La Balade sauvage

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La Balade sauvage

La Balade sauvageLa Balade sauvage

USA : 1974
Titre original : Badlands
Réalisateur : Terrence Malick
Scénario : Terrence Malick
Acteurs : Martin Sheen, Sissy Spacek, Warren Oates
Distribution : Solaris Distribution
Durée : 1h35
Genre : Drame, Romance
Date de sortie : 4 Juin 1975

Réalisation : [rating:4.5]
Scénario :      [rating:3.0]
Acteurs :        [rating:4.5]
Musique :      [rating:4.5]
Globale :        [rating:4.5]
[five-star-rating]

Récent vainqueur de la Palme d’Or au Festival de Cannes 2011, avec le génial mais contesté The Tree Of Life, Terrence Malick s’est quelques peu dévoilé au monde entier malgré lui, lui qui cultive depuis désormais 40 ans une discrétion s’exprimant par une présence fantomatique dans les médias. En 1975, La Balade sauvage son premier film marquait les débuts de ce très grand cinéaste aussi atypique que légendaire.

Synopsis : Inspirée par l'histoire authentique de Charlie Stark-Weather, jeune délinquant des années cinquante, évocation de la folle équipée de deux jeunes amants auxquels on refuse le droit de s'aimer. Ils laissent sur leur passage de nombreux cadavres dont le père de la jeune fille, qui refusait que celle-ci fréquente un éboueur.

La Balade sauvageMalick comme l’a été Kubrick est un réalisateur à part entière, un génie du 7ème art, un artiste hors du commun qui, à l’aide d’une imagerie forte arrive toujours à conférer une puissance divine et émotionnelle rare aux histoires qu’il conte. La balade sauvage ne fait pas exception à ce principe-là. Bien qu’étant son premier film, les débuts du cinéma Malickien ouvrent la voie à une filmographie qui depuis ce film jusqu’au récent vainqueur à Cannes ne cessera de suivre une logique filmique et sensorielle dont ressortent clairement des thèmes de prédilection, dotés pour la plupart d’un fort accent autobiographique.

Ce film induira ainsi pour la première fois la complexité des rapports paternels, la nature comme terre sacrée (comme dans tous ses films), la religion (également) et les errances amoureuses (Days Of Heaven, The New World) le tout porté par une voix-off qui est devenue depuis sa marque de fabrique en quelque sorte. L’histoire est reprise d’un fait de société des années 50. Une balade meurtrière de La Balade sauvagedeux jeunes américains du Middle West, Charles Starkweather (19 ans) et Caril Ann Fugate (14 ans) qui tuèrent 11 personnes. Ce funeste Road-Trip tend à illustrer avec ici dans les rôles principaux Martin Sheen et Sissy Spacek, une époque de transition, une époque où l’on recherche des icônes, où l’on tend à exister et dans laquelle il faut se battre pour aimer.

Je ne vais pas de manière très didactique relever les points forts ou autres hypothétiques et ici inexistants points faibles du film, seulement retenez une chose, La balade sauvage est un chef d’œuvre. Un film caractéristique, à l’atmosphère douce et gracieuse, aussi charmant que surprenant. Il marque dans l’histoire du cinéma l’apparition du Road-Trip à tendance meurtrière comme il en sera également le cas l’année de sortie de ce dernier avec Sugarland Express de Spielberg et Nous sommes tous des voleurs de Robert Altman. Plus récemment Thelma et Louise dont on vient de fêter les 30 ans, illustre parfaitement cette thématique.

Martin Sheen dont ce film marquera son premier grand rôle au cinéma interprète un ersatz de James Dean, désarmant, charismatique à souhait et doté d’une classe folle. Se couple pourtant à cela un regard désespéré sur le monde où la seule alternative pour vivre comme il l’entend, heureux et libre, est de tuer. Sissy Spacek à l’image de Jessica Chastain est d’un charme éblouissant en teenager des sixties, incroyablement mature pour son âge mais habitée par une désinvolture qui en surprendrait plus d’un.

La Balade sauvage

Tout le film, Malick mêle habilement instants de pur beauté esthétique avec une photographie à couper le souffle qu’il transcendera comme toujours par un choix musical parfait (3 morceaux en forme de poire d’Erik Satie notamment), envoûtant et gravant à jamais certains passages du film dans nos mémoires. Les connotations divines et religieuses sont elles également plus subtiles que dans The Tree Of Life (Kit et Holly se construisant leur Eden, personnification d’Adam et Eve, le fruit défendu).

Il faut ainsi retenir que La balade sauvage est un must-see absolu, un fantastique film à l’esthétique qui, encore aujourd’hui, à l’ère du tout numérique, reste exceptionnel, plongé dans l’ambiance très typique d’une Amérique profonde, de terres sauvages où les errements de ce couple maudit font écho aux questionnements d’une époque.

Résumé :

Terrence Malick. Voilà la principale raison de voir ce film. Pour tous ceux qui ont été déçus par The Tree Of Life, commencez par celui-ci et retracez sa filmographie, cela permettra notamment de comprendre la logique qui l’habite depuis désormais plus de quatre décennies. (A noter le caméo de Terrence Malick !)

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QMAzWYrXI1A[/youtube]

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