L’Ange bleu

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L'Ange bleu de Josef von Sternberg avec Marlène Dietrich

L'affiche de L'Ange bleu de Josef von Sternberg avec Emil JanningsL’Ange bleu

Allemagne : 1929
Titre original : Der Blaue Engel
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Distribution : Universum Film A.G.
Durée : 1h46
Genre : Drame
Date de sortie : Inconnue

Globale : [rating:4.5][five-star-rating]

Écrire sur L’ange bleu aujourd’hui est presque une gageure et en tout cas assez vain tant cela a déjà fait depuis maintenant plus de 80 ans. Il ne faut guère prétendre pouvoir être original ou simplement novateur bien évidemment.

Synopsis : Un professeur très autoritaire sombre dans la déchéance en succombant a la passion dévastatrice qu’il éprouve pour une chanteuse de cabaret…

L'Ange bleu de Josef von Sternberg  avec Marlène Dietrich

Cependant je viens de revoir ce film, presque par hasard, et je dois dire qu’à l’instar de lui aussi récemment re-visionné et commenté (lire la critique), mon sentiment a évolué, mais là, par contre, positivement.

Je n’avais jusqu’à présent regardé ce film qu’avec une bonne distance, le jeu d’Emil Jannings que je trouvais trop « acteur du muet », les restes de l’expressionnisme allemand qui marquent certaines scènes, l’histoire de ce professeur rigide et moraliste qui perd la tête pour une chanteuse de cabaret aux antipodes de ce qu’il représente, une Marlène Dietrich quelque peu replète et encore éloignée de la fascination qu’elle exerça ensuite ne m’en faisaient pas mon film préféré ni de cette époque, ni de Sternberg, ni de Marlène…

Mais cette fois j’ai porté un tout autre regard sur le film et j’y suis entré différemment.

L’excellente copie présentée sur Ciné Classic a rendu toute sa qualité à l’image de Sternberg, richesse du noir et blanc, profondeur des plans, éclairage, si fondamental pour lui, des acteurs. Emil Jannings est effectivement le fantastique comédien que nous rapporte les historiens du cinéma. Son personnage du professeur Immanuel Rat, figé dans le moralisme de la bourgeoisie prussienne est finalement d’un totale humanité quand il fond littéralement devant la provocante Lola-Lola et quand son esprit vacille définitivement devant l’infidélité de celle-ci et l’humiliation de sa propre exhibition en clown souffre-douleur devant le public de sa ville natale. Le chant de coq qu’il hurle alors est d’une telle douleur, d’une telle vérité qu’il glace encore le sang aujourd’hui.

Photos de L'Ange bleu de Josef von Sternberg avec Emil Jannings

Marlène n’est finalement pas non plus le personnage stéréotypée de femme fatale. Elle ne cherche pas à détruire, elle est simplement comme elle le chante « faite pour aimer ». Elle est probablement touchée par la sollicitude de Rat qui la « défend » chevaleresquement, d’un client trop entreprenant, touchée qu’il l’épouse. Elle le protège même parfois, un peu maternante  de la violence verbale du directeur de la troupe. Mais voilà elle est faite pour aimer et se fera dure quand Rat fait obstacle à son plaisir. C’est peu de dire que Sternberg a fait la part belle au personnage de Lola-Lola. A l’origine il ne devait être que secondaire mais le public et les producteurs américains ne s’y sont pas trompés, à la colère de Jannings d’ailleurs pour qui Marlène lui avait « volé » son film. Film, qui pour les années 30, ne lésine pas sur la puissance charnelle de son actrice dont les jambes et les cuisses semblent constituer le point central et dont elle use avec une certaine impudeur. Film enfin indissociable des chansons de Friedrich Hollaender interprétées par Marlène jusqu’à la fin de carrière sur scène au milieu des années 70.

Marlène Dietrich n’est pas encore la star créée et magnifiée de ses prochains rôles. Mais, même si elle avait tourné, et parfois en 1er plan, de nombreux films muets, c’est ici les débuts de son intense collaboration avec Sternberg ( 7 films jusqu’en 1935) et les débuts de son mythe. Stenberg, véritable pygmalion, lui a offert son génie des éclairages mais c’est dans le film suivant, Morocco, toujours de Sternberg, que Marlène apparut pour l’éternité, considérablement amincie, éclairée avec encore plus magie, empreinte à jamais d’un mystère impénétrable.

Résumé

L’ange bleu est un film qui faillit ne pas voir le jour. L’UFA voulait sortir son 1er film parlant pour concurrencer ouvertement les États-Unis et Emil Jannings qui devait être au coeur du projet tenait à jouer Raspoutine sous la direction d’Ernst Lubitsch avec une toute autre actrice que Dietrich (Lucie Mannheim notamment) ……. 80 ans plus tard, L’Ange bleu reste dans tous les esprits, cinéphiles ou non comme une film de légende. A quoi tient l’histoire du 7ème art …..

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Sv4_kJq5TFE[/youtube]

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