53e Festival de Télévision de Monte-Carlo – 2e jour : Aden Young – Rectify

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est un ovni télévisuel. Aux antipodes d’un 24h chrono, elle envoûte par son rythme lent et la justesse de son écriture. Diffusée sur d’avril à mai 2013, la première saison très réussie se penchait sur la réhabilitation de Daniel Holden. Accusé d’avoir tué sa petite amie de l’époque, Daniel a passé 20 ans dans les couloirs de la mort à attendre son exécution. Libéré grâce un test ADN, son retour à la vie s’avère bien plus difficile qu’il ne se l’imaginait. Autour d’une table ronde placé sous le signe de la bonne humeur, qui joue le rôle de Daniel, nous parle (bien) de son personnage et de la difficulté de jouer un ancien condamné à mort.

La série est tellement différente de ce que l’on peut voir à la télévision, qu’avez-vous ressenti à la première lecture du script ?

est effectivement une série à part. La télévision est en train de changer pour le mieux avec la montée de Netflix* par exemple et je pense que c’est une époque propice aux nouveautés un peu différentes. Ray (McKinnon, le créateur de la série) aurait pu faire un film mais il voulait creuser les personnages et a choisi la télé. C’était donc très agréable de lire un scénario aussi détaillé, on aurait dit du Faulkner!

Rectify 2Est-ce que le scénario vous a plu immédiatement ?

Pas tout à fait ! Les scénarios de pilote sont particuliers. Leur but est de bien poser l’action, d’introduire les personnages et parfois ça peut être un piège parce qu’ils deviennent trop explicatifs. Pour , c’est vraiment le 2e épisode qui m’a convaincu.

En tant qu’acteur savez-vous si votre personnage a vraiment tué sa petite amie ?

Ça a été un grand débat philosophique qui a commencé par : « Est-il coupable ou innocent ?  » et qui s’est terminé par « Qu’est-ce qu’être coupable ou innocent ? » Beaucoup d’histoires aujourd’hui sont ou noires ou blanches et je trouve ça moins intéressant. La pure innocence n’existe pas tout comme l’entière culpabilité et entre les deux il y a une immense bataille humaine que je trouve fascinante. Bien plus que de savoir si Daniel est coupable ou non.

Comment vous êtes-vous préparé pour incarner Daniel ?

J’ai rencontré un ancien prisonnier qui est resté longtemps enfermé. Il avait une autre définition du temps, il parlait très lentement, en choisissant bien les mots qu’il employait. Il n’était pas nécessairement très intelligent mais quelque chose de brillant émanait de lui et j’ai voulu ce trait de caractère pour Daniel.

Vous avez lu des livres ?

Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour me préparer mais oui j’ai lu un peu ce qui se faisait sur la peine de mort et je me suis penché sur des sujets comme la santé mentale des prisonniers, le système judiciaire, l’acte en lui-même, l’aspect religieux…

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La série est paradoxale, on a l’impression que Daniel a moins de liberté maintenant qu’il est sorti de prison qu’à l’époque où il était enfermé.

Tout à fait, en prison il était dans un état de grâce notamment dans sa relation avec Kerwinn (son voisin de cellule joué par ). Mais tous les deux ressentaient cette liberté car ils savaient qu’ils allaient mourir. Avec ses proches, Daniel a dû retenir ses sentiments parce qu’il avait conscience que sa mort allait les faire souffrir. Et quand il sort il est perdu, il ne sait pas comment parler, comment se tenir, comment aimer, reconnaitre un danger.

Dans sa manière de bouger également.

Passé 20 ans dans une cellule microscopique laisse des traces et j’ai voulu travailler sur cet aspect, sur le pas très lent, l’immobilité qu’il a été obligé d’acquérir et qu’il a gardé.

* Pour en savoir plus sur Netflix : http://fr.wikipedia.org/wiki/Netflix

Cette excellente série est à découvrir en toute urgence , en voici la bande annonce :

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=SvACn9-3Evg[/youtube]

 

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