Décès du réalisateur Michael Anderson

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Le réalisateur anglais Michael Anderson est décédé le 25 avril à Vancouver d’une insuffisance cardiaque. Il était âgé de 98 ans. Un réalisateur chevronné de films de genres britanniques dans les années 1950, Anderson avait également pu s’imposer un temps à Hollywood, où il avait tourné entre autres Le Tour du monde en 80 jours et L’Âge de cristal.


Michael Anderson avait appris le métier de réalisateur, grâce à son expérience d’assistant-réalisateur sur une dizaine de films pendant les années ’40, dont respectivement deux aux côtés de Anthony Asquith (Radio libre et Quiet wedding), Harold French (Jeannie et Unpublished story), Peter Ustinov (School for secrets et Vice versa) et Terence Young (One Night with you et Les Ennemis amoureux). Au début de la décennie, il avait de même interprété un second rôle devant la caméra dans Ceux qui servent en mer de Noël Coward et David Lean. En 1949, Anderson mettait en scène son premier film en tant que réalisateur, quoique encore en tandem avec Peter Ustinov, Private Angelo, suivi peu de temps après, désormais en tant que seul responsable, par Sa dernière escale avec Robert Newton, Hell is sold out avec Mai Zetterling et Richard Attenborough, Night was our friend avec Elizabeth Sellars et Michael Gough, La Flèche empoisonnée avec Oskar Homolka et Le Scandaleux Mister Sterling avec George Cole. Ce sont cependant ses deux films britanniques marquants de cette période qui allaient le prédestiner à tenter sa chance à Hollywood : Les Briseurs de barrages avec Richard Todd et Michael Redgrave, l’un des films préférés de George Lucas qui en avait tiré des idées pour la bataille finale de La Guerre des étoiles, ainsi que la première adaptation au cinéma du chef-d’œuvre de la littérature d’anticipation de George Orwell 1984, avec Edmond O’Brien et Michael Redgrave.


En 1956, Michael Anderson allait donc participer activement à la grande opération de reconquête du public par les studios hollywoodiens, face à la concurrence grandissante de la télévision. Son épopée démesurée Le Tour du monde en 80 jours d’après Jules Verne n’était pas seulement menée par un trio prestigieux d’acteurs – David Niven, Cantinflas et Shirley MacLaine –, entouré à son tour par d’innombrables vedettes qui y faisaient des apparitions anecdotiques, de Marlene Dietrich à Fernandel, en passant par Buster Keaton, Peter Lorre et Frank Sinatra. Elle tirait surtout profit du format d’écran large, censé attirer les foules dans les salles de cinéma. Un pari commercial qui n’a pas forcément gardé son lustre pour la postérité, mais qui avait néanmoins gagné cinq Oscars, y compris ceux du Meilleur Film et du Meilleur scénario. En dépit de ce succès, Anderson était reparti au Royaume-Uni, où il signait alors des films de genre comme Commando sur le Yang Tsé et L’Homme à démasquer avec Richard Todd, ainsi que L’Épopée dans l’ombre avec James Cagney et Don Murray et Cargaison dangereuse avec Gary Cooper et Charlton Heston.


A partir des années ’60, Anderson allait alterner entre des productions américaines, telles que Les Jeunes loups avec Robert Wagner et Natalie Wood, La Lame nue avec Gary Cooper dans son dernier rôle et Deborah Kerr, Les Trois soldats de l’aventure avec Yul Brynner et Richard Widmark, La Mariée a du chien avec Tony Curtis et Christine Kaufmann, Les Souliers de Saint-Pierre avec Anthony Quinn et Laurence Olivier, L’Âge de cristal avec Michael York et Richard Jordan et Orca avec Richard Harris et Charlotte Rampling, et des films britanniques à gros budget, comme Opération Crossbow avec Sophia Loren et George Peppard, Le Secret du rapport Quiller avec George Segal et Alec Guinness, Jeanne Papesse du diable avec Liv Ullmann et Franco Nero, Coupable sans visage avec Michael York et Richard Attenborough et Dominique avec Cliff Robertson et Jean Simmons. Le réalisateur allait se tourner de plus en plus vers la télévision dès les années ’80, ne tournant plus pour le cinéma qu’à de rares occasions, comme par exemple Meurtre par téléphone avec Richard Chamberlain, La Boutique de l’orfèvre avec Burt Lancaster, Malin comme un singe avec Michael Ontkean et Pinocchio et Gepetto avec Martin Landau.


Michael Anderson a été nommé à l’Oscar du Meilleur réalisateur en 1957 pour Le Tour du monde en 80 jours. Le même film lui avait également valu une nomination aux Golden Globes et au prix de la Directors Guild. Anderson était le plus ancien réalisateur nommé aux Oscars dans la catégorie du Meilleur réalisateur. Cet honneur revient désormais au Français Claude Lelouch, nommé en 1966 pour Un homme et une femme.

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