News — 04 février 2020
De retour en salles au mois de février 2020
Nazarin © Splendor Films Tous droits réservés

Visiblement, le léger allongement du mois de février – année bissextile oblige – n’a guère donné envie à nos chers distributeurs de films de patrimoine de gâter les spectateurs à la fois cinéphiles et nostalgiques avec une offre mensuelle abondante. La qualité y est pourtant, amplement même, parmi la dizaine de films qui feront leur grand retour sur grand écran en ce début d’année 2020. Aucune rétrospective à proprement parler n’est certes au programme, mais vous auriez malgré tout l’occasion de revoir ou de découvrir des œuvres majeures de cinéastes qui ne le sont pas moins, tels que Jean Renoir, Ernst Lubitsch, Luis Buñuel, Bela Tarr, Yves Robert, Federico Fellini, Francis Ford Coppola et Luchino Visconti. Rien que ça !

© Carlotta Films Tous droits réservés

La pièce maîtresse de ce mois de reprises est certainement la sortie du chef-d’œuvre monumental Satantango de Bela Tarr, le 12 février grâce au travail toujours aussi exemplaire de Carlotta Films. Jamais officiellement sortie sur les écrans français, cette épopée contemplative hongroise dure près de sept heures et demie ! Pour lui donner quand même un minimum d’attrait commercial, elle sera projetée en trois parties de respectivement deux heures et quart, deux heures et près de trois heures. Cette stratégie de sortie nous paraît judicieuse, puisque au moment d’arriver au dernier chapitre, les spectateurs les plus téméraires seront d’ores et déjà conquis par le style épuré du maître hongrois. Ce dernier a hélas tendance à se faire rare dans les cinémas français, son dernier film remontant à Le Cheval de Turin, Grand prix au Festival de Berlin en 2011. Auparavant, au cours des années 2000, c’étaient Les Harmonies Werckmeister, Damnation et L’Homme de Londres qui avaient cimenté la réputation de Bela Tarr en tant que réalisateur d’exception.

© Carlotta Films Tous droits réservés

Federico Fellini aurait eu cent ans fin janvier, le 20 pour être exact. Même si l’on ne peut pas dire que les institutions du cinéma français se soient dépassées en termes d’hommages rendus au maestro italien, Tamasa Diffusion rectifie tant soit peu le tir en ressortant dès le 19 février deux films majeurs du réalisateur de La Dolce vita et de Huit et demi : Les Vitelloni et avec l’une des interprétations les plus magistrales de la part de l’épouse de Fellini, Giulietta Masina, prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 1957.

Un peu plus âgé, l’espagnol Luis Buñuel aurait, quant à lui, eu 120 ans le 22 février prochain. Splendor Films profite de l’occasion pour ressortir dix jours plus tôt le formidablement cru drame religieux Nazarin que Buñuel avait tourné pendant son exil mexicain à la fin des années 1950, trois ans avant La Mort en ce jardin qui était ressorti chez Théâtre du Temple en octobre dernier.

Enfin, pour parfaire notre tour d’horizon du cinéma latin au sens large qui aura le privilège d’une cure de jouvence sous forme de copies numériques restaurées ce mois-ci, signalons la ressortie le 26 février, toujours chez Carlotta, de Nuits blanches de Luchino Visconti, avec Maria Schell et Marcello Mastroianni en couple tristement tragique dans cette adaptation libre d’une nouvelle de Fedor Dostoïevski.

© Eugene LeDroff / Next Film Distribution
Tous droits réservés

La rubrique fourre-tout de notre chronique mensuelle se partage cette fois-ci entre des films français et américains. Les premiers sont au nombre de deux, avec notamment – un fait hélas plutôt rare – la ressortie d’un documentaire, en l’occurrence Plogoff Des pierres contre des fusils de Nicole Le Garrec sur la contestation locale contre l’installation d’une centrale nucléaire en Bretagne, le 12 février chez Next Film Distribution. La semaine suivante, Malavida Films poursuit son admirable mission de restauration et de vulgarisation des films pour enfants d’antan avec l’amusant Bébert et l’omnibus de Yves Robert, où l’on croise une distribution d’adultes assez hétéroclite, comprenant entre autres Pierre Mondy, Michel Serrault et Jacques Higelin.

Parmi deux films phares du Hollywood des années 1940, le de Francis Ford Coppola, que Park Circus ressort à la fin du mois dans toute la splendeur de la photographie de Michael Ballhaus, des costumes de Eiko Ishioka, etc., etc., risque de faire un peu tache. Les grandes lignes intemporelles du mythe du vampire par excellence et la mise en scène baroque de Coppola en font néanmoins toujours l’une des adaptations les plus réussies, près de trente ans après sa sortie. A l’exil de la dictature franquiste de Buñuel au Mexique répond en quelque sorte ce mois-ci celui des maîtres européens Jean Renoir et Ernst Lubitsch à Hollywood. Pour le premier, Français évidemment, le drame social L’Homme du sud, que Théâtre du Temple distribue dès demain, était l’un des rares succès, couronné de sa seule et unique nomination à l’Oscar du Meilleur réalisateur en 1946, suivie près de trente ans plus tard d’un Oscar honorifique. Et pour l’Allemand Lubitsch, , de retour à l’affiche dès le 12 février grâce à Ciné Sorbonne, allait être le dernier film dont il allait superviser du début jusqu’à la fin la célèbre touche Lubitsch, à cause de son décès prématuré d’une crise cardiaque à l’âge de 55 ans sur le tournage de La Dame au manteau d’hermine en novembre 1947.

L’Homme du sud © Théâtre du Temple Distribution Tous droits réservés

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles

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