Dossiers — 24 mai 2013
Je les connais bien, je leur ai serré la main #3

Pour cette troisième semaine, notre chroniqueur festivalier nous parle de sa rencontre avec le réalisateur Président du jury de ce Cannes 2013: le grand .

 

En 1998, je ne travaillais pas encore au festival du film américain de , mais presque. J’étais webdesigner pour une société caennaise, proche de donc, à une époque ou le mot « Internet » ne voulait pas dire grand chose pour le commun des mortels, mais suscitait sinon l’intérêt, au moins la curiosité, ce qui m’ouvrait quelques portes. Le festival de était encore (très) loin d’avoir son site Web, et nous avons, moi et quelques amis, proposé d’en faire un ; l’idée fut acceptée, et nous avons pu assister aux projections, soirées et conférences de presse armés de nos caméras et appareils photos, dûment badgés.

Et cette année-là, les invités furent prestigieux, puisque nous pûmes applaudir George Clooney, Peter Weir, Catherine Zeta-Jones, Michael Douglas, James Ivory, Steven Soderbergh… Mais le « gros morceau », celui que nous attendions tous, c’était l’avant-première de , en présence de Edward Burns, Tom Sizemore, et Steven Spielberg. Spielberg ! Pour tous ceux de ma génération, fans de E.T., de Jaws, de Close Encounters of the Third Kind ou d’Indiana Jones, Spielberg, c’était Dieu, le Graal ; enfin bref, nous étions pour le moins surexcités. La projection fut intense, dans cette grande salle remplie à craquer, avec pas mal de vétérans de la seconde guerre mondiale dans les rangs du bas, pas très loin de mon siège. Le silence qui a suivi la scène d’introduction, le carnage sur la plage (plage qui, dans les faits, ne se trouvait qu’à quelques mètres de l’endroit où nous étions assis), fut lourd et puissamment émotionnel.

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© David Rault

Septembre 2004 ; voilà déjà quatre ans que j’officie sur la scène de l’auditorium de Deauville. Cette année là, le premier week-end est marqué par la venue, une nouvelle fois, de Steven Spielberg, accompagné de Tom Hanks pour la présentation de son dernier film, The Terminal. Un film plus léger, un temps au beau fixe : Spielberg est détendu et cela se voit. Il ne quittera presque pas son tee-shirt bleu, son jean trop large et ses baskets, ni son sourire et sa gentillesse, qui ne sont absolument pas feints. Il est présent, disponible, agréable ; il se prête de bonne grâce aux photos-souvenirs avec les fans et signe tout ce qu’on lui tend sans rechigner. Un homme comme lui, qui n’a vraiment plus grand chose à prouver, qui a enchainé les blockbusters efficaces et les œuvres plus personnelles et plus sombres, qui a gagné la confiance et l’amitié de François Truffaut ou de Stanley Kubrick, qui continue de réaliser des films à un rythme effréné, une légende en marche du cinéma américain, qui continue de se balader en tee-shirt et d’être aussi sympathique avec monsieur tout le monde quand d’autres lèvent le menton entourés d’une armée de gardes du corps, eh bien, comment dire ? C’est rassurant.

J’aurai aimé avoir d’autres choses en stock, des anecdotes, des bruits de couloirs, des caprices. Mais non. Spielberg fait partie du club très restreint des stars qui ne font pas de vagues. Il est juste charmant. Lors de l’ouverture du festival de Cannes, cette année, il a reçu une longue ovation. Elle était largement méritée.

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David Rault

Cet article a été rédigé par David Rault, Chroniqueur de Critique Film. Twitter : @davidrault