Critique : La La Land

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Etats-Unis, 2016
Titre original : –
Réalisateur : Damien Chazelle
Scénario : Damien Chazelle
Acteurs : , , John Legend
Distribution : SND
Durée : 2h08
Genre : Comédie dramatique musicale
Date de sortie : 25 janvier 2017

3/5

Damien Chazelle, le génial réalisateur de revient en ce début d’année avec une comédie musicale qui a beaucoup fait parler, recevant sept Golden Globes et quatorze citations aux Oscars. Annoncé comme le film de l’année qu’en est-il vraiment de ce La La Land porté par les performances de Emma Stone et Ryan Gosling ?

Synopsis officiel : Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

Hommage et décalage

La La Land est l’antithèse de Whiplash. Plutôt que de présenter la musique sous son côté brutal comme dans le film qui le révéla, signe un hommage aux comédies musicales à succès des années 1950-1960, véritable âge d’or du genre à Hollywood. Il en reprend certains clichés pour rendre un véritable hommage à ce genre souvent joyeux. Les couleurs, les décors, certaines situations, et même son générique d’ouverture et de fin, suggèrent un retour vers cette ère lointaine. Même les œuvres dont parlent les protagonistes comme ou les artistes tels que le jazzman , permettent ce retour dans un passé lointain. Damien Chazelle pose son décor avec soin et permet au spectateur de revivre un temps presque oublié d’Hollywood, un temps où les scénaristes et les cinéastes produisaient du rêve, un La La Land pur et inspiré, un peu, parfois, à la manière de Ave, César ! le dernier film des frères Coen. Damien Chazelle appuie ce choix par un montage un peu vieillot assumé.

Pour autant le réalisateur ne s’enferme pas dans l’hommage simple et applique sa propre identité à son long métrage. Filmé avec beaucoup de talent, La La Land parvient à mélanger deux époques en un seul film. Damien Chazelle crée un décalage entre les années 50-60 et aujourd’hui, mélangeant les styles de deux périodes distantes. Cela crée ainsi un décalage drôle et agréable au sein du film. Exemple flagrant : Emma Stone et Ryan Gosling exécutent une séquence de danse et de claquettes qui se conclue sur la sonnerie d’un téléphone, décalage important entre une séquence sortie d’un hier lointain et une simple sonnerie de téléphone qui nous ramène directement à l’ère contemporaine. Damien Chazelle utilise ce procédé de nombreuses manières et à de nombreuses reprises pour créer ce décalage temporel qui apparaît également dans l’une des thématiques du film : la disparition lente du jazz, style musical parfois considéré obsolète au sein du paysage musical actuel.

 

Le pays du jazz

A la manière de Whiplash, Damien Chazelle met de nouveau en scènes des passionnés, des individus qui vivent pour la danse, le chant, le cinéma, et surtout pour le jazz. À travers le prisme du rêve et des couleurs bigarrées, le cinéaste exprime son amour pour ce genre musical. Ryan Gosling interprète un musicien qui tente de percer mais doit affronter les changements sociétaux qui relèguent le jazz aux oubliettes. Ce style est malmené par les remix qui nous ramènent de nouveau en 2017, expression d’une évolution négative vers une version plus commerciale. La La Land confronte les rêves à la réalité, en résulte une défaite dans la victoire, à l’image du final touchant, triste, et pourtant positif pour ce couple. L’alchimie des deux têtes d’affiche, déjà partenaires dans Crazy, Stupid, Love et Gangster Squad, n’est plus à prouver et leurs émotions transcendent l’écran. La bande originale est mémorable, le thème principal de Justin Hurwitz embellissant ce long-métrage dont les cadrages et mouvements de caméra subliment les pas de danse (hélas trop rares) des deux stars.

Conclusion

La La Land est dans l’ensemble une réussite, et raflera sans doute une belle moisson d’oscars techniques (costumes, décors, BO, chanson) et même d’autres catégories plus prestigieuses (film, réalisateur, actrice) mais il est tout de même exagéré de lire et entendre que La La Land est déjà le meilleur film de 2017. Espérons quand même que l’année nous réservera encore de plus belles surprises.

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