Critique : Fastlife

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France : 2013
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : , Mohamed Issolah
Acteurs : , ,
Distribution : EuropaCorp
Durée : 1h31
Genre : Comédie
Date de sortie : 16 juillet 2014

Note : 2,5/5

Synopsis : Sept ans après avoir remporté par accident une médaille d’argent aux cent mètres des Jeux Olympiques, Franklin Ebagé n’est plus que l’ombre de ce qu’il était. Égoïste, immature et insensible, il refuse d’admettre qu’il ne peut plus courir et revit sa gloire passée sans le moindre égard pour ses proches.

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Un enfant de dix ans piégé dans le corps d’un adulte de 34 ans

Ebajé, Franklin de son prénom, est un sportif imbu de lui-même qui se croit capable de remporter une nouvelle victoire malgré une mauvaise hygiène de vie et une attitude de mauvais perdant. Il et malhonnête avec tous, lui-même y compris, comme un enfant de dix ans piégé dans le corps d’un adulte de 34 ans qui serait incapable de reconnaître avoir pris la confiture, même la main piégée dans le bocal. Il n’a pas conscience d’adopter un mauvais comportement et possède une forme d’innocence, ce qui ne l’empêche pas de mentir pour se sauver de situations compromettantes.

Il est incapable d’écouter ses proches plus rationnels comme son épouse jouée par sa compagne dans la vie , plus habituée aux films d’auteurs lourds de drames. D’ailleurs elle ne joue pas comme si elle était dans une ‘comédie’ mais avec le sérieux qu’implique son personnage, comme le fait d’ailleurs en agent bien embêté par ce client dont il n’arrive pas à se détacher malgré les problèmes qu’il lui cause, un peu à la manière du docteur Kad Merad avec le patient Danyboon dans Supercondriaque. Tous deux sont excellents et campent leur rôles avec retenue. Ils ne sont pas drôles mais ce n’est pas leur fonction et ce registre leur permet d’accentuer la faiblesse de caractère de leur ami Franklin. C’est dans cette combinaison entre sérieux et humour que Ngijol affirme une personnalité distincte dans le paysage comique français.

 

Karole Rocher et Thomas Ngijol
et

encore médiocre

Révélé par le Jamel Comedy Club, a déjà co-réalisé Case départ avec Fabrice Eboué et Lionel Steketee qui l’ont ensuite dirigé dans Le Crocodile du Botswanga où il était le dictateur Bobo amateur de crocodiles. Il est également le scénariste de ces films et confirme avec ce nouveau long-métrage son attirance pour les rôles de loser pathétiques qui ignorent leur propre degré de médiocrité, racistes, bêtes, incultes et fiers de l’être, misogynes et/ou égocentriques. Il s’offre ainsi des personnages de comédie savoureux mais guère valorisants.

Néanmoins, malgré sa volonté d’imposer un univers personnel, ce divertissement sympathique manque de péripéties et de rigueur dans l’écriture. C’est dommage car sait donner vie à des personnages humains et ne les traite pas seulement comme des caricatures, et surtout ne s’épargne jamais. Il crée des scènes et des décors potentiellement cultes, comme le salon du mécène producteur de poulets mais le personnage d’, capable d’affirmer que ‘si t’aimes booba, t’aimes dick rivers’, est mal exploité. Lors du retour au Cameroun de Franklin, il s’avère même émouvant, ce qu’il retournera dans un final malin qui souligne que est bien l’histoire d’un anti success story absolu. En bref, on n’est pas dans Rocky 2 ici, ma bonne dame !

Thomas Ngijol et Julien Boisselier
et

Résumé

Si confirme la place un peu à part que tente d’imposer dans la comédie française, l’acteur-scénariste-réalisateur manque encore un peu de rigueur dans l’écriture pour être au niveau des grands auteurs du genre. Il en a manifestement la noble ambition, mais pêche encore à maintenir le rythme tout au long de la projection. Sympathique, très sympathique même, mais peut mieux faire, on ne peut que l’espérer..

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