-office fait par des femmes et destiné en priorité à un public féminin, nous devons malheureusement nous rendre à l’évidence que Pitch perfect 2 ne cherche nullement à renverser le statu quo. Quelques troubles timides de l’identité sexuelle chez Beca et les représentants de minorités en signe de bonne volonté – quoique d’ores et déjà introduits dans le premier film – mis à part, le scénario reste à l’écart de tout reflet de l’actualité brûlante avec une prudence presque maladive. Les enjeux dramatiques sont donc minimes, à la fois du côté de la réhabilitation du nom des Bellas, jamais sérieusement mise en doute, et de celui du chemin à emprunter pour y parvenir, fâcheusement éparpillé. Tôt ou tard, l’intrigue ne ressemble même plus au conte plein de clichés sur la rédemption au prix d’épreuves de plus en plus difficiles à remporter. Les chanteuses ont visiblement mieux à faire pendant leur dernière année d’école que de répéter, voire de chanter, puisque l’essentiel du récit tourne autour d’événements annexes qui ne font que renforcer encore un peu plus l’impression d’une intrigue sans tête, ni queue.

Conclusion

Grâce à ses trois succès milliardaires, le studio Universal n’a plus de souci à se faire cette année. Et même si ce genre de raisonnement est toujours un peu vague, voire discutable d’un point de vue chronologique dans ce cas-ci, on ne peut s’empêcher de penser que Pitch perfect 2 poursuit exclusivement une ambition, d’ailleurs commune à de nombreuses suites : de faire plaisir aux fans de cet univers rose-bonbon, quitte à ne pas en générer de nouveaux avec un film aussi peu engageant que celui-ci !

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