Critique express : Une jeune fille qui va bien

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Une jeune fille qui va bien

France : 2021
Titre original : –
Réalisation : Sandrine Kiberlain
Scénario : Sandrine Kiberlain
Interprètes : Rebecca Marder, André Marcon, Anthony Bajon, Françoise Widhoff
Distribution : Ad Vitam
Durée : 1h38
Genre : Drame
Date de sortie : 26 janvier 2022

2.5/5

Synopsis : Irène, jeune fille juive, vit l’élan de ses 19 ans à Paris, l’été 1942. Sa famille la regarde découvrir le monde, ses amitiés, son nouvel amour, sa passion du théâtre… Irène veut devenir actrice et ses journées s’enchaînent dans l’insouciance de sa jeunesse.

On l’aime bien, mais …

On l’aime bien Sandrine Kiberlain, cette comédienne au jeu toujours juste, mais pas au point d’hésiter à affirmer que son premier long métrage en tant que réalisatrice, quand bien même il a été présenté à Cannes 2021 dans le cadre de la Semaine de la Critique, n’est pas à la hauteur des espérances qu’a priori, on pouvait avoir. Non que le film soit mauvais, ni même médiocre, on peut même dire qu’il se voit avec un certain plaisir, MAIS … il est simplement à côté de la plaque ! Pensez donc, l’action se déroule à Paris, durant l’été 1942, en pleine montée de la répression anti-juive en France et particulièrement dans la capitale et, à part de vagues clins d’œil à la situation vécue par la population aux origines juive, un peu dans les dialogues, un peu à propos de ce qui est ajouté sur leurs cartes d’identité, un peu lors de l’obligation qui leur est faite de porter une étoile jaune sur leurs vêtements, aucune menace précise à l’horizon, rien qui permette de comprendre que la France est un pays occupé. D’ailleurs, le personnage principal du film, Irène, une jeune fille juive, ignore manifestement ce fait ou, en tout cas, se comporte comme si elle l’ignorait. Totalement insouciante, perpétuellement enjouée, totalement déconnectée de la dure réalité du moment, elle ne pense qu’à la pièce de Marivaux qu’elle répète, au concours d’admission au conservatoire qui se rapproche et à sa vie sentimentale. Finalement, à côté de ces choix très personnels de la réalisatrice, ceux consistant à ce que les robes et les coiffures ne correspondent pas du tout à celles de l’époque de l’action et le choix de musiques d’accompagnement venant du répertoire de Tom Waits ou de Philip Glass apparaissent comme totalement anecdotique !

Dans ces conditions, difficile de comprendre ce que Sandrine Kiberlain a voulu montrer. Que la jeunesse aime tellement la vie qu’elle rechigne à se résigner, à courber la tête, à oublier ses passions, tant artistiques que sentimentales ? Beau programme, mais alors, la réalisatrice a mis le curseur beaucoup trop loin. Au point qu’on n’arrive même pas à porter un jugement serein sur la prestation de Rebecca Marder, la comédienne estampillée Comédie Française qui interprète le rôle d’Irène. Oui, elle en fait beaucoup dans l’insouciance et l’enjouement, elle en fait même trop, mais ce jeu forcé ne découle-t-il pas des directives venant de la réalisatrice ? En tout cas, cela nuit beaucoup à la crédibilité de ce que l’on voit. Le reste de la distribution a un jeu beaucoup plus sobre, avec André Marcon, très solide dans le rôle du père d’Irène, Anthony Bajon dans le rôle d’Igor, son frère, et Françoise Widhoff qui joue Marceline, sa grand-mère, avec qui Irène a une relation affective très forte.

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