Dans la tourmente

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Dans la tourmente film

L'affiche du film Dans la tourmente avec Clovis Cornillac, Mathilde Seigner, Yvan Attal

France : 2011
Titre original : Dans la tourmente
Réalisateur :
Scénario : Christophe Ruggia
Acteurs : , , Yvan Attal
Distribution : Wild Bunch Distribution
Durée : 1h47
Genre : Policier, Thriller, Drame
Date de sortie : 11 janvier 2012

Globale : [rating:1.5][five-star-rating]

Il n’est jamais agréable de sentir le devoir d’écrire des choses désagréables sur un film dont on est persuadé par ailleurs qu’il a été muri et réalisé avec sincérité et honnêteté. C’est pourtant ce qui va arriver ! Le film qui agrège une réflexion politique sur une trame de film policier est un genre en soi : on le retrouve souvent dans le cinéma américain, mais aussi dans le cinéma français. Après et Les diables, 2 films qui ont connu un certain succès, Christophe Ruggia s’attaque à ce genre : malheureusement, il rate la marche !

Synopsis : Tout à fait par hasard, Franck, salarié d’une entreprise de la région de Marseille, apprend que son patron est en train de préparer, dans le plus grand secret, la délocalisation de son usine ainsi qu’un détournement de 2 millions d’euros. Sans en parler à sa femme Hélène, Franck décide de passer à l’action avec son meilleur ami, Max.

Photo de Dans la tourmente avec Clovis Cornillac, Mathilde Seigner, Yvan Attal

Pourquoi verser dans la caricature ?

Un film qui s’attaque au comportement odieux d’un patron-voyou, difficile de ne pas avoir un a priori favorable. Aussi, lorsque Franck, qui travaille dans une usine de fabrication d’hélicoptères du pourtour de l’Etang de Berre, entend par hasard une conversation qu’il n’aurait jamais dû entendre et qu’il vient la rapporter à ses collègues de travail, on fonctionne en empathie avec lui : il est question d’une délocalisation sauvage et d’un détournement de fonds de grande ampleur et on attend de savoir quel type d’action les employés de l’usine vont engager pour se défendre. Patatras : le film bifurque très vite vers une action type pieds nickelés, Franck et Max se détachant de l’action collective pour fomenter un braquage, et là, malheureusement, on tombe à pieds joints dans la caricature.

C’est triste à dire, mais, à partir de là, plus rien n’est crédible une seconde. Certes, le réalisateur et ses comédiens ont des excuses : aucune usine n’a souhaité accepter le tournage d’un film sur la base d’un tel scénario. Il a donc fallu faire avec les moyens du bord : mais de là à trouver des colonnes à distiller dans une usine qui fabrique des hélicoptères, il y a un pas à ne pas franchir. Cela est anecdotique ? Oui, mais ce qui se passe dans le film est à l’avenant ! Rappelons-nous : il y a quelques semaines, quelques critiques avaient trouvé que La source des femmes nuisait à la cause des femmes en étant trop caricatural. Que dire de Dans la tourmente, sinon qu’il nuit à la cause des travailleurs en étant TRES caricatural ?

Image du film Dans la tourmente avec Clovis Cornillac, Mathilde Seigner, Yvan Attal

Une photographie très réussie, une distribution à la peine

Commencé dans la région de Martigues, où l’on retrouve, au centimètre près, des endroits où ont été tournés le Toni de Jean Renoir et, plus récemment, La Brindille d’Emmanuelle Millet, le film part ensuite dans les Calanques, entre Marseille et Cassis, un lieu magnifique dont Christophe Ruggia et Eric Guichard, son Directeur de la photo, captent très bien la beauté des formes et des couleurs. A déguster, d’autant plus que « la promotion » de ces lieux en Parc National risque de rendre difficiles de futurs tournages. La région de Marseille, des problèmes rencontrés par des ouvriers quant à la pérennité de leur travail : on ne peut s’empêcher de penser aux Neiges du Kilimandjaro, le récent chef d’œuvre de Robert Guediguian.

Comme quoi, à partir d’un même point de départ on peut arriver à des œuvres qui se situent aux antipodes l’une de l’autre. Quant à la distribution, elle est a priori alléchante : Clovis Cornillac, Yvan Attal, Mathilde Seigner, un trio qui devrait attirer beaucoup de spectateurs vers ce film. Malheureusement, la tournure que prend le scénario ne leur permet pas de donner la pleine mesure de leur talent et on les sent parfois presque gênés des personnages caricaturaux qu’ils doivent interpréter.

Un petit mot sur un court moment du film : celui où on entend la très bonne version de Rachid Taha de Ya Rayah, le grand succès de Dahmane El-Harrachi, un régal pour tous les amateurs de chaabi !

Résumé

Avec une belle distribution, de beaux lieux de tournage, une histoire qui part du bon pied et un réalisateur déjà confirmé aux manettes, on était en droit de s’attendre à un bon polar social. Malheureusement, très vite, le film déraille et verse souvent dans la caricature. Restent de beaux paysages qui permettent, un peu, de supporter nos regrets.

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