Nécrologie News — 18 septembre 2017
Décès de l’acteur Harry Dean Stanton

L’acteur américain est décédé le 15 septembre à Los Angeles. Il était âgé de 91 ans. Dans près de deux-cents rôles au cinéma et à la télévision, Stanton était pendant soixante ans l’un des acteurs les plus fascinants et énigmatiques du grand comme du petit écran. Très rarement convié à jouer les protagonistes, par exemple dans Paris Texas de Wim Wenders, il a néanmoins su créer au fil du temps une filmographie exceptionnelle, notamment grâce à sa collaboration avec le réalisateur David Lynch.

Les premières années de la carrière de Harry Dean Stanton étaient surtout marquées par d’innombrables rôles dans les séries des années 1950 et ’60. A cette époque, il n’était encore que rarement sollicité par le cinéma, là encore dans des emplois anecdotiques dans des films tels que Le Fier rebelle et Les Aventuriers du fleuve de Michael Curtiz, L’Île de la violence de Leslie Stevens, L’Ouragan de la vengeance de Monte Hellman, de Phil Karlson et de Stuart Rosenberg. A partir des années ’70, il avait principalement travaillé pour le cinéma, entre autres dans De l’or pour les braves de Brian G. Hutton, et Cockfighter de Monte Hellman, Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah, Dillinger de John Milius, Zandy’s bride de Jan Troell, de Francis Ford Coppola – Oscar du Meilleur Film en 1975 –, Rancho Deluxe de Frank Perry, Adieu ma jolie de Dick Richards, de Arthur Penn et Le Récidiviste de Ulu Grosbard.

C’est dès la fin des années ’70 et des films comme Le Malin de John Huston, de Ridley Scott et de Mark Rydell, que les rôles de Harry Dean Stanton ne devenaient pas nécessairement plus importants, mais les projets auxquels il participait gagnaient néanmoins en prestige. Avant la consécration temporaire et en fin de compte plutôt passagère de Paris Texas de Wim Wenders – Palme d’or en 1984 –, il a ainsi travaillé pour Bertrand Tavernier (), Harold Becker (Flics-frac), Howard Zieff (La Bidasse), John Carpenter (New York 1997 et Christine), Francis Ford Coppola (Coup de cœur), Garry Marshall (Docteurs in love) et Alex Cox (). Curieusement, son rôle emblématique de Travis Henderson chez Wenders ne s’était pas traduit par un regain de popularité, puisque ses autres films jusqu’à la fin des années ’80 le voyaient retourner à ses seconds rôles solides, mais pas toujours extraordinaires dans L’Aube rouge de John Milius, de Robert Altman, Rose bonbon de Howard Deutch, Slam dance de Wayne Wang, Un Anglais à New York de Pat O’Connor, Mr. North de Danny Huston, La Dernière tentation du Christ de Martin Scorsese et La Quatrième guerre de John Frankenheimer.

C’est sa rencontre avec le réalisateur David Lynch pour Sailor & Lula – Palme d’or en 1990 –, qui allait donner un nouveau souffle à la carrière de Harry Dean Stanton. Jusqu’à leur dernière collaboration pour la nouvelle saison de « Twin Peaks » diffusée cette année, ils allaient faire équipe pour Twin Peaks Les 7 derniers jours de Laura Palmer, Une histoire vraie et Inland Empire. En plus de cette complicité artistique avec Lynch, l’acteur n’a jamais été loin des écrans de cinéma, où on a pu le voir entre autres dans Man trouble de Bob Rafelson, Excès de confiance de Peter Hall, Touche pas à mon périscope de David S. Ward, She’s so lovely et Alpha dog de Nick Cassavetes, Menace toxique de Felix Enrique Alcala, Les Puissants de Peter Chelsom, de Terry Gilliam, de Frank Darabont, The Man who cried de Sally Potter, The Pledge de Sean Penn, La Grande arnaque de George Armitage, Rango de Gore Verbinski, This must be the place de Paolo Sorrentino, Avengers de Joss Whedon, 7 psychopathes de Martin McDonagh, ainsi que Lucky de John Carroll Lynch, qui devrait sortir en France au mois de décembre.

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles

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