NIFFF 2015 : compte-rendu 2/2

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Suite du compte-rendu du NIFFF 2015…

Première partie du compte-rendu ici.

Palmarès .

Rutger Hauer dans Clones
Rutger Hauer dans

Swiss Shorts, des courts-métrages bien de chez moi

La séance «Swiss shorts» regroupe 8 courts-métrages suisses possédant chacun des durées différentes. Certains courts m’ont ennuyé par leur aspect «film d’école d’art». Par ce doux sobriquet, je sous-entends des films où les cadrages sont bons et l’esthétique mise en avant, mais qui délaissent complètement l’histoire, à la façon «nouvelle vague». Un des courts possède d’ailleurs, dans le décor, une affiche de Jules et Jim de François Truffaut. Passons en revue ces courts.

Clones de Rafael Bolliger traite de l’immortalité par des dialogues profonds et bien écrits. Les effets spéciaux fonctionnent et le jeu d’acteur est tout à fait respectable. La problématique traitée est en plus très intéressante.

Replika de Luc Walpoth, s’intéresse à un sujet dans l’air du temps, à savoir l’intelligence artificielle, mais souffre de sa longueur et de sa manière superficielle d’aborder le sujet. La protagoniste a un jeu bluffant et le tout est très bien fichu pour un court-métrage de science-fiction.

(It was dark and eerily quiet) de Mirella Brunold & Nina Calderone, est un joli conte en animation qui parle de la jalousie et de la peur de l’étranger.

A trunk full of carrots de Peter Zwierko, Felix Tanner, Daniel Gremli et Simon Keller parle de……….. lapins et de carottes. Bien filmé, beau, mais……c’est plus de l’art et essai que du cinéma.

de Diego Hauenstein nous parle de vampires, sauf que malheureusement le film est vide (comme l’âme d’un vampire), autant au niveau de l’histoire que du reste.

Parasit
Parasit

de Marjolaine Perreten est un film d’animation drôle qui aborde le thème du super-héros en faisant ressortir un message sur la différence.
https://youtu.be/zQ4Q4zBvvaE

Subotika-Land of Wonders de Peter Volkart est une vidéo touristique sur un pays qui ne donne pas très envie. Ce court-métrage brille par son inventivité et son humour (il faut dire que les courts suisses de cette année relevaient plus souvent du drame que de la comédie).

Subotika-Land of Wonders
Subotika-Land of Wonders

Finalement, Les Anciens l’appelaient Chaos de Mathieu Moerlen est difficile à comprendre. Il s’agit d’un court-métrage plutôt bien filmé mais qui met le public à l’écart, par le jeu d’acteur peu convaincant et son intrigue peu…compréhensible.

Les Anciens l’appelaient Chaos
Les Anciens l’appelaient Chaos

Bridgend, une ville où il fait (pas) bon vivre

Bridgend de Jeppe Ronde (3/5) («compétition internationale») suit Sara (Hannah Murray de Game of Thrones), une adolescente fraîchement arrivée avec son père dans un petit village où le taux de suicide des jeunes est très élevé. Pourquoi les jeunes se suicident-ils ? S’agit-il de meurtres maquillés en suicides ? Plusieurs questions auxquelles le film tentera de répondre. Si le tout est bien fait, il n’en reste pas moins déprimant au possible. On ne peut s’empêcher de se sentir mal pour ces jeunes sans futur, confrontés à des parents qui ne les comprennent pas. Pour ma part, je ne suis malheureusement pas entré dans le film car il ne se passe pas grand-chose et j’aurais aimé avoir plus de fantastique dans cette histoire qui est aussi dramatique et sérieuse que la réalité.

, les vampires ça ne suce pas que le sang

Au NIFFF il n’y a pas que des films récents, il y a aussi des films plus vieux et ils font partie de la catégorie «retrospective guilty pleasure». C’était donc l’occasion pour moi de voir le Life Force de Tobe Hooper (2,5/5). Péloche dans laquelle des militaires se voient confrontés à des vampires de l’espace. Vampires qui au lieu de sucer le sang, sucent la force vitale de leurs pauvres victimes. Le film a été fait plus tard que (du même réalisateur) et pourtant il paraît plus vieux. Sans doute à cause du côté kitsch des effets. Cela dit, on passe un bon moment à rire du côté ridicule de certaines scènes et à contempler les formes de Mathilda May, qui n’est pas très rassurante en vampire.

International Shorts, des courts-métrages pas de chez nous

La séance «International Shorts» se compose de 7 courts-métrages, tous venus de différents pays. La première chose que j’ai pensé après le visionnement, c’est que le registre changeait radicalement par rapport aux courts-métrages suisses. Moins de sérieux, plus de fantaisies, plus d’idées.

Dive de Matthew Saville est celui que je trouve le plus abouti : une bataille intérieure d’un homme tiraillé entre une pulsion de mort et une pulsion de vie. Le sujet est effectivement triste mais la façon de le filmer est légère et tellement poétique !
https://vimeo.com/102569623

(Still in time) de Albert Pintò opte pour une comédie sur le voyage dans le temps. Le protagoniste va tout faire pour sauver sa copine et il va vite se rendre compte que l’on ne peut pas changer le court du temps. L’histoire est maîtrisée, c’est drôle et bien joué.

de Jonas Trukanas joue aussi la carte de la comédie mais prend comme cadre un appartement hanté. L’humour fonctionne, toutefois on ne sait plus trop sur quel pied danser car on verse vers l’horreur pur et dur à certains moments. La chute est intéressante.

de Lars Klevberg nous parle aussi de hantise mais ici, c’est un appareil photo qui est hanté. Deux amies vont devoir faire face à une entité qui apparaît seulement sur les photos prises au moyen d’un vieux polaroid. Rien de bien nouveau dans ce court-métrage d’horreur. L’ensemble est bien fait mais aucune réelle surprise.
https://youtu.be/2i835yEFMl0

de Marc-Henri Boulier est dans un genre différent car il se rapproche de la science-fiction. Nous sommes dans un futur proche et une entreprise vend des femmes robotiques nommées Juliet. Cette dystopie sur les futures déviances de notre société utilise l’humour, et c’est tout à son honneur. La ressemblance de l’entreprise en question avec Apple est tout à fait justifiée.

Triptyque de Camille Mikolajczak pouvait avoir l’air intéressant sur le papier mais à l’image, c’est devenu un court-métrage prétentieux et peu nécessaire (en ce qui me concerne). L’histoire est racontée au moyen de trois images collées côte à côte où l’action du film se passe (si tant est qu’il y ait de l’action). Alors certes, c’est joli et risqué comme tentative, mais pour tout vous dire ça n’apporte pas grand-chose. De plus, lorsque le court-métrage s’est terminé, personne n’a applaudi parce qu’on pensait que ce n’était pas encore fini…
Finissons avec un huitième court-métrage plus sympathique qui se nomme Dead Hearts de Stephen W. Martin. Nous suivons un croque-mort et son histoire d’amour avec une fille taxidermiste. Le réalisateur, par son humour noir, s’inspire de plusieurs séries maîtresses, telles que Six Feet Under ou encore Pushing Daisies. Le résultat est mignon et touchant sans être hallucinant.

, les robots ça ne sert pas qu’à mixer les fruits et les légumes

Nous arrivons au dernier film, mais pas des moindres, que j’ai eu la chance de voir. Robot Overlords de Jon Wright (4/5) («films of the third kind») est un teen movie où des adolescents vont se rebeller contre des robots extraterrestres qui gouvernent le monde. Le réalisateur de Grabbers nous livre un film de science-fiction drôle où pour changer, les adolescents ne sont pas stupides. Les personnages sont vraiment attachants et intelligents. Enfin des adolescents qui ne passent pas leur temps à picoler et à écouter des musiques qui feraient se retourner Freddie Mercury dans sa tombe ! Le film nous parle de la jeunesse de manière plus encourageante que Bridgend. Du côté du casting, les jeunes acteurs passent bien à l’écran. Chez les adultes, nous retrouvons dans le rôle d’un collaborateur (il complote avec les robots) et en mère dépassée par les événements.
https://youtu.be/ohOWfjYcafw

Le NIFFF c’est fini, snifff

Le NIFFF s’est terminé le 11 juillet dernier et a été riche en films, tous plus fous les uns que les autres. Les spectateurs ont été nombreux et nous attendrons donc avec impatience sa nouvelle édition ! Maintenant, il est temps de quitter Neuchâtel et de retourner sur la plage, ou plutôt dans une salle de cinéma climatisée.

NIFFF 2015 FFFIN

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