Critique : La Peau de Bax

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La Peau de Bax

la peau de bax affichePays-Bas : 2015
Titre original : Schneider vs. Bax
Réalisateur : Alex Van Warmerdam
Scénario : Alex Van Warmerdam
Acteurs : Tom Dewispelaere, Alex Van Warmerdam, Maria Kraakman
Distribution : Potemkine Films
Durée : 1h36
Genre : Comédie, Thriller
Date de sortie : 18 novembre 2015


Note : 3.5/5

C’est en 1986 qu’est sorti Abel, le premier long métrage du néerlandais Alex Van Warmerdam, mais c’est seulement en 1992 que son deuxième long métrage, Les Habitants, lui a apporté son premier succès international. Un succès qui, depuis, ne s’est jamais démenti. La Peau de Bax est son 9ème long métrage et, après Borgman qui se prenait un peu trop au sérieux, il marque le retour dans ce que ce réalisateur maîtrise le mieux : la comédie décalée.

 

Synopsis : Le matin de son anniversaire, Schneider, tueur à gages et père de famille dévoué, est missionné pour abattre Ramon Bax. Écrivain solitaire vivant au milieu des marécages, c’est une cible facile. Schneider accepte, il sera rentré pour dîner. Mais la tâche se révèle plus compliquée que prévue. 


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C’est son anniversaire, mais ce n’est pas son jour !

Aujourd’hui, c’est votre anniversaire. Votre charmante épouse et vos délicieuses petites filles vont être aux petits soins pour vous et vous allez passer, en famille, c’est certain, une excellente journée. Sauf que votre métier, c’est tueur à gage, et Mertens, votre employeur, tient absolument à ce que vous liquidiez un dénommé Bax, écrivain de son état et, par ailleurs, tueur d’enfants. Et pas demain, ce serait trop tard, non, aujourd’hui même ! Bon, après avoir renâclé, on finit par obéir, l’affaire semble facile et vous, Schneider, pourrez sans problème rentrer à temps pour la fête qui se prépare en votre honneur. C’est parti, préparation routinière, très professionnelle, sauf que … rien ne se passe comme prévu. Le dénommé Bax vit dans une maison en plein milieu des marécages et, en principe, il y vit seul.  Sauf que, dans cette journée où Schneider doit lui faire la peau, tranquillement, sans témoin, trois personnages vont se succéder auprès de lui : sa petite amie, sa fille et son père. Petite amie ? Fofolle ! Fille ? Dépressive ! Père ? Porté sur la bagatelle. Et Bax ? Alcoolique, drogué et fier de son état. Quand on aura dit que Schneider, s’approchant de la maison de Bax, tombe en plus sur un garde qui lui demande de rebrousser chemin car la zone dans laquelle ils se trouvent est protégée, et qu’il en arrive à se faire aider par une prostituée qui cherche à fuir son maquereau, on fermera le robinet à informations afin de laisser aux spectateurs le plaisir de découvrir les nombreux rebondissements que ne cesse de nous offrir le réalisateur.

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Un bon dosage

Des thrillers bien noirs qui flirtent avec la comédie quelque peu déjantée, le genre est loin d’être nouveau. La qualité des films qui s’aventurent dans ce genre dépend beaucoup du dosage concernant la partie déjantée et il arrive que même les plus grands arrivent à se prendre les pieds dans le tapis. Par exemple, les frères Coen dans No Country for Old Men et, surtout, Quentin Tarentino dans Boulevard de la mort. Et alors, ce fameux dosage, qu’en est-il dans La Peau de Bax ? Eh bien, il s’avère plutôt réussi, même si on peut penser que Alex van Warmerdam aurait pu pousser un peu plus loin les ressorts comiques de son film et, surtout, en accélérer le rythme à plusieurs moments. A propos de La Peau de Bax, on remarquera que ce film néerlandais se déroule, comme le récent thriller espagnol La Isla Minima, dans un environnement de marécages qui n’est pas sans rappeler l’atmosphère poisseuse des bayous de Louisiane. Une tendance qui se dessine ? En tout cas, ce type de paysage permet au réalisateur, bien aidé par son fidèle Directeur de la Photographie Tom Erisman, de rappeler qu’il a été peintre avant d’être cinéaste.

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Un travail en équipe

Alex Van Warmerdam aime manifestement travailler en équipe et on retrouve donc de nombreux comédiens ayant déjà travaillé avec lui parmi les interprètes de La Peau de Bax. En premier lieu, lui-même, qui interprète le rôle de Bax. Schneider est (bien) joué par le comédien belge Tom Dewispelaere, déjà présent dans Borgman. Autre belge, autre habitué des films d’Alex Van Warmerdam : Gene Bervoets dans le rôle de Mertens. Et puis, comme dans la plupart des films de Van Warmerdam, on retrouve la présence d’Annet Malherbe au générique, dans le rôle de la prostituée. Pas franchement étonnant : c’est l’épouse du réalisateur et sa directrice de casting. Une présence fréquente également, celle d’Henri Garcin, ici dans le rôle du père de Bax.


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Conclusion

On ne peut pas dire que nos écrans soient encombrés par des films en provenance des Pays-Bas. De temps en temps, pourtant, arrive de ce pays une bonne surprise et il faut avouer que, très souvent, il s’agit d’un film réalisé par Alex Van Warmerdam. A la fois film de genre et film d’auteur, La Peau de Bax vient enrichir très agréablement une filmographie déjà fort respectable.

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