FEFFS 2015 : Jour 3 (suite) : Phantom Boy, The Bunker, Cop Car

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feffs 2015 programme

Après vous avoir livré quelques paroles de à retrouver ici, retour aux inédits du FEFFS 2015 avec un grand moment du cinéma d’animation contemporain, des duettistes et (4,5/5) à qui l’on doit déjà le très réussi Une Vie de chat, nommé à l’oscar du film d’animation en 2012. Ils reviennent avec ce croisement entre le film noir et le cinéma fantastique dont l’action se passe à New-York où une aventure aussi incroyable semble déjà plus crédible qu’à Paris même. Ou Strasbourg pour rester dans le ton, même si Joe Dante précisa dans sa master class que la ville lui rappelle les plateaux de tournage (back lot) de la Californie. Alex, policier courageux aux instincts fiables, tente d’arrêter un criminel déterminé à faire le mal. Blessé, il se retrouve immobilisé à l’hôpital mais bénéficiera pour son enquête de l’aide inattendue de Léo, patient de onze ans, qui, tel un fantôme, passe à travers les murs à l’insu de tous. Le méchant au visage de tableau de Picasso, doublé avec un fiel jubilatoire par Jean-Pierre Marielle, est étrangement inquiétant pour un film destiné, au moins en partie, aux plus jeunes même si les deux pieds nickelés qui lui servent de sous-fifres et un chien caractériel atténuent la dimension démoniaque de cette figure du crime évoquant les méchants les plus déments du cinéma policier des années 30 mais aussi le Joker dans ses pires incarnations. Le scénario joue avec les clichés du genre, situations et personnages, et pourtant ne cesse de surprendre, avec un suspense audacieux autour de la mort d’un enfant malade. Le graphisme, superbe, évoque notamment les serials animés de Superman.

Autre joli morceau de bravoure, de (4/5) est une comédie burlesque inattendue. Pour pouvoir travailler au calme, un jeune étudiant (, seul bon élément l’an dernier de dans le rôle titre) a répondu à une petite annonce d’hébergement dans un coin reculé enneigé… dans un bunker. Le film est allemand et pourtant pas de nazis mais des hôtes tout de même très particuliers ( et , pas vraiment rassurants) à l’accueil déroutant et dont chaque parole est marquée du sceau du n’importe quoi et de l’hostilité décalée. Gêné dans sa tentative de finaliser ses recherches qui semblent de la plus haute importance, il se retrouve précepteur de Klaus, huit ans, joué par un acteur adulte au physique étrange accentué par la mise en scène en angles larges et gros plans lui donnant une grosse tête peu amène. Pour satisfaire l’ambition de papa-maman de devenir président des Etats-Unis (!!!), une première étape indispensable, connaître toutes les capitales du monde et l’étudiant sans nom aura à cœur de batailler avec les capacités réduites d’apprentissage de son élève bien médiocre avec des méthodes d’éducation très particulières. Dès son prologue, cet univers dégénéré est cadré autant dans son écriture précise que dans son esthétique. L’humour peut venir des dialogues, de la disposition d’un objet dans le champ ou par la grâce de plans travaillés avec la même rigueur comique ou troublante que chez Wes Anderson, Guy Maddin, Aki Kaurismaki ou Alex van Warmerdam, dans Abel en particulier avec le même côté homme-enfant chez Klaus à la coiffure au bol de couleur blonde, quelque part entre Angela Merkel voire E.T. dans une scène d’anniversaire où nous revient en mémoire la créature de Spielberg déguisée par Drew Barrymore. Une belle découverte !

Pendant ce temps-là à Vera Cruz… David Huriot voit aussi des films de Strasbourg…

de (2015, USA) (3,5/5)

Premier long-métrage de Jon Watts, produit et mettant en scène , cette histoire de deux gamins d’une dizaine d’années en fugue et dérobant la voiture de police du shérif local est un très chouette premier film. Porté par l’interprétation tout simplement magique des deux véritables protagonistes principaux, constituant l’attraction principale et le principal argument de vision du métrage, Cop Car ne réinvente certes pas la roue du cinéma indé US, mais propose une histoire simple, mise en scène avec classe sans être novatrice et assez joliment éclairée.

Certes, l’on voit très clairement où veut en venir le réalisateur thématiquement parlant (l’innocence et l’enfance confrontés à la folie du monde, ne faisant plus la différence entre bien et mal) et le récit aurait gagné à être plus développé dans ses personnages et moins prévisible, sans parler d’un final abrupt bien que véritablement poignant. Sans compter que Jon Watts a parfois du mal à s’affranchir de ses influences mais l’histoire sait rester captivante, et proposer même des scènes au suspense tendu, telle un long mano a mano rythmé au son lancinant d’une éolienne nous remémorant l’ouverture mythique de Il était une fois dans l’ouest. Malgré ces quelques imperfections qui empêchent de complètement adhérer au long-métrage, voilà une première œuvre sincère, maîtrisée dans sa réalisation et soutenue par la présence de ces deux jeunes acteurs, personnages innocents que n’aurait pas renié un Mark Twain.

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