News — 03 septembre 2019
De retour en salles au mois de septembre 2019
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Alors que la rentrée cinématographique est traditionnellement truffée de nouveaux films prestigieux, soit plébiscités à Cannes, soit en route pour les Oscars, le programme des reprises en salles n’est pas non plus honteux en ce mois de septembre 2019. Il n’y a certes qu’une quinzaine de films qui auront une deuxième, troisième, voire énième chance de rencontrer leur public, dont deux inédits signés Kelly Reichardt et Armand Gatti. Mais cette sélection mensuelle remplit amplement la vocation de toute ressortie qui se respecte : faire découvrir des raretés ou bien célébrer les classiques d’antan. De surcroît, elle revient sous forme d’échantillon sur la carrière de deux professionnels du cinéma, l’un français, l’autre américain, qui n’ont que rarement l’honneur d’illuminer les écrans des meilleures salles de répertoire. Vous aurez donc l’occasion, en trois films chacun, de vous replonger dans l’art dramatique tourmenté de au tout début des années 1980 et dans l’univers si singulier du réalisateur , l’un des espoirs jamais tout à fait réalisé du cinéma américain indépendant dix ans plus tard.

Un mauvais fils © 1980 Studiocanal / France 2 Cinéma / CN2 Productions
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Le cinéma français n’a heureusement connu que peu de destins aussi tragiques que celui de Patrick Dewaere (1947-1982). Un acteur d’exception, aussi à l’aise dans des comédies loufoques que dans des drames sombres, il était au sommet de son art lorsqu’il avait mis fin à ses jours dans son appartement dans le 14ème arrondissement de Paris en juillet 1982. Le distributeur Les Acacias rendra hommage au comédien à partir du 11 septembre en trois films, sortis à l’époque entre fin octobre 1980 et début décembre de l’année suivante. Tous présentés dans des versions restaurées inédites 4K, Un mauvais fils de Claude Sautet, Beau-père de Bertrand Blier et Hôtel des Amériques de André Téchiné permettront ainsi d’admirer le talent de l’acteur sur une partie restreinte de sa carrière. Et de faire ainsi suite à la redécouverte de La Meilleure façon de marcher de Claude Miller, ressorti en mars dernier et issu d’une partie moins crépusculaire de la filmographie de Dewaere au milieu des années 1970. Pour rappel, Patrick Dewaere a été nommé à six reprises aux César en seulement sept ans, dont pour deux des films restaurés Un mauvais fils et Beau-père, mais ne l’avait jamais gagné.

Simple Men © Les Films du Camélia Tous droits réservés

Deux semaines plus tard, à partir du 25 septembre, les Films du Camélia rendent hommage à l’un des jeunes espoirs majeurs du cinéma américain indépendant du début des années 1990. A cette époque-là, le réalisateur Hal Hartley (* 1959) était surveillé de près par la communauté cinéphile, tellement ses premiers films se distinguaient par leur univers singulier. Sous le titre « The Long Island Trilogy », ces trois petits chefs-d’œuvre que sont The Unbelievable Truth, Trust Me et Simple Men feront donc leur retour en salles. Hal Hartley en personne sera même présent au Festival de Deauville, où les versions restaurées des films seront présentées en avant-première dès le 10 et le 11 septembre. A la nostalgie se mêle par contre aussi une certaine amertume ou en tout cas une tristesse devant le constat que, depuis, le réalisateur n’a pas réellement su se réinventer. Car en dépit d’un prix du scénario au Festival de Cannes en 1998 pour Henry Fool, le reste de sa carrière n’était guère à la hauteur de l’espoir placé en lui grâce à ces trois films au ton joliment décalé et hanté d’acteurs aussi atypiques que Adrienne Shelley, Robert Burke et Martin Donovan.

© Films sans frontières Tous droits réservés

Afin de structurer tant soit peu le reste de la sélection des films qui feront leur retour triomphal en salles ce mois-ci, nous nous permettons d’avoir recours à un critère de distinction aussi arbitraire que le noir et blanc et la couleur. Quatre films en noir et blanc seront ainsi à l’affiche au fil des trois premiers mercredis de septembre. Dès demain, c’est une œuvre majeure du film noir qui ravira les fans de films de genre avec Detour de Edgar G. Ulmer, le type de conte nihiliste tourné avec un budget dérisoire qui exprimait en 1945 tout le désespoir de l’immédiat après-guerre. Une semaine plus tard, ce seront deux classiques intemporels qui tenteront de conquérir le cœur de nouveaux spectateurs : Laura de Otto Preminger ou l’enquête d’un meurtre à la fois la plus romantique et la plus morbide de l’Histoire du cinéma avec la sublime Gene Tierney et le moins flamboyant mais tout aussi poignant de Arthur Penn pour lequel Anne Bancroft et Patty Duke avaient gagné respectivement l’Oscar de la Meilleure actrice et de la Meilleure actrice dans un second rôle en 1963. Enfin, l’une des trouvailles les plus originales du mois est sans aucun doute le cubain de Armand Gatti, en compétition au Festival de Cannes la même année et de ressortie à partir du 18 septembre, avec un encore assez jeune Jean Bouise, qui allait devenir vers la fin de sa carrière un acteur habitué de l’univers de Luc Besson.

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Les films des années ’70 et ’80 sont majoritaires parmi les films en couleur, hors rétrospectives. Pour bien préparer la sortie de Rambo Last Blood de Adrian Grunberg à la fin du mois, c’est le premier et le meilleur film de la série qui fait son retour, quatre ans après sa dernière ressortie en juillet 2015. Dès le 18 septembre, ne boudons pourtant pas notre plaisir face à un très vigoureux Sylvester Stallone, plein de ressources dans Rambo de Ted Kotcheff, parti pour un nouveau tour du jeu du chat et de la souris dans les montagnes, sensiblement moins manichéen et tributaire de l’idéologie de la Guerre froide que ses suites. Le même jour, trois autres films à la thématique plus ou moins démoniaque ressortiront : le sulfureux de Alan Parker, avec un casting de choix comprenant Mickey Rourke, Charlotte Rampling et Robert De Niro, ainsi que l’esthétique inimitable des années ’80, l’adaptation plus jouissive de Stephen King de Brian De Palma avec les interprétations magistrales de Sissy Spacek et Piper Laurie et puis la référence du policier dans le cinéma scandinave des années ’70, de Bo Widerberg. Enfin, pour parfaire notre tour d’horizon, voici les deux sorties sous la bannière du distributeur Splendor Films aux deux extrémités du mois que sont, dès demain, de Kelly Reichardt, le premier film de cette réalisatrice américaine découverte en France à partir de Old Joy en 2007, et trois semaines plus tard le film d’animation français de Philippe Leclerc, sorti initialement en avril 2007.

Un flic sur le toit © Malavida Films Tous droits réservés

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles