News — 03 décembre 2019
De retour en salles au mois de décembre 2019
© Splendor Films Tous droits réservés

L’année 2019 des reprises en salle se termine sur un mois de décembre à l’offre aussi raisonnable en termes de quantité – quinze films, cela devrait vous laisser le temps de fêter Noël comme il se doit, après avoir affronté les probables aléas d’une grève nationale – que passionnante du point de vue de la qualité. Aucune rétrospective n’est certes au programme, mais nos vaillants distributeurs de films de patrimoine tenteront une fois de plus le grand écart dans le temps, entre le cinéma burlesque du génial Buster Keaton à l’époque du muet et le monde étrange des frères Quay à la fin du siècle dernier. Aux côtés des grands maîtres, comme Andrzej Wajda, Jonathan Demme, Dino Risi, Federico Fellini, Marcel Carné, Francis Ford Coppola, Terry Gilliam et Billy Wilder, dont certains films plus ou moins rares seront à revoir dans de splendides copies restaurées, le plus souvent en 4K, vous aurez droit à l’aventure de la découverte cinéphile à l’état pur, grâce à des films comme Le Diable en boîte de Richard Rush, de Luigi Cozzi et de Ronny Yu.

© Carlotta Films Tous droits réservés

Puisque l’essentiel de la sélection mensuelle est dû à deux distributeurs particulièrement prolifiques en cette fin d’année, il nous a paru logique de leur consacrer respectivement un paragraphe de notre chronique. Commençons par Carlotta Films, l’une des maisons d’édition de supports vidéo et de ressorties en salles les plus prestigieuses en France et cela depuis de nombreuses années ! En ce mois de décembre, Carlotta nous fait le cadeau de pas moins de quatre films, aux styles et aux périodes aussi variés que l’ensemble du catalogue du distributeur, qui avait annoncé lors du dernier Festival Lumière à Lyon au mois d’octobre le début d’une collaboration étroite avec le producteur MK2 Films. Celle-ci se conjuguera notamment en 2020 autour de ressorties événementielles des films de Abbas Kiarostami et Claude Chabrol. D’ici là, vous aurez le privilège de retrouver dès demain l’un des westerns emblématiques des années 1970 avec Richard Harris dans Un homme nommé cheval de Elliot Silverstein, ainsi qu’un documentaire musical culte du milieu des années ’80 : de Jonathan Demme sur le concert mythique des Talking Heads. Une semaine plus tard, c’est une œuvre sulfureuse de Federico Fellini qui fera son grand retour en salles à travers , le troisième film du maître italien à ressortir cette année-ci, après Répétition d’orchestre et Les Clowns au mois d’avril, en attendant les festivités à l’occasion de son centième anniversaire en 2020. Enfin, pour Noël, la contre-programmation est quasiment parfaite, grâce au loufoque conte fantastique de Terry Gilliam.

The Bride with White Hair © Splendor Films Tous droits réservés

Splendor Films a beau disposer de moyens plus modestes que Carlotta, le distributeur se surpasse en ce mois de décembre avec pas moins de cinq sorties ! Son programme chargé commence également demain avec le formidable Le Diable en boîte de Richard Rush. Ce film du début des années 1980 au parcours commercial quelque peu maudit, dans lequel Peter O’Toole excelle dans le rôle d’un réalisateur machiavélique, avait valu à l’acteur sa sixième nomination à l’Oscar, ainsi qu’une double nomination dans les catégories du Meilleur réalisateur et du Meilleur scénario adapté à Richard Rush. Le deuxième film du mois chez Splendor ne pourrait pas être plus différent, puisqu’il s’agit de la sortie de l’anime japonais de Sôji Yoshikawa de la fin des années ’70. Starcrash Le Choc des étoiles de Luigi Cozzi, à l’affiche à partir du 18 décembre, est issu de la même époque, bien qu’il appartienne à un genre assez différent, l’épopée de science-fiction assurément kitsch, ne serait-ce qu’à cause de sa distribution au sein de laquelle figure un certain David Hasselhoff. Enfin, le distributeur nous fait carrément un double cadeau pour le 25 décembre, en poursuivant son dépoussiérage de l’immense talent burlesque de Buster Keaton avec Sherlock Junior, après les ressorties de La Croisière de Navigator et Le Dernier round respectivement en août et en octobre, ainsi qu’avec le petit chef-d’œuvre du wu xia pian fantastique The Bride with White Hair de Ronny Yu avec le toujours aussi regretté Leslie Cheung.

© Malavida Films Tous droits réservés

Six films se retrouvent ce mois-ci dans la rubrique fourre-tout. Comme d’habitude, il nous est difficile d’y mettre de l’ordre de façon à peu près cohérente. En guise de regroupement forcé donc : dès demain, deux films en noir et blanc feront leur retour en salles qui se montrent plutôt représentatifs du style et des préoccupations de leurs réalisateurs respectifs. Pendant que Kanal, Prix spécial du jury au Festival de Cannes en 1957, montre le goût de Andrzej Wajda pour le drame historique dur et sans concessions dès son deuxième long-métrage, des frères Quay reste plus de vingt ans après sa sortie une œuvre inclassable. Même si son acteur principal, Mark Rylance, a depuis tant soit peu fait carrière à Hollywood par le biais de ses collaborations avec Steven Spielberg. Si vous vous demandez où sont passées les comédies au cours de ce mois aux jours qui se raccourcissent inextricablement, les cinémas italien et français volent à votre secours. D’abord le 11 décembre avec La Carrière d’une femme de chambre de Dino Risi sur une jeune femme ambitieuse qui fait carrière grâce à ses liens frivoles avec Mussolini, puis la semaine suivante à travers un chef-d’œuvre des années ’30, de Marcel Carné et son scénario signé Jacques Prévert, interprété par une distribution de rêve formée entre autres par Michel Simon, Louis Jouvet et Jean-Louis Barrault. Pour bien finir l’année, le cinéma hollywoodien est de même adéquatement représenté, à travers le 18 décembre, le film que Francis Ford Coppola avait tourné avant d’accéder au panthéon du cinéma avec Le Parrain, Conversation sécrète, Le Parrain 2ème partie et Apocalypse Now, ainsi qu’une énième ressortie de la comédie romantique de Billy Wilder avec Audrey Hepburn pour le 25 décembre.

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles