Interview News — 25 novembre 2015
Entretien avec Robert Alonzo, coordinateur cascades de À la poursuite de demain 2/2

Deuxième et dernière partie de l’ avec le coordinateur de cascades , réalisé en octobre 2015 par téléphone à l’occasion de la sortie en DVD et bluray du film  de .

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Critique-Film : Comment s’est déroulée votre collaboration avec Brad Bird sur A la Poursuite de Demain ?

Robert Alonzo : C’est vraiment un mec génial ! J’ai un énorme respect pour le travail qu’il a accompli, et pour le travail de toute son équipe. Travailler avec eux a été un énorme plaisir et un grand honneur. Le projet de départ m’a tout de suite plu. Il m’a montré ce qu’il attendait de moi avec ses mots, sa vision des choses. Tout s’est ensuite déroulé à merveille parce qu’il a été clair et méticuleux. Brad m’a indiqué qu’il souhaitait atteindre certaines limites qui n’avaient jamais été atteintes auparavant. C’est vrai que l’histoire m’a tout de suite emballée. Cela a donc été facile pour moi d’adhérer à ce magnifique projet. Ce fut un challenge pour moi que de travailler pour un film comme celui-là, aussi futuriste et original. Brad, au final, était très content de notre entente et de notre coopération. Cela s’est ressenti. Que voulez-vous de plus ? (rires).

Critique-Film : La jeune , qui interprète Athena est vraiment étincelante, et notamment dans les spectaculaires scènes de combat. Est-ce que cela fut compliqué pour vous de mettre en scène une enfant ?

Robert Alonzo : Je vais vous répondre sincèrement. Non. Pour moi, d’une manière très simple, c’est beaucoup plus compliqué d’enseigner certains mouvements à des adultes qu’à des enfants (rires). Avant, j’enseignais beaucoup à des enfants. Je n’ai donc aucune appréhension à le faire. Ils sont plus casse-cous quand il est question d’action. J’aime aussi leur façon de réagir, de faire face aux dangers. Les grands devraient parfois prendre davantage exemple sur eux. Mais, c’est vrai que tout est relatif. Quand on a affaire à des enfants, quand on travaille avec eux, vous voyez, on se dit qu’il faut prendre bien soin d’eux car ils sont bien évidemment plus fragiles. On a toujours besoin de leur demander s’ils vont bien, si tout est « ok » pour eux. On leur demande souvent au beau milieu de certaines scènes : « dis-nous si tu es fatigué » ou bien « as-tu besoin de faire une pause pour boire un coup ? ». Et spécialement une petite fille comme Raffey. Elle paraît si menue, si fragile. Mais en fait, elle avait une énorme motivation. Elle ne voulait pas s’arrêter de travailler. Cette petite anglaise est vraiment une dure à cuire (rires). Toujours prête à y aller. On sentait sa détermination, sa passion pour ce qu’elle fait, et ça, ça été réellement appréciable pour moi. Je me rappelle que je lui ai demandé s’il fallait qu’on remette au lendemain une séquence de combat vraiment fatigante, elle m’a répondu qu’elle voulait absolument continuer pour être prête, et ce, avec un grand sourire. Avec le recul, et après le visionnage du film, je me dis qu’elle a été vraiment extraordinaire et pro, pour son âge.

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Critique-Film : Je suis obligé de vous demander : qu’est-ce qui fut le plus compliqué ? Raffey Cassidy ou Mister  ?

Robert Alonzo : (rires) George est un pro, et travailler avec lui a été très très facile, parce que tout simplement, c’est un grand acteur. Je crois qu’à quelque part, il m’a autant appris que je lui ai appris durant le tournage car c’est un type vraiment extraordinaire, appliqué et qui sait s’adapter aux situations. Il travaille tout le temps avec le sourire, c’est impressionnant. On s’est beaucoup amusé ensemble, et je pense qu’il a pris énormément de plaisir avec moi dans nos séquences d’entraînement. Des moments de complicité, on en a eu beaucoup, dans l’effort ou en dehors-même des prises de vue. J’en garde un excellent souvenir de notre collaboration. Comme je vous l’ai dit avant, quand on a la volonté, quand on travaille avec détermination, on y arrive, et c’est pour cela que George est un vrai pro. Alors rajoutons un peu de folie, ce n’est que du plaisir. Dans le cas de Raffey, ce n’était pas plus compliqué. Tout le monde est différent. C’est normal. Mais, Raffey a été extraordinaire car on a senti qu’elle voulait se surpasser. Malgré son jeune âge, on sent qu’elle sait où elle va. On sent qu’elle veut gagner en expérience pour devenir une star.

Critique-Film : Dernière question monsieur Alonzo… pouvez-vous dire à ce jour, avec tout ce que vous avez apporté au cinéma, tout ce que vous apportez au cinéma, et tout ce que vous allez apporter au cinéma, que vous êtes un « rêveur » ? (référence au film)

Robert Alonzo : Absolument. Vous savez, quand vous faites ce que vous aimez, que vous avez travaillé toute votre vie pour être ce que vous êtes devenus, il est important de croire en vos rêves. Le film fait référence aux « rêveurs », chacun a sa perception du film, chacun a sa perception des choses dans la vie. Et ce film montre parfaitement que tout peut changer. Qu’on peut tout faire changer. Tous les films racontent une histoire, tous les films dans lesquels j’ai pu travailler m’ont tous appris quelque chose, m’ont tous délivré un message d’espoir. Comme une fin de film heureuse. D’ailleurs, on devrait voir les films avec des yeux d’enfant comme on devrait voir notre monde. C’est un peu comme ça que je vois les choses aujourd’hui, et certainement demain aussi. C’est ce qui fait que je suis un homme heureux.

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Critique-Film : J’ai une toute dernière question bonus, et ce n’est pas moi qui vous la pose, Robert, mais mon fils de 4 ans à qui j’ai expliqué que j’allais parler à un Monsieur qui a travaillé avec les . Si vous deviez vous battre avec Hulk ou Thor ou Iron-Man, qui gagne ?

Robert Alonzo : (rires) Oh ! Je pense que vous pourrez probablement lui dire que tout le monde peut gagner (rires)… Dites-lui tout de même que je ne suis pas un super-héros ! (rires)

Entretien avec Robert Alonzo partie 1/2

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Julien Chabrier

Cet article a été rédigé par Julien Chabrier, Rédacteur de Critique Film.