Exclusivité VOD : Warning – Do not play

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Warning – Do not play
Corée du Sud : 2019
Titre original : Amjeon
Réalisation :
Scénario : Kim Jin-won
Acteurs : , ,
Éditeur : Wild Side Vidéo
Durée : 1h23
Genre : Horreur
Date de sortie VOD : 6 mai 2020

Note : 3/5

Synopsis : Mi-jung, réalisatrice de film d’horreur en devenir, est à la recherche du sujet de son premier film. Quand son ami Jun-seo lui apprend l’existence supposée d’un mystérieux film tourné par un fantôme, elle est immédiatement fascinée. Plongée dans ses recherches, elle commence à écrire son scénario, qui met en scène une réalisatrice sur les traces d’un étrange film secret réalisé par un fantôme, mais, au fil de son enquête, les phénomènes étranges autour d’elle se multiplient… Bientôt, la frontière entre son film et sa vie réelle commence à s’estomper…

Warning : Do not play a été présenté au public français à l’occasion de l’édition 2020 du Festival international du film fantastique de Gérardmer. Il a été réalisé par Kim Jin-won, que l’on avait découvert en 2007 grâce à un torture-porn particulièrement complaisant – pragmatiquement intitulé The butcher. Kim Jin-won s’était par la suite évanoui dans la nature. Si l’on sait que son premier film avait été interdit de diffusion dans son pays d’origine (la Corée du Sud), il est en revanche impossible de notre côté de l’hémisphère d’en apprendre d’avantage sur ce qu’a fait le cinéaste pour subsister pendant les douze années qui séparent son premier et son deuxième long-métrage. Difficile également de trouver des points communs entre le film de 2007, qui tirait ses influences du côté des États-Unis, et plus particulièrement du côté de Hostel (Eli Roth, 2005), et celui qui nous intéresse aujourd’hui.

Les influences derrière Warning : Do not play sont en effet pour le coup essentiellement asiatiques, avec en son centre une figure de fantôme assez typique de la représentation classique qu’en fait le cinéma japonais. Le film mettra donc en scène une apparition spectrale que l’on devine être une femme, avec de longs cheveux bruns. Cette dernière affiche une façon pour le moins saccadée de se déplacer, et influe de façon étrange sur son environnement immédiat – principalement sur les éclairages qui l’entourent. Rien de très neuf côté formel donc, même si le film de Kim Jin-won a quand même de belles qualités, notamment photographiques (le film baigne littéralement dans les éclairages rouge du meilleur effet). Le film nous réserve également une jolie poignée de séquences visuellement intéressantes, et fait preuve d’un habile sens du timing et du (dé)cadrage. Les spectateurs parmi les plus impressionnables d’entre nous risquent même bien de le trouver flippant et/ou foutrement efficace.

Du côté du scénario, on navigue également en terre connue, avec une histoire de « film maudit » convoité par une jeune scénariste cherchant le sujet idéal pour son premier film d’horreur. Une intrigue rappelant celle de La fin absolue du monde, l’épisode de la série Masters of horror réalisé par John Carpenter. Le tout est également saupoudré d’éléments rappelant la saga Ring, tout en prenant place dans le petit monde des aspirants cinéastes fascinés par le film de genre… Avec à la clé une amusante discussion sur le cinéma de Nolan lors de la présentation des personnages. Le fait que l’envers du décor du monde du cinéma soit une part importante du film nous fait également penser qu’il y a de fortes probabilités pour que le succès-monstre – doublé de l’époustouflante réussite artistique – du film Ne coupez pas ! se soit propagé au-delà des simples frontières japonaises, et ait donné des idées aux cinéastes (et aux producteurs) chez leurs proches voisins de Corée du Sud.

Bref, Warning : Do not play est un film sous influences diverses, possédant tout à la fois ses défauts et ses qualités. Ambiance, photo et réalisation sont plutôt à ranger du côté des aspects les plus réussis du film. Les éclairages rouge vif qui baignent les séquences les plus éprouvantes du film rappellent par exemple l’Art du baroque développé par le maître italien Dario Argento. Du côté des éléments un peu moins maîtrisés par Kim Jin-won, on a le scénario, qui semble plus embarrassé qu’autre chose avec ses différents niveaux de lecture et ses mises en abyme qui s’empilent pour ne mener à rien. L’ensemble est souvent confus, d’autant que la narration, assez mal organisée, multiplie les ellipses, passant sans transition d’un lieu à un autre ou d’un temps à un autre sans que cela paraisse jamais réellement logique. Même le flash-back central, qui en apprend d’avantage au spectateur sur le passé de l’héroïne et devrait nous permettre de faire preuve de d’avantage d’empathie à son égard, est globalement foiré dans les grandes largeurs, et ne débouchera finalement sur pas grand chose.

Pour autant, Warning : Do not play s’avère un bon petit film d’horreur du samedi soir – à réserver en priorité aux amateurs de frissons venus d’Asie. Il s’agit en effet d’une série B efficace, sous perfusion de tout un tas d’autres, mais qui parviendra à tirer son épingle du jeu grâce au soin apporté à sa mise en scène et à sa photographie, tous deux très soignés et remarquables.

Attention : Suite aux mesures de confinement liées à la crise sanitaire du COVID-19, Wild Side Vidéo a dû s’adapter et reporter la sortie Blu-ray / DVD de Warning : Do not play, initialement prévue le 6 mai, à une date ultérieure. Pour le moment, le film de Kim Jin-won sera donc uniquement disponible en VOD et téléchargement définitif. Vous pourrez retrouver Warning : Do not play en VOD à l’acte et en téléchargement définitif sur la majorité des plateformes de Vidéo à la demande : MyTF1, Orange, FilmoTV, Google Play, iTunes, CanalVOD

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