Critique : Une famille

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Une famille

France, 2024
Réalisatrice: Christine Angot
Distributeur FR : Nour Films
Genre : Documentaire
Durée : 1h22
Date de sortie (FR): 28 février 2024

4/5

C’est avec beaucoup de craintes que je me suis assis devant le 1er long métrage de Christine Angot. Je n’ai fait qu’effleurer un de ses livres et je me sentais un peu dans l’incompréhension face au personnage médiatique.

Après visionnage, je crois avoir enfin compris (ou approché en tout cas) son projet artistique. Il s’agit d’aller au bout d’une souffrance, de sa révélation à sa mise à nu. En forçant ainsi la porte du secret, elle réussit assez incroyablement à mettre à jour les mécanismes de défense de celles et ceux qui préféreraient qu’on parle d’autre chose.

Synopsis : L’écrivaine Christine Angot est invitée pour des raisons professionnelles à Strasbourg, où son père a vécu jusqu’à sa mort en 1999. C’est la ville où elle l’a rencontré pour la première fois à treize ans, et où il a commencé à la violer. Sa femme et ses enfants y vivent toujours. Angot prend une caméra, et frappe aux portes de la famille…

Ce qui fût pour moi la première surprise, c’est la sincérité de la démarche. Là où je craignais profondément qu’à travers une autofiction, Angot vienne se complaire dans son vécu en nous prenant un peu en otage ; c’est tout l’inverse qui se produit. Je ne sais pas le dire mieux : je crois profondément à sa souffrance et, paradoxalement, à la générosité derrière cette offrande au public.

Dans le film, on la voit aller littéralement “percuter” les non-dits familiaux ; en forçant la porte, en forçant la parole. Ça semble d’un masochisme incroyable mais il nous est paradoxalement libérateur. C’est tout le projet, effrayant sur le papier, de ce grand déballage qui réussit à nous libérer dans un deuxième temps ; quand on se rend compte que la vérité ne nous a pas tué.

Il est presque rassurant de constater à quel point un sujet aussi anxiogène permet un film puissant sur l’inspiration et l’envie de vivre. C’est aussi parce que je suis resté très surpris de voir à quel point le film n’en fait pas trop dans sa forme. C’est ce qui fait vraiment sa force : la violence du sujet ne se retrouve pas dans la forme du film, qui ne malmène pas son spectateur et m’a bouleversé.

Conclusion

Que vous aimiez Angot ou non, voici un film qui traite vraiment frontalement le secret et la lutte pour la vérité. Si le mot courage est peut-être un peu galvaudé ; disons que la démarche jusqu’au boutiste d’Angot force le respect. Je vous le recommande !

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